Urbanisme. Toulouse, future ville verticale ?

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Crédit photo : Wikipedia
Lors de la dernière campagne municipale, Jean-Luc Moudenc avait promis de modérer la densification urbaine tout en prenant en compte le caractère propre de la ville. Pourtant, cette volonté semble s’être effritée au fil des années. De nouveaux projets de construction viennent contredire cet idéal pour parer à l’insuffisance de logements et prévenir l’étalement urbain.

Toulouse est une ville de plus en plus peuplée. En raison de la forte croissance démographique et de l’attractivité de la métropole, 12 à 15 000 personnes supplémentaires s’installent à Toulouse chaque année. Toulouse est connue pour être une ville à basse densité résidentielle avec une majorité de bâtiments en R+3 (rez-de-chaussée accompagné de trois étages). Une ville basse donc mais les constructions s’élèvent progressivement au fil des années. Cette mutation s’opère pour contrebalancer l’étalement urbain et ainsi limiter l’effet « ville dortoir ». Des enjeux environnementaux importants en résultent avec les nombreux déplacements quotidiens des travailleurs entre leur domicile et leur lieu de travail.

Une multiplication des projets de buildings

La limitation de l’étalement urbain entraîne nécessairement une densification urbaine et l’exploitation de tout le potentiel foncier de la ville avec des immeubles toujours plus hauts. La mairie a décidé de maintenir ce cap et prévoit la démolition de 3 000 logements d’ici 2025 pour permettre leur reconstruction à l’échelle de la ville.

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Parmi les projets les plus connus et contestés, l’Occitanie Tower. Cette tour de 150 mètres de haut dans le quartier Matabiau avec 40 étages de bureaux, logements et commerces devrait voir le jour en 2021. Quartier de la Cartoucherie, c’est un édifice de neuf étages qui devrait longer l’avenue de Grande-Bretagne. Prochainement desservi par une troisième ligne de métro, le quartier Montaudran est également en plein renouveau urbain avec la construction prochaine d’une tour de dix-sept étages et d’un immeuble à titre résidentiel de 100 mètres de haut. Enfin, un futur bâtiment de quatre blocs en R+6 fait l’objet de fortes contestations quartier Saouzelong. Ce type de projets se multiplie à Toulouse et les tours poussent un peu partout les unes après les autres.

Une politique objet de vives contestations locales

Ces projets immobiliers s’accompagnent de nombreuses protestations de la part des toulousains qui ne souhaitent pas voir le cadre de vie de leur ville modifiée. De multiples associations sont constituées pour tenter de freiner cette densification et préserver ce modèle de ville atypique. 50% des permis de construire sont ainsi contestés devant le tribunal administratif.

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Les parents d’élèves du groupe scolaire de Saouzelong ont lancé une pétition contre les constructions prochaines dans leur quartier. Ils dépeignent la situation déjà précaire du quartier avec une délinquance en perpétuelle augmentation. La taille des bâtiments est également problématique, fermant la vue sur les espaces naturels tels que le Canal du midi. Une autre association, « Les Petites Toulousaines » se mobilise face à la disparition des toulousaines, ces petites maisons traditionnelles, proies des promoteurs immobiliers. Aisément concédés par la mairie, les permis de construire encouragent les promoteurs à offrir de jolies sommes pour inciter les propriétaires à vendre et remplacer aussitôt les maisons traditionnelles par des tours.

Avec une moyenne de 0,8 places de parking par appartement et avec la surfréquentation des transports en commun, la ville apparaît déjà saturée. La densification mal maîtrisée de Toulouse inquiète de plus en plus les riverains. Ainsi, de futurs enjeux se dégagent déjà en amont des élections municipales de 2020 ; entre nécessité de sauvegarde du patrimoine et de l’identité de la ville et mesures concrètes face à l’attractivité grandissante de la métropole.

Adeline Humbert.

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