Pierre de Castelnau, le martyre qui entraîna la croisade contre les Albigeois

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Pierre de Castelnau
Pierre de Castelnau
Le 15 janvier 1208, Pierre de Castelnau, est assassiné sur une route du Languedoc. C’est l’événement qui va mette le feu aux poudres dans la région. 

Originaire de la région de Montpellier, Pierre de Castelnau fut archidiacre de Maguelonne (Hérault), et lutta contre l’hérésie naissante des Albigeois. Légat du Pape, il parcourt la province de Toulouse. Il connaît des relations tumultueuses avec le comte Raymond VI et n’obtient les résultats espérés. Le 15 janvier 1208, il est assassiné d’un coup de lance près de Saint-Gilles du Gard. Son meurtre est attribué à un écuyer du comte de Toulouse. Les conséquences seront terribles, la croisade contre les Albigeois débute.

Une hérésie enracinée dans le Midi

Les Albigeois ou cathares sont les disciples d’une doctrine hérétique, originaire de l’Italie du nord. À partir du milieu du XIIe siècle, elle obtient un succès croissant dans le Midi toulousain.

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Saint Bernard de Clairvaux, conseiller des rois et prédicateur de la deuxième croisade en Terre sainte, tente sans succès de réveiller les consciences catholiques dans la région. Lui-même se plaint de trouver des églises désertées par les fidèles. Le futur saint Dominique n’a pas plus de succès face aux progrès de l’hérésie.

Le pape Innocent III décide en désespoir de cause de recourir à la force. Il envoie son légat Pierre de Castelnau auprès du comte de Toulouse Raymond VI en vue de le convaincre de prendre la tête d’une croisade contre les hérétiques. Le tout-puissant représentant du pape rencontre le comte dans sa résidence de Saint-Gilles, en Provence.

Une dispute avant le martyre

Il lui reproche son excessive sollicitude pour les hérétiques cathares. Mais le comte de Toulouse refuse net de combattre ses propres sujets. Les deux hommes en viennent à violemment se disputer.

Raymond VI descend du fameux Raimon IV de Saint-Gilles, chef de la première croisade en Terre sainte. C’est un homme de 51 ans pieux et lettré mais aussi très libre à l’égard de l’Église officielle dont il méprise le luxe ostentatoire. Il s’est marié cinq fois, a enterré sa première épouse et a répudié les trois suivantes avant d’épouser enfin une fille d’Aliénor d’Aquitaine dont il a eu un fils unique.

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Pierre de Castelnau, en désespoir de cause, excommunie le comte, autrement dit l’exclut des sacrements de l’Église. Puis il se retire avec toute son escorte. C’est sur le chemin du retour qu’il est assassiné.

Ce drame de trop entraîne le Pape à lancer l’appel à la croisade sans oublier de canoniser son légat. Dès le mois de mars, Innocent III adresse une encyclique aux comtes, barons et simples fidèles du royaume de France : « En avant, donc, chevaliers du Christ ! En avant, vaillantes recrues de l’armée chrétienne ! (…) Appliquez-vous à détruire l’hérésie par tous les moyens que Dieu vous inspirera (…) Quant au comte de Toulouse (…), chassez-le, lui et ses complices, des tentes du Seigneur. Dépouillez-les de leurs terres, afin que des habitants catholiques y soient substitués aux hérétiques éliminés… ».

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