« Au nom de quoi nous ne pourrions pas réorienter l’Union européenne ? »

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Européennes
Debout la France a rassemblés les cadres de Midi-Pyrénées, samedi 19 janvier 2019, à Toulouse.
C’est à l’écart des manifestations du centre-ville que les cadres de Debout La France (DLF) se sont réunis, samedi 19 janvier 2019 à Saint-Martin du Touch pour préparer la campagne des élections européennes qui se dérouleront le 26 mai prochain.

La campagne est lancée depuis le 23 septembre 2018 et la déclaration de candidature de Nicolas Dupont-Aignan lors du congrès du Cirque d’hiver, à Paris. L’objectif ? Faire une liste d’union. « Ce qu’on est en train de faire, les sondages le démontrent. Nous faisons l’union par la base à défaut de la faire à travers les personnalités ». Et pour preuve, un sondage Odoxa place Nicolas Dupont-Aignant à 7%, talonnant la liste Les Républicains (8%). Autre nouveauté, quelques prises de guerre, dont les alliés historiques de Les Républicains : le Parti démocrate chrétien et le Centre national des indépendants et paysans.

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Une dynamique qui semble déstabiliser Laurent Wauquiez qui s’est permis quelques attaques contre DLF, accusant Nicolas Dupont-Aignan de vouloir « l’abandon de l’euro avec à l’arrivée la faillite pour les comptes en banque, les salaires et les retraites »Le secrétaire départemental de Debout la France 31, Damien Jeanne, confie avoir eu « beaucoup d’appel d’adhérents Les Républicains. Il a fait une fake news, et ses partisans ont peur d’un rapprochement avec Emmanuel Macron. Ils se tournent vers nous ».

Une volonté de « réformer, épurer les institutions européennes »

Pouvoir d’achat, retour aux frontières, et retour à la démocratie seront les principaux axes de campagne adoptés par Nicolas Dupont-Aignan. « Ce sont les thématiques les plus souhaitées par les français, en témoigne les Gilets jaunes aujourd’hui », avance Alexandre Loubet, le directeur de la communication du parti, en visite ce samedi dans la fédération.

Le Frexit n’est pas envisagé dans les rangs. « La France est l’un des premiers contributeurs net à l’Union européenne. Nous la finançons. Démographiquement, on sera bientôt le premier pays parmi les États membres. Et en terme de puissance mondiale nous sommes parmi les plus importants pays de l’Union européenne. Au nom de quoi nous ne pourrions pas réorienter la politique européenne ? ». La cible principale : la commission européenne. « Si on veut enfin pouvoir collaborer entre les pays, le meilleur moyen est de supprimer la commission européenne et de soumettre des projets. On manque juste de volontarisme politique », poursuit Alexandre Loubet.

La liste sera dévoilée au mois de mars. « Elle sera décoiffante avec des personnalités de la société civile, des ralliements qui surprendront ». Benjamin Cauchy ? « L’avenir nous le dira », répond avec le sourire le directeur de communication. Il est vrai que des rumeurs émergent depuis plusieurs semaines sur un éventuel ralliement du porte-parole des Gilets jaunes libres. Chez Debout la France on se plaît à se démarquer de ses adversaires. « Certains voient dans le parlement européens un cimetière des éléphants. Ce n’est pas notre cas, nous voulons faire élire des français qui par leur parcours ont une légitimité à contester, reconstruire et réorienter cette Europe. »

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Au sein du Parlement, Nicolas Dupont-Aignan ne siégera pas seul. S’il obtient 7% des suffrages, comme l’indique le dernier sondage Odoxa, il compterai jusqu’à 6 ou 7 sièges dans l’assemblée. Un nombre qui pourrait intéressé des alliés afin de constituer un groupe. Alexandre Loubet annonce que Nicolas Dupont-Aignan a été approché par le groupe Conservateur et réformistes européens. Un groupe comportant les six élus polonais du PiS (Droit et justice), 26 élus conservateurs britanniques, neuf élus tchèques de l’ODS… « La composition du groupe dépendra des élections. Le but est de mettre en commun ce qui nous rassemble et mettre de côté nos différences. La volonté de réformer, d’épurer les institutions européennes, de renouer avec la démocratie directe en Europe, supprimer la commission européennes pour s’allier autour de projets concrets : la lutte contre le cancer, l’Espace, la transition écologique. C’est par le partenariat des états membres et non la soumission à la commission européennes qu’on réussira à surmonter ces défis-là. »

 

Gilets jaunes. « Les faits nous donnent raison »

Et si le mouvement des Gilets jaunes était une bénédiction pour Debout la France ? « Il y a un transfert des électeurs LR chez nous, mais aussi des gens qui n’ont jamais été impliqués politiquement. On ne s’y attendait pas. C’est parce qu’on ne peut pas accuser NDA de récupération, parce qu’il portait le Gilet jaune dès 2005 sur les autoroutes. On se moquait de lui mais il disait vrai ».

Et pas question d’accuser les Gilets jaunes de bloquer le pays. « Ils ne sont qu’un symptôme, le vrai problème c’est EM qui bloque par sa politique », accuse le cadre national de DLF. « Les commerçant doivent savoir que le vrai problème ne sont pas les Gilets Jaunes mais Emmanuel Macron. C’est malheureux que ce soit aux autorités locales de venir au secours des commerçants alors que c’est le rôle de l’État. Il est coupable de laisser le pays paralysé. »

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Le grand débat n’y changera rien. « C’est malheureux qu’après deux mois de blocage Emmanuel Macron ne change pas de politique parce qu’il va continuer de bloquer le pays pendant deux mois avec son grand débat qui n’aboutira certainement à rien. Il est en train de financer avec l’argent des contribuables sa pré-campagne européenne, puisqu’il va faire une douzaine de meetings en France et envoyer une lettre de propagande à tous les Français, pour le coût de plus de 10 Millions d’euros. »

Pour Damien Jeanne, conseiller municipal de Noé, « Macron monopolise la parole, pendant ce temps on ne parle pas des élections européennes, parce qu’il n’a pas de réponses pour les problèmes des Français et des Européens ».

 

Propos recueillis par Étienne Lafage. 

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