[Entretien] In Memoriam : Le retour d’une légende !

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In Memoriam
Il était le groupe pionnier du Rock identitaire Français. 20 ans après, In Memoriam lance un nouveau brûlot musical contre le monde moderne.

Infos-Toulouse : Cet album était très attendu par votre public. Comment l’avez-vous préparé ? Aviez-vous une pression particulière dans sa composition ?
In Memoriam : Nous avons mis beaucoup plus de temps que prévu pour le sortir, notamment à cause de la défection inopinée de l’ancien guitariste. Il nous a fallu repartir de zéro alors qu’on avait déjà maquetté pas mal de choses. Mais n’en parlons plus, c’est maintenant dernière nous, et In Memo a pu tenir la parole qu’il avait donné à son public.

Concernant la pression, forcément, après 15 ans d’absence, on l’avait forcément. Il y a pas mal d’exemples, en musique, de « retours » décevants. Soit parce que le groupe revient avec un style différent de ce pour quoi on l’attend, soit parce que l’inspiration est tellement faible que les nouveaux titres sont archi nuls. Je pense que cet opus reste fidèle au style d’In Memoriam et on voit avec les premiers retours que le public n’a pas été dépaysé. Les seules critiques qui reviennent, c’est qu’il n’y a que 5 titres. On comprend la déception, mais on est content du coup de l’accueil de ces nouveaux morceaux.

À l’écoute du titre « Déjà demain », on ressent comme un sentiment d’urgence. Pensez-vous que nous vivions un grand basculement de civilisation ? Ce déclin est-il définitif ?
Le sentiment d’urgence est là, c’est incontestable. Il y a 15 ans, nous dénoncions déjà les problèmes qui se sont amplifiés.
Avec des chansons comme Futur Proche, Paris-Belgrade, Televores, Das Kapital, etc, nous abordions des thèmes en dissident et prévoyions un avenir bien sombre pour notre civilisation au sens large.

Eh bien voilà. Nous sommes déjà demain. Et malheureusement, on ne s’était pas trompé. Nous vivons effectivement un basculement de civilisation. Grand remplacement, destructions des mœurs, mensonge généralisé, on ne peut pas dire que ce soit très encourageant. Mais ce serait une faute grave de dire que c’est définitif. L’Histoire est faite de surprises et de sursauts, de rebondissements et d’imprévisible. Le récent soulèvement des Gilets Jaunes, peu importe la tournure, a déjà montré que les Gaulois n’étaient pas tous morts !

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« Plus est en nous » est un des titres marquant de l’album. Pourquoi cette exhortation au dépassement de soi ?
Parce qu’à une époque où on apprend à être fainéant dès la petite école, où on apprend à ne pas réfléchir, à ne pas avoir d’avis propre, de réflexion, nous pensions qu’il était important de nous rappeler que l’homme n’est pas qu’un consommateur passif fait pour vivre dans le confort.

Et le dépassement de soi n’est pas forcément physique. Il est aussi intellectuel. Il ne s’agit pas que de préférer la marche à la voiture. Il est important d’avoir un état d’esprit de combattant dans ce monde sans pitié et de fabrique de prêt à penser. Il est impératif de se violenter soi-même pour vivre le plus possible en accord avec nos principes et nos convictions. Alors qu’il est tellement plus facile de se laisser conduire. Et nous sommes tous concernés !

Quels sont les groupes et les styles musicaux qui vous inspirent toujours ?
Dans le groupe, nous avons chacun nos préférences et nous n’écoutons pas forcément les mêmes styles de musique. Alors il est difficile de dire que tel ou tel groupe nous a inspiré, bien que l’on puisse percevoir des accents rocks et métal sur ces différents titres. Nous préférons que ceux qui nous écoutent se fassent leurs propres jugements.

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Dans l’aventure In Mémoriam, comment avez-vous équilibré votre engagement et votre démarche artistique ?
Le fait est que nous pensons ce que nous chantons. La musique est donc un moyen clair de militer pour nos idées. Plus jeunes, nous avons tous été des militants politiques. Dans différents mouvements, mais mus par des convictions profondes.
Notre démarche artistique de groupe est donc arrivée en complément de nos engagements personnels. Et c’est pour cette raison que nous faisons de la musique dissidente. Il nous paraît plus important d’exprimer nos idées en musique que de faire de la musique « neutre » pour passer à la radio. Nous tirons une certaine fierté d’être connus et reconnus pour cela. En 20 ans d’existence, In Memoriam ne s’est pas renié et n’a pas trahi.

L’épopée du Rock Identitaire français est devenue un mythe pour la jeune génération. Comment expliquer que des titres vieux de 20 ans fassent toujours autant vibrer ?
En partie par le fait que nous ne nous sommes hélas pas trompés dans nos prévisions… et nos chansons restent même parfois d’une cruelle actualité. Après, il faut dire que la relève n’a pas vraiment été là. Les difficultés pour les jeunes générations à monter des groupes identitaires étant vraisemblablement très grandes.

Alors du coup, pour les plus anciens, il y a un peu de nostalgie à écouter In Memo. Quand aux plus jeunes, ils auraient bien aimé connaître l’épopée du RIF vu le désert actuel… Plusieurs groupes, des albums divers et variés, des concerts… C’était déjà pas facile à l’époque, mais je pense que c’est pire maintenant.

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On est parfois surpris d’entendre du In Memoriam aussi bien repris par des fans de RAC, des casus lors de matchs, dans les cortèges de la Manif pour tous, lors de soirées entre « anciens », dans les aumôneries étudiantes ou dans une vidéo de scissions de l’UNI. Votre public est plus large aujourd’hui qu’à la grande époque du groupe ?
Oui, sachant qu’à l’époque, c’était un peu toujours les mêmes qui se déplaçaient aux concerts… Vous trouverez qui tout seul…
Il y a ceux qui nous écoutaient en catimini, et les autres qui traversaient la France pour venir nous voir. Mais il faut dire que dans l’ensemble, beaucoup se retrouvaient dans nos chansons.
On a finalement réussi à toucher un large public malgré la répression qu’il y avait pour nous empêcher de nous produire et d’être distribué. Et même s’il faut parfois faire le grand écart pour s’y retrouver, on voit bien que les thèmes abordés sont communs à beaucoup de dissidents de tous poils.

Chacun s’approprie nos chansons pour illustrer ses propres luttes face à la répression, face au Système en général, à la perte de notre identité, et pour la nécessaire unité des peuples européens. Enfin, pour être exact, et pour que tu aies une bonne idée du courage de certains, nous avions envoyé à la direction de La Manif Pour Tous quelques titres pour qu’ils les passent dans les cortèges, entre Maître Gims et Lady Gaga. Nous avons reçu une fin de non recevoir prétextant que passer notre musique était « trop clivant ». Les mêmes décideurs dans les soirées privées, c’est autre chose… Mais voilà, c’est comme ça…

Quels sont vos prochains projets ? Des concerts sont en préparation ?
AhAh, des projets, on en a plein la musette… Il n’y a plus qu’à…
Pour ce qui est des concerts, on a beaucoup de propositions, mais on va choisir avec application où et quand, parce qu’on ne va pas en faire beaucoup. On manque tous de temps pour ça. C’est qu’on a plus 20 ans (ou presque !). Le meilleur moyen de nous suivre, c’est sur les réseaux sociaux. Facebook nous a récemment fermé notre page avec nos presque 9000 amis… mais nous en avons remonté une : In Memoriam – Officiel. Sinon, vous pouvez nous retrouver sur notre site.
À bientôt !

Entretien réalisé par R. Sterling.

In Memoriam

Retrouvez « Déjà Demain » sur I Tune, dans certaines (bonnes) librairies parisiennes ou sur certains sites de VPC.
Mais vous pouvez le commandé directement sur in-memoriam-officiel.com.

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