Le cortège de la ManifPolice ne désemplit pas à Toulouse

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Ils étaient près de 400 policiers, pompiers, ambulanciers, citoyens à s’être donné rendez-vous sous le monument aux morts de François Verdier pour la huitième fois depuis trois semaines.

Commencé il y a près d’un mois, date de l’agression de deux fonctionnaires de police à Viry-Châtillon, brûlé par une bande de racailles dans une cité de la ville, la révolte des fonctionnaires ne s’éteint toujours pas. A la différence des manifestations traditionnelles, pas de syndicats pour étouffer cette colère, pas de partis politiques pour récupérer des électeurs orphelins d’un chef qui protège leur métier. Et puis, fait nouveau depuis quelques mois, la peur. Les policiers ont peur pour leur propre sécurité. Imaginez-vous les pompiers qui laisseraient les flammes détruire un quartier entier par peur du feu ? Des commerçants qui n’ouvriraient plus par peur de pillage ? Ou des policiers qui n’interviennent plus dans certains quartiers par peur des racailles… ?14958550_10209203655342238_197138287_n

La réalité est là. L’assassinat de Magnanville, où un couple fonctionnaire de police avait été massacré dans leur foyer devant leur enfant, parce que policier. L’attaque à Vitry-Châtillon d’une voiture où patrouillaient deux agents partie en flamme sans que les occupants ne puissent s’enfuir. L’égorgement d’un policier au Commissariat de la rue des Remparts Saint Etienne à Toulouse, fin août dernier, parce qu’il représentait la France.

Les  sirènes hurlantes des camions de pompiers, venus en renfort, et des voitures de police entouraient le monument où la foule s’était amassée, là même où une semaine plus tôt, deux-cent militants d’ultragauche entonnaient des slogans contre la police, en mémoire de Rémi Fraisse.

Après une Marseillaise appuyée et un « clapping » digne des stades de football, le cortège s’est élancé jusqu’à la préfecture. Ouverte par un cercueil recouvert d’un drapeau tricolore symbolisant les victimes de la « haine anti-flic »,  plusieurs banderoles menaient la marche : « Au service des citoyens, pas des politiciens » ou encore « La racaille en prison ».
14938085_10209203657582294_1199339766_nSlogan déterminé, cette dernière suivait de près le cercueil.La revendication est simple, sans appel, les places de prison doivent augmenter. « J’aiencore assisté au jugement d’un agresseur sexuel qui était accusé de trois faits, il a été relaxé » confie un policier. « Nous ne mettons pas la faute sur les magistrats, il n’y a plus de places dans les prisons. Le problème n’est pas les peines mais les exécutions » continue un de ses collègues. Alors qui visent-ils dans cette banderole ? Un autre fonctionnaire nous interpelle : «  Les politiques doivent prendre conscience  que dans certains quartiers la peur a changé de camp, ce ne sont plus nos lois qui sont appliquées. Quand on vient on dérange, on est comme des étrangers ». Un autre manifestant continue, « la racaille en prison, c’est la seule solution pour mettre fin à ces attaques d’une barbarie extrême ».

 

L’ampleur du mouvement ManifPolice n’a pas prévu de s’éteindre, puisqu’ils donnent rendez-vous samedi 5 novembre à 15 heures, place du Capitole.

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