29 novembre, fête de la Saint Saturnin, Saint Patron de Toulouse

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Cité romaine, capitale wisigothique, haut lieu de pèlerinage jusqu’au XVI° siècle… Toulouse est l’actrice d’une histoire particulièrement riche, au travers les hauts faits de grands hommes : Saint Thomas d’Aquin, Eudes d’Aquitaine, Saint Saturnin… Qui sait aujourd’hui que le plan actuel du centre-ville suit scrupuleusement celui tracé par les Romains dès les premiers siècles de notre ère ? Ainsi, de l’actuel marché des Carmes à la place Esquirol s’étendait un immense forum avec à son extrémité le Capitolium, grand temple de la ville, dont des vestiges ont été retrouvés lors de la construction du parking souterrain d’Esquirol.

Ce forum faisait la jonction entre deux grandes voies : le decumanus maximus, axe est-ouest incluant l’emplacement de la cathédrale Saint Etienne, et le cardo maximus, axe nord-sud encore visible aujourd’hui puisqu’il démarre au Palais de Justice – immense porte dite Narbonnaise – suit la rue Pharaon, longe les places des Carmes et de la Trinité puis se poursuit dans les rues des Changes et Saint Rome avant de s’achever au beau milieu de notre Place du Capitole, alors l’entrée nord de la ville : La Porterie. C’est au cœur de cette ville romaine dans laquelle nous flânons toujours, qu’en 250 Saturnin, premier évêque de Toulouse a vécu son martyre ; tout au long de ce siècle, l’Empire en agonie traversait une phase de tension religieuse critique. Les dieux romains ne répondant plus aux supplications des fidèles, il était fréquent que la foule en rejette le faute sur les chrétiens, de plus en plus nombreux, ce qui explique les nombreuses périodes de persécutions.

Martyre de Saint Saturnin, par Jacques de Voragine – XIV° siècle
Martyre de Saint Saturnin, par Jacques de Voragine – XIV° siècle

De fait, le 29 novembre 250, l’évêque Saturnin traversant le forum peu avant un sacrifice rituel, fut interpellé par les citoyens romains. Traîné jusqu’à l’autel où devait être occis un taureau blanc, il lui est demandé de renier Dieu afin de calmer la colère de ceux de l’Olympe. Devant son refus, la décision de mettre fin aux agissements de l’évêque est rapidement prise : attaché au taureau, il est traîné tout au long du cardo maximus, au-travers la Porterie et au-delà de la ville. La tradition veut qu’en place et lieu où la corde s’est rompue, deux vierges ont enterré le corps avant que les Romains ne le profanent. Peu à peu, et en toute discrétion, un pèlerinage se met en place sur cette tombe.

En 336, Saturnin reconnu comme saint, et Saint Hilaire, évêque de 358 à 360, fait bâtir une petite basilique sur la tombe du martyr, œuvre poursuivie par les évêques suivants : Saints Sylve et Exupère. C’est Isarn de Lavaur, évêque de 1071 à 1105 qui terminera cette œuvre majeure qu’est la basilique Saint Sernin actuelle, considérée comme la plus grande église romane jamais conservée en Europe.
Inscription sur une tombe en l’honneur de Saint Saturnin à Rome par le pape Damase I° (366-384)
« Il démontra sa foi intrépide par son intrépide mort.
Gratien, persécuteur, frémit, tandis qu’il déchire sur le chevalet tes membres sacrés ;
Mais, nonobstant qu’il déversât sur toi tout son fiel venimeux,
Il ne put toutefois t’induire, ô Saint, à renier le Christ.
Bien plus, par tes prières, il mérita lui aussi de mourir en confessant la Foi.
Que telle soit la prière suppliante de Damase : que ce sépulcre soit vénéré.
Qu’il soit aussi permis d’accomplir ici ses vœux, et de se répandre en pieuses prières,
Parce que ce tombeau est celui du martyr Saturnin.
Ô martyr Saturnin, je t’offre mes vœux. »

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