Le buraliste, Luc Fournié devant les tribunaux pour le meurtre d’un cambrioleur

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Luc Fournié

Sept ans après les faits, le buraliste de Lavaur (Tarn) sera jugé mercredi 7 décembre prochain devant la cour d’assises de Toulouse pour le meurtre de Jonathan, un jeune lycéen de 17 ans en train de cambrioler le commerce de Luc Fournié, la nuit du 14 décembre 2009. Après avoir écopé de 7 ans de prison en première instance, l’affaire repassera devant les tribunaux avec au cœur des débats la question de la légitime défense.

Après avoir constaté, quatre jours auparavant, que les barreaux d’une de ses fenêtres avaient été sciés, le buraliste n’était plus serein dans son commerce comme dans son logement, situé à l’étage. Un système d’alerte de fortune, composé d’un fil de pêche tendu entre deux chaises, Luc Fournié a été alerté de l’entrée par effraction du jeune Jonathan et de son complice Ugo par le bruit occasionné. Ne dormant que d’un œil, le commerçant âgé aujourd’hui de 59 ans s’est alors emparé de sa carabine dans le noir le plus complet et a tiré sur le malfrat, le touchant mortellement, mais ne réussissant pas à atteindre son copain.

Au printemps 2015, la cour d’assises du Tarn l’avait condamné à 7 ans d’emprisonnement pour meurtre et blessure, jugeant sa riposte « disproportionnée » et rejetant la qualification de légitime défense demandée par l’avocat général qui avait requis l’acquittement. L’accusé avait alors fait appel. Au cours des trois jours de procès, qui s’ouvrent mercredi à 9 heures, Luc Fournié comparaîtra libre devant la cour d’assises de Toulouse.

Pour la défense « le danger est incontestable, puisqu’ils se sont introduits par effraction dans un domicile » estime Me Georges Catala, avocat du buraliste. « Il a pris peur, il a tiré : ça s’appelle la légitime défense, c’est écrit dans toutes les tables de la loi » insiste-t-il. Pour l’avocat de la famille, Me Patrick Maisonneuve la situation est tout autre : « On n’est pas dans une situation où, surpris dans son sommeil, il réagit. Il avait mis en place un système pour le bruit, il est sorti de son arrière-cuisine et il a tiré immédiatement sur Jonathan, avant de l’enjamber et de tirer une deuxième fois ».

Était-il en état de légitime défense ? Pour l’avocat des parties civiles, Me Simon Cohen, la réponse est non. Avait-il le droit de pratiquer l’autodéfense ? La réponse est toujours la même. Pourtant la condamnation en première instance avait suscité une large mobilisation chez les buralistes et les riverains de la commune de 10 000 habitants du Tarn. Des pages de soutien se sont créées sur les réseaux sociaux, recueillant plus de 10 000 j’aime. Reste à savoir si le tribunal jugera que défendre son commerce, son foyer est un crime. On a toujours en tête les procès de René Galinier, retraité de 78 ans vivant à Nissan dans l’Hérault, qui avait tiré sur deux cambrioleuses issues de la communauté des gens du voyage. Il avait écopé de 5 ans de prison, dont 4 ans avec sursis. Ou encore le bijoutier de Nice, qui avait abattu un de ses braqueurs, en train de s’enfuir avec son butin. Il est aujourd’hui libre mais reste marqué par cet épisode judiciaire tentant de prouver la légitime de défense.

Le verdict est attendu vendredi soir.

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