10 ans de prison pour ne pas s’être laissé voler

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Luc Fournié

Alors que cette semaine était marquée par le procès en appel de Luc Fournié, cafetier de la commune de Lavaur, dans le Tarn, le verdict est tombé ce vendredi. 10 ans de prison ferme pour le meurtre d’un adolescent et tentative de meurtre sur son complice. Soit une peine beaucoup plus lourde qu’en première instance, la cour d’assise de Toulouse n’ayant pas retenue la légitime défense.

Pour avoir tiré sur les deux cambrioleurs rentrés par effraction dans son commerce en 2009, la cour d’assise de Toulouse vient de condamner en appel à 10 ans de prison ferme, Luc Fournié. Une peine bien plus lourde que les 7 ans prononcée en avril 2015 à Albi, le juge ayant décidé d’exclure la légitime défense.

Les faits qui se sont produits le 14 décembre 2009, quand à 2h30 du matin, le buraliste est réveillé par deux adolescents venus cambrioler son domicile. Ayant découvert leur projet de larcin depuis qu’il a découvert des barreaux sciés à sa fenêtre, Luc Fournié avait appelé les gendarmes qui lui avait conseillé de tout laisser en l’état et promis d’assurer une surveillance. Depuis, il dormait depuis quelques nuit sur un lit d’appoint et avait confectionné un piège de fortune, d’après une idée de sa sœur, Isabelle. Composé d’un fil de pêche relié à deux chaises, les deux adolescents sont alors tombés. C’est à ce moment que le commerçant s’est emparé de son fusil, appartenant à son grand-père et a tiré, dans l’obscurité sur Jonathan Lavignasse, 17 ans, qui s’effondre immédiatement. Son ami, lui prend la fuite et le tir du sexagénaire ne l’atteint pas.

D’un naturel calme et paisible, ouvert et apprécié de ses proches, le « brave homme sans histoire » se retrouve dès à présent au cœur d’une affaire de meurtre. Dans le box des accusés, l’homme à la voix étouffée s’effondre régulièrement en larmes au témoignage de ses proches. « J’estime que je ne suis pas un meurtrier, je n’ai jamais voulu tuer personne », avait soufflé Luc Fournié au tout début de l’audience, mercredi dernier. Tout au long du procès, il ne montrera pas de signes de souffrances, ni de culpabilité. Seulement de la tristesse et de la compassion pour la mère du défunt. A l’expert il dira même : « Dans les mêmes circonstances, je referais la même chose ». La peur l’avait visiblement envahit. « J’ai eu peur pour ma famille, peur qu’on soit torturé, j’imaginais une bande de gens de l’Est, armés », confie-t-il.

C’est donc après 5h30 de délibéré qu’une vague d’émotion et de colère a déferlée chez la famille de l’accusé, qui paraissait quant à lui assommé. Dans son verdict, la cour a exclue la légitime défense, jugeant une « totale disproportion » dans la riposte. Dans son réquisitoire, l’avocat général avait pourtant requis « cinq ans d’emprisonnement, en n’excluant pas l’octroi du sursis simple pour une partie, voire pour la totalité de la peine ». Il avait demandé aux jurés de retenir une peine « juste, proportionnée, équitable et socialement utile ». La sentence n’aura pas été aussi clémente.

Son avocat, Me Catala, qui a commenté ce verdict « absolument aberrant, incompréhensible » n’a pas exclue de se pourvoir en cassation.

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