Benoît Hamon largement en tête en Haute-Garonne

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Comme lors de la primaire Républicaine, la Haute-Garonne a largement suivi la tendance nationale plaçant Benoît Hamon en tête des suffrages avec 37% des voix, devant Manuel Valls, (32,3%) qui distance largement le malheureux Arnaud Montebourg recueillant seulement 16,8%. 

La Haute-Garonne serait donc un territoire favorable pour les outisiders qui veulent créer la surprise. Rappelons-nous de la percée du Front National, lors des élections régionales de 2015, où la liste de Louis Aliot est arrivée en tête dans le département comme à l’échelle régionale, alors que Carole Delga était la favorite. François Fillon a connu le même sort en distançant largement Alain Juppé, en novembre dernier. Hier, c’est Benoît Hamon qui a su en profiter.

 

Une mobilisation décevante 

Alors que les Républicains avaient réussi à mobiliser près de 70.000 électeurs, la primaire de la Belle Alliance n’a compté que 50.000 participants dans le département, alors qu’ils étaient aux alentours de 80.000 en 2011, lorsque François Hollande et Martine Aubry s’étaient qualifiés pour le second tour. Cette faible mobilisation peut s’expliquer par la campagne express qui a eu lieu en seulement trois semaines mais aussi par le désintérêt des français qui ne croient plus en l’unité de la Gauche.

Coup dur pour les barons locaux

Si l’ancien maire de Toulouse, Pierre Cohen jubile de voir Benoît Hamon, qu’il soutient arriver en tête, c’est un coup dur pour d’autres pointures locales. Bien que qualifié pour le second tour, l’ancien chef du gouvernement ne peut se satisfaire d’une deuxième place, où l’écart de points semble difficilement rattrapable. Manuel Valls, alors soutenu par l’ancien Président de la région Martin Malvy, et son successeur Carole Delga, au discours proche du style tyrannique de l’ex-Premier Ministre, connait un désaveu que pourrait bien connaître cette dernière.
Autre déception : la défaite cuisante d’Arnaud Montebourg, soutenu par Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales au Palais Bourbon, et de Nadia Pellefigue, vice-présidente d’Occitanie qui avait retourné sa veste, passant de Hamon à Montebourg. Mais pour d’autres, c’est une déconvenue. Les soutiens de Vincent Peillon, qui ne récolte que 7,2% dans le département où il avait pourtant lancé sa campagne, se retrouvent en position délicate. Sébastien Vincini, premier secrétaire fédéral du PS31, l’ancien ministre et député Kader Arif et de nombreux conseillers départementaux avaient fait campagne pour l’ancien ministre de l’Education Nationale.

 

Toulouse plus à gauche que son agglomération ? 

A Toulouse, Benoît Hamon arrive très largement en tête avec 43,2% des suffrages, loin devant Manuel Valls qui ne recueille que 27,3%. Un score qui n’est pas si surprenant pour l’ancien premier ministre, longtemps pris en grippe lors des manifestations massives contre la loi Travail, puis durant tout le mandat de François Hollande, à l’occasion des violentes manifestations de l’ultra-gauche contre le barrage de Sivens. Sur la commune, les idées sociales et écologiques de Benoît Hamon ont visiblement d’avantages convaincu les sympathisants socialistes que la vision plus sécuritaire de Manuel Valls.
Mais autour de Toulouse, la tendance s’inverse. A Colomiers, Tournefeuille ou Balma, l’ancien premier Ministre arrive en tête, tout comme à Saint-Gaudens. Pour Arnaud Montebourg, hélas, ses projets de nationalisation, de réindustrialisation et de patriotisme socialiste n’ont touché que 14% des électeurs de gauche.

Vers un vote dispersé chez les électeurs de gauche à la présidentielle ?

Si à droite, les Républicains partiront certainement divisés avec François Fillon, Henri Guaino et Michèle Alliot-Marie, la Gauche ne pourra pas se vanter de l’unité, pourtant recherchée par cette primaire. La réconciliation des gauches semblent impossible à l’heure actuelle et compliquée dans les années futures. Le candidat sortant de cette primaire se verra, quoiqu’il arrive, confronté à un concurrent quasi semblable. En effet, les lignes Hamon-Mélenchon semblent très proches tant sur le plan social que sociétal et aucun des deux prétendant n’a comme projet de se retirer en faveur de l’autre. Si Hamon emporte cette primaire, Macron sera vraisemblablement le premier homme de Gauche devant le représentant du Parti Socialiste, qui pourrait être doublé au dernier moment par le leader de la France Insoumise.

Dans l’autre cas de figure, Manuel Valls aura quant à lui à faire à Emmanuel Macron, très proche dans leur vision économique et se partageant les responsabilités de l’échec du dernier quinquennat. Une situation qui pourrait être favorable à Jean-Luc Mélenchon qui deviendrait le seul candidat représentant les frondeurs. Mais dans ce cas, rien n’exclu une nouvelle candidature indépendante pour contrer Manuel Valls, d’une personne pouvant réunir les électeurs à la fois d’Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon, n’ayant pas participé aux Primaires et donc sans obligation de soutenir le sortant. Une personne qui aurait une dent contre Manuel Valls qui s’étaient déjà échangés des amabilités lorsqu’ils étaient tous les deux dans le gouvernement. Une personne ayant marqué le dernier quinquennat par une mesure impopulaire ayant fait descendre plus d’un million de personnes dans la rue. Une personne souhaitant, il y a quelques années l’indépendance de la Guyane, une personne dont je tairai le nom, mais que vous aurez forcément reconnue. L’hypothèse, bien que peu vraisemblable, n’est pas à exclure.


Les résultats complets à Toulouse :

  • Benoit Hamon : 43,2 %
  • Manuel Valls : 27,3 %
  • Arnaud Montebourg : 14,9 %
  • Vincent Peillon : 8 %
  • François de Rugy : 4 %
  • Sylvia Pinel : 1,9 %
  • Jean-Luc Bennahmias : 0,8 %

Les résultats complets en Haute-Garonne :

Inscrits : 882 713
Votants : 51 233
Participation : 5,80 %
Exprimés : 50 586
Blancs et nuls : 647
Benoît Hamon : 36,88 % (18 657 voix)
Manuel Valls : 32,34 % (16 360 voix)
Arnaud Montebourg : 16,84 % (8 519 voix)
Vincent Peillon : 7,23 % (3 656 voix)
François De Rugy : 3,54 % (1 791 voix)
Sylvia Pinel : 2,28 % (1 155 voix)
Jean-Luc Bennahmias : 0,89 % (448 voix)

 

 

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