On lui doit les quartiers du Mirail et d’Empalot

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Le quartier du Mirail en novembre 1970. André Cros, conservé par les archives municipales de la ville de Toulouse
Maire durant une période charnière où Toulouse s’est transformée, Louis Bazerque est à l’origine des projets de grands ensemble comme les cités du Grand Mirail et d’Empalot. 

Des champs aux logements sociaux. C’est en 1961 que le projet du Mirail est lancé par la municipalité socialiste menée par Louis Bazerque. Sensibilisé par le développement de la banlieue parisienne, il lance un concours pour un plan d’urbanisation. Celui-ci est remporté par les architectes Georges Candilis, P. Dony, Alexis Josic, Shadrach Woods accompagnés des ingénieurs H. Piot, J.N. Doulikian et J. François. La première étape de la construction est Bellefontaine et commence en 1967. Le Mirail est achevé en 1972.

Un grand ensemble recouvrant les champs

Le lieu-dit du Mirail avant son urbanisation. Photo : Le cahier toulousain

Cette urbanisation se fait aux dépends du paysage rural qui entoure Toulouse. Un aqueduc romain alimenté par de nombreuses sources d’eau traversait les quartiers actuels de Bellefontaine, Reynerie et Mirail Université. Avant d’être un quartier où 67% des habitations sont des logements sociaux, le Mirail était un lieu-dit. Depuis, les champs sont recouverts de routes et d’immeubles HLM, la paisibilité semi-rurale devient un grand ensemble attractif. Ces nouvelles habitations avaient pour vocation d’accueillir les nouvelles classes moyennes, pour la plupart venues des campagnes, et de leur offrir des logements de confort.

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Mais cinq décennies plus tard, c’est la misère et la vétusté qui domine. En 1994, France 3 avait invité l’architecte Georges Candilis à revenir sur les lieux de sa création. L’accueil était moins triomphal que dans l’enthousiasme du projet. Les populations françaises ayant été petit à petit remplacées par l’afflux d’immigrés, les classes moyennes ont disparus et ont laissé place à la précarité, l’harmonie du « vivre-ensemble » a été chassée par l’insécurité, les trafics et les émeutes.

Aujourd’hui, le Grand Mirail regroupe plus de 40 000 habitants dans le sud-ouest de la ville rose. Il regroupe plusieurs quartiers : Bagatelle, La Faourette, Papus, Tabar, Bordelongue, Basso Cambo.

Louis Bazerque, un mandat marqué par l’urbanisation

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Le mandat de Louis Bazerque, s’étendant de 1958 à 1971 a été marqué par le réaménagement de la ville afin de l’adapter à l’automobile. L’urbanisme évolue vers des constructions verticales afin de faire face à une démographie galopante et au développement de l’industrie aéronautique, encore à ses débuts. Né le 9 mai 1912 à Toulouse, une ville qu’il n’a jamais quitté, Louis Bazerque étudie au lycée Pierre de Fermat, puis à la faculté de droit de Toulouse. Il devient clerc de notaire en 1935, puis huissier de justice de 1937 à 1945, avant d’être avoué près le Tribunal de grande instance de Toulouse jusqu’en 1961. Le 16 octobre 1958, après la démission du maire Raymond Badiou, dont il était le conseiller municipal, il est désigné pour le remplacer. Il assoit son mandat de maire de Toulouse en mars 1959, suite aux élections municipales où il se présente sur la liste de la SFIO, ancêtre du Parti socialiste.

De son mandat, il reste en héritage aujourd’hui la construction de cités, telles le Mirail ou Empalot mais aussi l’aménagement des allées Jean-Jaurès pour la circulation des véhicules.

Mathieu Vergez et Étienne Lafage. 

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