Les Chemins de Saint-Jacques : depuis 20 ans au patrimoine de l’UNESCO

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chemins de Saint-Jacques
Une balise des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, au niveau du Pont-Neuf, à Toulouse. Crédits : M.V.
Depuis l’ère médiévale, la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle est une destination majeure des pèlerins catholiques à travers toute l’Europe. Inscrits depuis 1998 sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO, les chemins de Saint-Jacques en France attirent toujours autant de pèlerins et de randonneurs.

Les tracés sont divers mais tous convergent vers le même point : la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne). La crypte de la cathédrale renferme le tombeau de saint Jacques de Zébédée, dit Jacques le Majeur, l’un des douze apôtres de Jésus-Christ.

En France, les chemins de Saint-Jacques de Compostelle sont souvent l’occasion de belles promenades sur plusieurs jours, cheminant de village en village, de gîte en gîte… Toulouse ne fait pas exception, en témoignent les nombreuses balises blanches et rouges que l’on peut croiser au hasard des rues. En effet la ville rose fait la liaison entre le chemin d’Arles et l’itinéraire de Conques.

Saint-Jacques
Crédit photo : ACIR Compostelle

Le chemin d’Arles, ou Via Arletanensis (GR 653), au départ d’Arles, traverse la Camargue, en passant par Castres, Sorèze et Revel. Il rencontre l’itinéraire au départ du sanctuaire de Sainte-Foy à Conques au niveau de la cathédrale Saint-Sernin à Toulouse, et se rejoignent ensuite vers les Pyrénées.

L’exemple de Louis-Marie, pèlerin de Saint-Jacques

Louis-Marie a arpenté les chemins de Saint-Jacques deux mois durant, d’octobre à décembre 2018 au départ d’Arles, jusqu’à la cathédrale espagnole de Saint-Jacques-de-Compostelle : « Ça faisait un moment que je voulais prendre l’air, quitter le monde un moment […] j’y suis allé juste après l’obtention de mon premier emploi, parce que je n’allais pas forcément avoir le temps dans les années à venir. » Selon lui, la plupart des pèlerins sont dans le même cas et s’aventurent sur les chemins lorsqu’ils connaissent une période de « transition » dans leur vie. La plupart d’entre eux ne franchissent pas le cap pour des raisons religieuses, ce qui n’est pas le cas de Louis-Marie. Ce dernier a voulu éprouver le « dépassement de soi », de savoir « jusqu’où il pouvait aller », tant sur l’aspect sportif que spirituel, bien qu’il précise que sur le plan sportif, les chemins sont « à la portée de toute personne qui a deux jambes qui marchent ».

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Louis-Marie est parti seul, mais a rencontré beaucoup de gens en chemins, surtout en Espagne, où l’accueil des pèlerins est chaleureux. Du pèlerin croyant à l’agnostique en quête de sens, il affirme avoir croisé « de tout« . Conséquemment à sa démarche, il s’est souvent arrêté un moment dans les cathédrales qui sont dispersées sur le parcours, comme la somptueuse cathédrale de Burgos. « Mais le musée d’art contemporain de Burgos, je ne l’ai pas fait, ça ne m’intéressait que très moyennement… »

Cathédrale de Burgos, en Espagne.

En France, grâce aux températures encore clémentes du début de l’automne, Louis-Marie s’est permis de dormir à la belle étoile. Mais en Espagne, où le froid commençait à se faire sentir, il passait ses nuits dans les gîtes qui accueillent les pèlerins de Saint-Jacques. Nul besoin, selon lui, de préparation excessive : lui-même préparait ses étapes la veille pour le lendemain.

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Au final, les chemins resteront une belle expérience pour Louis-Marie, qui ne regrette en rien ces deux mois passés à marcher: « on en revient plus aguerri ! »

Patrimoine mondial de l’UNESCO

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France, ont fêté cette année les vingt ans de leur ajout au patrimoine mondial de l’UNESCO, en tant que « bien unique ». Cette appellation comprend 71 monuments emblématiques ainsi que sept portions de chemins. Parmi les monuments retenus, figurent la basilique Saint-Sernin ainsi que l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques, et l’ancienne cathédrale Notre-Dame à Saint-Bertrand de Comminges. Tous ces monuments appartiennent au cheminement des pèlerinages de Saint-Jacques depuis l’époque médiévale.

Mathieu Vergez.

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