« Je veux témoigner de ce que je vois et ressent parmi les Gilets jaunes »

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D1st1
Image tiré du clip.
Tourner un clip sous les gaz lacrymogènes, rapper pour témoigner des violences policières. C’est l’oeuvre de D1ST1, un rappeur indépendant devenu Gilet jaune. 

Rappeur depuis 14 ans, Gilets jaune depuis deux mois. Ce sont ces deux engagements qui ont poussé D1ST1 à tourner un clip de rap, avec NFCA Media, en plein cœur des manifestations de Gilets jaunes à Toulouse. « J’ai parlé de ce que je vois, ce que j’ai ressenti », nous confie le rappeur.

Clip Officiel GILETS JAUNES

Le Clip Officiel des GILETS JAUNESa partagez un max (by NFCA MÉDIA )Prod by : Fred killah disponible sur youtube ici: https://www.youtube.com/watch?v=ix0p5Q1937o

Publiée par D1ST1 sur Dimanche 20 janvier 2019

L’aventure commence lors de l’acte II des Gilets jaunes, le 24 novembre à Toulouse. Le rappeur indépendant enfile un Gilet jaune et défile dans les rues de la ville rose. « Je n’ai jamais roulé sur l’or, je suis intérimaire et j’ai du mal à boucler mes fins de mois. J’ai aussi connu la violence et l’injustice de la part des autorités et j’avais du mal à l’exprimé. J’ai rencontré des gens qui vivent plus ou moins la même chose », nous détaille t-il. Sans être « super actif », D1ST1 rejoint les cortèges tous les samedis suivants. « C’est un besoin, une urgence. Je n’ai pas d’engagement politique. Je vis pour la musique. »

« Montrer ce qui se passe, servir la cause et transmette le message »

Les deux engagements se sont ensuite rejoint. À l’approche de l’acte IX (12 janvier), D1ST1 compose les paroles. « Cela m’a pris deux fois vingt minutes. C’est sorti tout seul, je n’en pouvais plus ». Le but ? Montrer ce qui se passe, servir la cause et transmette le message « qui ne passe pas dans les médias ». « Beaucoup de personnes n’étaient pas au courant des violences commises contre les lambdas ». C’est à la suite d’une rencontre avec l’équipe de NFCA Media, que l’agence a accepté de tourner les images du clip durant la manifestation du 12 janvier.

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Un tournage qui s’est déroulé en tête de cortège, sous les gaz lacrymogènes et entre les tirs de flashball durant les affrontements. « Je ne m’attendais pas à autant de bons retours. Je ne suis pas un opportuniste à la recherche du buzz, je veux faire passer un message, notamment à l’étranger ».

C’est la révolution ? « Pour moi une révolution c’est un renouveau. Le peuple n’en plus du mode de fonctionnement dans le pays, de ne pas pouvoir manger correctement et en face, ils tirent avec des flashball. Il ne faut pas jouer avec ces mots. C’est une révolte, un cri d’alarme ». Quelle issue ? « Emmanuel Macron doit s’en aller ! Il ne faut pas qu’il y ait davantage de blessés, de casse. » 

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Le rappeur espère désormais pouvoir faire passer un message de justice et d’égalité à destinations de tous les pauvres d’ici ou d’ailleurs.

Propos recueillis par Étienne Lafage.

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