Le calvaire des voisins d’un camp de roms

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Le camp de roms de Malepère, au sud de Toulouse. Crédit photo : Roms-malepere-toulouse.yo.fr
Les voisins du camp de roms de Malepère vivent un véritable cauchemar. Entre délinquance et risques sanitaires, les riverains espèrent une action forte des pouvoirs publics. 

Depuis près d’un an, les habitants de la route de Labège sont contraints de cohabiter avec de nouveaux voisins, venus d’Europe de l’est. Alors que la France entière fêtait le sacre des Bleus, le 14 juillet 2018, ces Toulousains ne devinaient pas que leur vie quotidienne allait être autant bouleversée. Trafics, tapages, odeurs et fumée toxique étant devenus quotidiens pour les habitants de la résidence Carré vert à Toulouse. Une résidence accueillant 300 habitants et faisant face à un terrain appartenant à la métropole, devenu un camp de roms. 

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Un véritable bidonville à ciel ouvert qui s’est constitué. « Au départ, ils n’étaient que quelques uns, aujourd’hui c’est plusieurs dizaines de roms » qui squattent cet espace, confie Pierre, un des membre du Collectif des riverains voisins du camp de Roms de Malepère. Le terrain, jadis un terrain vert, s’est peu à peu transformé en « bidonville insalubre et en déchetterie où les trafics en tous genres sont une normalité ». « Des trafics impactent directement notre santé via des nuisances visuelles, olfactives, sonores », alertent-ils. 

Quand la valeur d’un appartement s’envole en fumée

Impossible de louer, de vendre, au-delà de la perte financière c’est l’impossibilité de « disposer de nos vies tranquillement » que dénoncent les riverains. Le trafic de cuivre auquel participe la communauté rom de Malepère induit quotidiennement une combustion de matières plastiques nocives. « Nous sommes otages de cette injustice car personne ne veut intervenir sur place pour arrêter ces trafics », dénonce le collectif.

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Le 24 mars dernier, un incendie s’est déclenché sur les installations électriques illégalement détournées par les occupants. « Il nous était impossible de rester chez nous », témoigne un voisin. L’odeur est restée dans les appartements pendant deux jours. 

Nouveau feu électrique au camp de Roms de Malepère

Encore un feu électrique à proximité des habitations et à cause des habitants du camp illégal de Roms, multipliant les piquages chaque semaine. La Mairie et la préfecture démantèlent les camps dans les quartiers le plus cossus de Toulouse (St-Cyprien entre autres, article FR3), mais laissent les autres citoyens avec ces problèmes, en les sacrifiants sur l'autel du "social."253 jours se sont écoulés depuis leur installation illégale, 151 jours depuis le jugement rendant possible l'expulsion de ces gens, s'adonnant quotidiennement à des actes de délinquances et nombreuses incivilités. Qu'attendez-vous pour agir ? Un dramatique accident ? La révolte dans le quartier ? Cesser votre démagogie et vos belles paroles.Jean-Luc Moudenc Mairie de Toulouse Emilion Esnault La Préfecture De La Haute-Garonne

Publiée par Evacuation du camp de Roumains Malepère et route de labège Toulouse sur Dimanche 24 mars 2019

Quand les matériaux ne sont pas brûlés, ils sont stockés dans le camp. Ainsi, ce qui était une vaste étendue de pelouse devient aujourd’hui une déchetterie. « Tous les soirs ils rentrent les bras chargés. Soit, ils stockent, soit ils crament ». Médecins sans frontière s’est rendu sur le camp pour expliquer aux squatters comment mettre en place un système de toilettes sèches. En vain. Les rats pullulent et viennent jusque dans les jardins. À plusieurs reprises, des roms se sont introduits dans l’enceinte de la résidence pour faire les poubelles et rôder autour des appartements, même si jusqu’à présent, aucun cambriolage n’a été mis sur leur dos. 

Un sentiment d’abandon

« Vous n’avez qu’à déménager », avait répondu un policier à Pierre, pendant un appel au 17. Un deux poids deux mesures qui offusque les riverains. « C’est une véritable zone de non-droit ! ». L’un des membres du collectif désigne trois responsables : Jean-Luc Moudenc, le préfet et le propriétaire Toulouse Métropole. Le maire de Toulouse a pourtant adressé une lettre de trois pages à l’un des responsables du syndicat de copropriété. Il indique avoir « donné des instructions fermes », rappelant que toutes occupations illicites « font systématiquement l’objet d’une procédure d’expulsion ». La sommation de quitter les lieux et le relevé d’identité ont été réalisés le 4 septembre. « Cependant, rappelle le premier magistrat de la ville, les occupants ont déposé, le 8 octobre, une assignation en référé pour suspension et contestation de l’expulsion. L’audience a eu lieu le 16 octobre 2018 et a été mise en délibéré le 23 octobre ». La décision devrait être rendu lundi 8 avril prochain, selon le collectif. 

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Dans sa lettre, Jean-Luc Moudenc affirme « intervenir auprès d’Étienne Guyot », le nouveau préfet de l’Occitanie et de la Haute-Garonne. Un préfet qui « ne fait pas son job », d’après Pierre. « La préfecture rejette la responsabilité sur les Gilets jaunes. Les forces de l’ordre seraient débordées. » 

Les riverains s’en remettent donc à la justice pour « faire valoir nos droits ». « Il faut évacuer tous les camps en même temps, sinon ils viennent à chaque fois dans un autre. Ils refusent les propositions d’hébergement, prétextant une cohabitation difficile avec les autres communautés ». En attendant, le collectif souhaite alerter sur les problématiques de santé publique et de délinquance. « Il y a eu tellement d’actes d’incivilités que nous ne pouvons plus avoir d’empathie ». Les riverains se sont organisés autour d’un site internet, d’une page facebook et d’une pétition

Étienne Lafage. 

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