On lui doit la place du Capitole, des Carmes, Wilson…

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Jacques-Pascal Virebent
Jacques-Pascal Virebent peint par Joseph Roques.
Il est de ces architectes qui ont laissé une trace indélébile dans Toulouse. Jacques-Pascal Virebent fut l’architecte de la ville de Toulouse pendant près de 50 ans. 

De la fin du règne de Louis XVI au début de celui de Louis-Philippe, Jacques-Pascal Virebent a eu le temps de façonner Toulouse selon ses talents architecturaux. De la place des Carmes, à la place du Capitole, en passant par la place Wilson ou la place de la Trinité, des boulevards aux allées Jean-Jaurès, on lui doit une grande partie du cœur de la ville rose. 

Né le 7 avril 1746 à Toulouse et mort dans la même cité, le 13 août 1831, Virebent est le fondateur d’une lignée d’architectes et de fabricants d’ornements architecturaux de Toulouse. Après avoir étudié les mathématiques, il participe aux cours données à l’Académie royale d’architecture de Toulouse, où il est l’élève du peintre Antoine Rivalz et de Labat de Savignac. Il poursuit ses études au collège de Sorèze puis voyage à travers la France, du Languedoc en Provence et même à Paris. 

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Il est nommé architecte et ingénieur de la Ville de Toulouse à son retour en 1782, lors de la mort de son père. Il restera à ce poste près de cinquante ans, jusqu’en 1830, survivant aux nombreux régimes politiques qui se succèdent depuis la Révolution. Selon l’historien Alexandre du Mège, Jacques-Pascal Virebent aurait d’ailleurs sauvé un grand nombre de monuments de la folie révolutionnaire : les clochers de la Dalbade et des Jacobins, le couvent des Augustins, la statue d’Henri IV et le buste de Louis XIV au Capitole. Cependant, il est reconnu en partie responsable de la destruction du couvent des Grands Carme et de son église atypique. 

Créateur des plus prestigieuses places de la ville

Jacques-Pascal Virebent a tenté pendant ces cinq décennies de créer un style particulier à sa ville natale, en adoptant avec souplesse les styles en vogue aux constantes locales. Sa plus grande réalisation fut la construction de la place Villeneuve, devenue par la suite la place Wilson. Le projet démarre à la fin de l’année 1788, quand l’architecte réalise un plan prévoyant déjà… une promenade partant en ligne droite vers le Canal du Midi. Les travaux sont interrompus pendant la Révolution mais reprendront en 1806. Les remparts sont alors abattues et c’est une place en forme d’ovale qui se commence à se dresser. « En méditant de nouveau, j’ai pensé qu’il convenait de porter le diamètre de cette place à 94 mètres au lieu de 74. Elle sera plus vaste et plus agréable », argumentait Virebent. Les derniers immeubles de la place seront achevés en 1834, trois ans après sa mort. 

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En 1806, la municipalité demande à Jacques-Pascal Virebent de repenser la place du Capitole. Un espace laissé libre par la destruction de deux pâtés de maisons médiévales. Les volontés sont de créer des façades uniformes à l’ouest, au nord et au sud de la place pour s’harmoniser avec la grande façade du Capitole, bâtie au XVIIIe siècle. Les travaux commencent en 1809, où un grand immeuble prend place entre la rue de la Pomme et la rue Saint-Rome (actuellement le Café Bibent). Cette partie de l’ouvrage sera achevée en 1812. La deuxième tranche de travaux se déroule entre 1823 et 1835, de l’autre côté de la place, entre les rues de Rémusat et du Taur. Le côté ouest est quant à lui construit bien après la mort de l’architecte, prenant quelques aises avec ses volontés. Le long bâtiment à arcades conçu par Jean Bonnal est un compromis entre le style Virebent et celui des immeubles de la rue de Rivoli à Paris.

Des destructions au profit de vastes espaces

En 1807, un décret autorise la construction d’une fontaine en centre-ville. Une commission où figure Virebrent élabore un projet à l’emplacement même de l’ex-couvent des Grands Carmes, devenu propriété de l’État. Le terrain est presque immédiatement racheté est rasé, dont l’église des Grands Carmes. La forme rectangulaire du nouvel espace crée une vaste place sur laquelle s’installe à partir de 1813 le marché aux herbes.

Démolition du couvent des Carmes en 1809. – Falba, Frédéric (reproduction), (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées.

En 1820, Jacques-Pascal Virebent obtient de la municipalité la destruction du pâté de maison où se trouvait jusqu’à la Révolution la maison des religieux de la Trinité. L’objectif est double. Créer une place avec une fontaine et élargir un lieu de passage encombré entre le Pont-Neuf, la porte Saint-Étienne, la place du Capitole et celle du Salin. La place est donc définie comme triangulaire. 

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Après les places, Virebent obtient la destruction des murailles de la porte Saint-Étienne à la porte Arnaud-Bernard pour créer un vaste boulevard dans la continuité des larges allées créées en 1750 par Mondran et Garipuy. La destruction des remparts débute dès 1816 et les allées sont terminées en 1825. Leur largeur est d’ailleurs revue à la hausse : de 26 à 40 puis 60 mètres.

C’est justement dans le cadre de son plan d’alignement que Virebent obtiendra de l’administration municipale un arrêté en 1801, stipulant : « qu’il importe de fixer d’une manière stable et uniforme la largeur à donner aux rues de cette commune (…) au lieu de l’arbitraire et du hasard auquel ils ont jusqu’ici été abandonnés ». L’arrêté fixe les largeurs à atteindre pour les rues principales (10 m), les rues secondaires (8 m) et les petites rues de traverse (6 m).

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