Quand le plus haut clocher de Toulouse s’effondrait

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Le clocher de l'église Notre-Dame de la Dalbade, avant son effondrement en 1926.
Dans la nuit du 10 au 11 avril 1926 un immense vacarme réveilla une partie des Toulousains. Le clocher de la Dalbade vient de s’effondrer faisant deux morts et d’immenses dégâts. 

Il était le point culminant de la ville. Le clocher de l’église Notre-Dame de la Dalbade avait été érigé en 1881 et mesurait 91 mètres de haut. Comparable à celui de la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi, il s’imposait sur toutes les vues de la ville à l’époque. De la Garonne, aux toits des immeubles. 

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Mais dans la nuit du 10 au 11 avril 1926, à 3h15 précise, « c’était un roulement ininterrompu, coupé par intermittences de bruits sourds, de coups violents, comme si un tremblement de terre venait d’engloutir une partie du quartier ! », témoigne dans Studio différemment un contemporain de cette nuit qui changea le paysage toulousain. Le clocher n’était plus. 

Deux morts et un quartier défiguré

Un immense tas de décombres haut de plusieurs mètres entoure l’édifice religieux. Le clocher s’est écroulé en partie sur l’école libre de la Dalbade, ainsi que sur les immeubles voisins. Deux habitants du 18 rue des Polinaires, Monsieur et Madame Denax sont tués dans leur sommeil. Neuf blessés, dont trois graves, complètent ce bilan, qui aurait pu être plus lourd si l’effondrement avait eu lieu quelques heures plus tard… en pleine messe. Autour, les immeubles du 18 et 20 rue des Polinaires sont totalement démolis. Dans l’église, plusieurs bas reliefs, tableaux et sculptures sont également détruits. 

Un drame pressenti

Cet accident est tout sauf une surprise pour les habitués de la Dalbade. Le clocher, en mauvais état et mal entretenu venait d’être inspecté par l’architecte des Monuments historiques afin d’y effectuer quelques travaux. Une information judiciaire contre X est ouverte pour déterminer les causes et les responsabilités de l’accident. 

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L’architecte en chef du gouvernement, Patrice Bonnet, nommé expert, conclut « que le clocher reconstruit en 1882, sans présenter à proprement parler aucun vice de construction, devait à quelque particularité de ses dispositions une fragilité anormale. De cet état particulier, sont découlés les premiers accidents, ensuite multipliés et accrus par l’action des agents atmosphériques (et peut-être celle du beffroi), action favorisée par la négligence apportée depuis trente ans au moins dans la réparation et l’entretien de l’édifice. Les effets combinés de ces deux sortes d’accidents, ont amené peu à peu l’effondrement ».

Après huit mois d’enquête, le juge d’instruction Jean Signorel conclut qu’au point de vue pénal « aucune infraction ne peut être relevée contre quiconque » et prononce un non lieu, le 24 décembre 1926. 

Étienne Lafage. 

 

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