Notre-Dame. « Il y a des signes qui ne trompent pas »

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Comment ne pas rester insensible devant l’effroyable spectacle que nous a donné Notre-Dame de Paris, lundi 15 avril. 

Regarde…..

Il y a des signes qui ne trompent pas quand un tel socle se maintient par ses lourdes pierres de tailles, ancrées dans la terre, malgré le ravage des flammes. Les pierres restent silencieuses quand le bois, lui, hurle, travaille et se contorsionne à l’épreuve des temps. Parfois, il craque. Je l’avais entendu et vu dans une vieille abbatiale du XIIe siècle dans les montagnes pyrénéennes, à la voûte en bois ravagée, elle, non pas par le feu mais par la tempête. Le socle de pierre, lui aussi, avait tenu l’édifice.

Lundi, le bois a dû hurler à la mort, de douleur, au fil de l’incendie qui prenait. Les pierres, tout autour de cette merveilleuse charpente en bois noble issu des forêts du vieux pays de France, les pierres, elles, restaient muettes, avec leurs gargouilles accrochées et tourmentées comme à l’approche de l’an mille.

On est pris aux tripes, impuissants devant le feu qui enlace et étouffe les poutres légendaires en se riant de toute l’activité autour pour neutraliser l’assassin. Il semblerait que les gens présents dans les rues, autour du cœur de Lutèce, horrifiés par ce sinistre spectacle, aient retrouvé, comme figés par l’effroi, un socle identitaire à l’image enfouie de leur royaume perdu. Notre Dame de Paris reste et restera une des illustrations les plus symboliques du génie européen qui a fait si souvent regarder vers le Haut. Notre berceau européen, en grande partie grec et romain, sans oublier les racines celtes et nordiques, est rempli de cette verticalité sacrée. Les bénédictins y ont pris largement leur part des rives méditerranéennes aux cotes du Donegan, des collines des Asturies aux steppes du grand Nord, et des rives de la mer noire aux montagnes des Carpates, dans les traces de ceux qui avaient précédé leur foi tridentine en gardant cette relation si singulière du Sacré qui fait les racines profondes de notre civilisation.

C’est un peu, voire beaucoup, de ces racines profondes, de notre vieux continent, qui se rappelaient à nous hier, à la vue des flammes destructrices de ce joyau sacré.
Que dire à ceux qui ne vivent que dans le souci de l’immédiat et dans le superficiel amnésique ?

Que tous les incendies n’effaceront jamais le coudouiement des anciens rites et de la catholicité, bien présent ici, dans cette belle île de la Cité, en bord de Seine. Le cœur saigne, il ne peut véritablement cicatriser qu’à la lumière de notre force retrouvée. Le reste n’est que péripétie. Puisse ce monument tant aimé, frappé en son cœur de chêne et sauvé par ses murailles de pierres, redonner à ses fidèles dispersés le courage et la fierté des racines créatrices de leur identité si souvent oubliée.
Grüss Gott.

Guillaume d’Aram de Valada.

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