La Sainte Coiffe dans les rues de Cahors

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Sainte Coiffe
L’Occitanie abrite une relique attribuée à Jésus. La Sainte Coiffe est conservée depuis plusieurs siècles dans la cathédrale de Cahors. Un édifice qui fête cette année son 900e anniversaire.

Parmi les reliques de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ conservées aujourd’hui, la Couronne d’épines est celle sur le devant de l’actualité depuis l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, dans laquelle elle reposait. En Italie, le Saint-Suaire conservé à Turin, fait partie des reliques les plus connues et énigmatiques de l’histoire. Moins célèbre, la Sainte Coiffe repose à Cahors depuis plusieurs siècles et est mis à l’honneur cette année.

« Pierre, qui le suivait, vint aussi et entra dans le sépulcre, et vit les linges posés à terre, et le suaire qui couvrait sa tête, non point avec les linges, mais plié en un lieu à part. » Évangile selon saint Jean (20, 6-7).

Dans le rituel juif du premier siècle, il est coutume de resserrer la mâchoire du défunt afin de maintenir la bouche fermée grâce à un linge ou d’une mentonnière. Le corps était ensuite placé dans un linceul.

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S’il est considéré que le linceul de Turin entourait le corps du Christ, l’impression du visage fait penser à la présence d’une mentonnière qui entourait la tête de Jésus.

La Sainte-Coiffe, constituée de huit linges cousus l’un sur l’autre, très minces, de lin et d’un bouton à l’extrémité droite, serait de la même époque que celle du linceul selon Jean-François Champollion, l’égyptologue natif de Figeac, qui en 1844 e examina le tissu de la relique. L’existence de tâches de sang semblent même correspondre aux blessures du Christ (arcade sourcilière, couronnes d’épines, arrachement de la barbe). Cependant, aucune analyse scientifique poussée n’a permis de confirmer jusqu’à présent que la Sainte-Coiffe a bien été sur le corps de de Jésus. L’Église elle-même ne l’affirme pour aucune relique, elle autorise simplement la vénération et non l’adoration. 

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Selon la tradition, après la résurrection du Christ, les disciples auraient récupéré la Sainte-Coiffe, qui aurait demeuré à Jérusalem, puis à Constantinople, avant d’être ramenée en l’an 803 par Charlemagne à l’évêque de Cahors. D’autres sources prétendent qu’au XIIe siècle, ce serait l’évêque de Cahors lui-même, qui lors de son retour de voyage en terre sainte l’aurait rapportée avec lui. Une troisième version veut que la relique aurait été ramenée par un chevalier anonyme lors de la quatrième croisade et la prise de Constantinople, autour de l’an 1204. Ce n’est que depuis le XVe siècle qu’est mentionnée l’existence de la relique.

La relique, abritée dans un reliquaire, est conservée dans la chapelle Saint-Gausbert, exceptionnellement ouverte au public, dans la cathédrale Saint-Étienne de Cahors.

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Cette année, à l’occasion du 900e anniversaire de la cathédrale de Cahors qui se déroule du 5 mars au 8 décembre 2019, une grande procession en l’honneur de la Sainte-Coiffe sera organisée le 27 avril prochain dans les rues de la préfecture du Lot, au départ de l’église Saint-Barthélémy à 15 heures. La relique sera ensuite exposée à la vénération des fidèles tous les jours de 9 heures à 19 heures. Un parcours jubilatoire en sept étapes sera proposé à tous les fidèles qui le désirent, dans la cathédrale.

Alicia de Ligny.

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