Vincent Vauclin : « Nous voulons faire émerger une véritable force antisystème »

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Vincent Vauclin
Vincent Vauclin devant le drapeau de la Dissidence française © Dissidence Française
Parmi les listes aux moyens modestes qui se lancent dans la course au Parlement européen, Vincent Vauclin tente d’unir les nationalistes et patriotes pour faire entendre une voix anti-conformiste.
Âgé de 29 ans et président de la Dissidence française, Vincent Vauclin s’est déclaré candidat aux élections européennes à la tête de la liste « Reconquête ». Auteur de plusieurs essais, dont son dernier, Minuit, une synthèse doctrinale qui « vise à ouvrir des perspectives nouvelles à cette génération que l’on disait sacrifiée, condamnée », il fonde l’organisation nationaliste et identitaire Dissidence française en 2011, qu’il transforme en parti politique en octobre 2018. Dans le cadre de sa tournée pour les européennes, il donne une réunion publique à Toulouse, samedi 27 avril, à 17 heures. 
 
Infos-Toulouse : Vous souhaitez monter une liste aux élections européennes, quel est le but de cette candidature ? 
Vincent Vauclin : Notre candidature s’est imposée très logiquement, pour trois raisons. 
D’abord parce que la principale fonction d’un parti politique – même récent comme le nôtre – est de participer aux élections pour se faire entendre, imposer ses thématiques dans le débat public et mesurer son poids électoral. 
Ensuite parce que nous estimons n’être pas représentés par les listes déjà déclarées, qui oscillent entre démagogie et conformisme, et font l’impasse sur les grands enjeux du XXIe siècle au premier rang desquels se trouve évidemment celui du grand remplacement.
Enfin, parce que ce scrutin peut être un moyen de faire entendre très largement nos idées, d’occuper un espace politique laissé vacant par la dédiabolisation du Rassemblement National, et de préparer ainsi les prochains scrutins municipaux et régionaux. 
 
Vous comptez sur des appuis ? Quels soutiens avez-vous eu depuis votre annonce ? 
Nous avons construit notre liste en rassemblant des militants venus de tous les horizons. Notre ambition est d’en faire la liste de tous les nationalistes, de tous les patriotes, de tous les identitaires, bref de tous ces Français qui jusqu’ici se contentaient de voter pour le « moins pire » faute de mieux. Notre démarche suscite donc un enthousiasme certain et nous avons reçu de nombreux soutiens de toute la France, qui témoignent d’un ras-le-bol général et d’une volonté de faire émerger une véritable force antisystème qui ne passe pas son temps à se coucher devant le politiquement correct.
Avez-vous réussi à trouver les fonds nécessaires pour maintenir votre candidature ? Comment avez-vous pu les obtenir ? 
Le budget théorique nécessaire pour cette campagne des européennes avoisine le million d’euros. L’impression des affiches, des professions de foi et des bulletins de vote est en effet à la charge de la liste. Et clairement, nous ne disposons pas de cette somme. Nous ne bénéficions ni de subventions publiques, ni de ressources occultes, et il est peu probable que nous recevions demain les chèques de Soros, de BHL ou d’Attali. Nous allons donc mener une campagne différente, notamment sur Internet, et tâcherons de faire le maximum avec un minimum de moyens comme nous l’avons toujours fait. Nous appelons tous ceux qui nous soutiennent à joindre les actes aux paroles, et à contribuer au financement de cette campagne. Car dans la bataille électorale qui s’annonce, chaque euro compte.
 
Pour vous, qu’est-ce que doit être l’Europe ? 
L’Europe, nous la voulons libérée. Libérée de cette technocratie de Bruxelles qui ne répond de ses actes que devant les lobbies, et non devant les peuples. Libérée des tutelles étrangères et financières qui étranglent son économie et l’exposent à la concurrence déloyale. Libérée du multiculturalisme et de la folie migratoire qui bouleverse sa physionomie millénaire et met en péril la paix civile.
Lire aussi : Un autre Europe est-elle possible ? 
L’Europe que nous voulons ne nie pas les identités charnelles, elle les célèbre. Elle n’escamote pas les souverainetés nationales, elle les sanctuarise. Elle n’abdique pas sa volonté de puissance, elle l’exalte. En somme, l’Europe que nous voulons est celle qui reconquiert sa place dans l’espace et dans le temps, c’est l’Europe qui rompt avec l’esprit de repentance pour renouer avec ses racines profondes et sa vocation historique. Nous voulons construire l’Europe des peuples, qui n’oppose pas la région à la nation, ni la nation au continent, mais qui additionne au contraire toutes ces stratifications identitaires pour former un ensemble cohérent, une totalité historique et politique où priment les principes de subsidiarité, de concentricité et de souveraineté.
 
Pourquoi il est important que votre courant de pensée soit représenté dans ces élections ? 
Parce que nous sommes les seuls à oser défier le politiquement correct quand tous se renient et préfèrent leur élection à leurs convictions. Si nous ne présentons pas de liste, qui parlera du grand remplacement ? De la remigration ? Du localisme ? De la lobbycratie de Bruxelles ? Qui aura l’ambition de proposer une véritable politique de civilisation qui ne tombe pas dans les affres de la polémique politicienne et de la démagogie ? Personne. Et certainement pas le RN qui a capitulé sur tous les fronts, allant même jusqu’à renier son nom. Pour la première fois, nous avons l’opportunité de brusquer le conformisme ambiant pour proposer une alternative au mondialisme libéral. C’est une occasion historique, et nous ne la manquerons pas. 
Vous vous êtes fait connaître du grand public sur le plateau de Cyril Hanouna, comment s’est passée cette émission ?
J’ai été contacté par l’équipe de Balance Ton Post pour participer à un débat sur l’immigration en direct sur C8. J’ai accepté puisqu’il n’est pas dans mes habitudes de me dérober, et que l’on m’a assuré qu’il s’agirait d’un débat contradictoire où toutes les opinions pourraient se faire entendre. Il n’en fut rien, et ce débat a tourné à la foire d’empoigne entre quelques irréductibles gaulois qui n’ont pas cédé aux sirènes du cosmopolitisme, et des chroniqueurs, des parlementaires et des journalistes pour qui l’immigration ne représente absolument pas un problème. Très honnêtement, ces gens vivent dans une bulle. Ils ne se rendent pas compte de ce qui se joue en France. Contre les faits, ils nient la réalité du grand remplacement. Ils nient le lien entre immigration, délinquance et terrorisme. Ils nient la faillite de l’assimilation républicaine. Ils refusent de voir que si rien n’est fait, la France ne sera bientôt plus la France. Ces tenants de la tolérance tolèrent tout sauf les opinions contradictoires qui, si on en croit le sondage à la fin de l’émission, représentent tout de même les deux tiers des Français. 
 
Vous êtes à Toulouse, samedi 27 avril, pour une réunion publique, que va t-il se passer ? 
J’ai entamé le mois dernier une série de réunions publiques qui m’ont mené à Lyon, à Paris, à Metz, à Rouen, au Havre et à Nantes. Toulouse est la dernière étape de ce parcours, au cours duquel je rencontre des nationalistes et des patriotes français de toutes tendances, pour leur présenter la Liste de la Reconquête, expliquer la démarche de la Dissidence Française et débattre de l’actualité. 
Toulousains, c’est avec plaisir que nous vous accueillerons pour ce moment d’échanges et de convivialité !
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Un dernier mot ? 
Deux dates à retenir : 
Le 12 mai, nous organisons une grande manifestation à Paris en hommage à sainte Jeanne d’Arc. Cette manifestation unitaire est ouverte à tous, et sera un moment fort de cette campagne des européennes car c’est dans la mémoire des mythes, des gloires et des symboles passés que nous puisons l’espérance et la détermination pour mener les combats de demain.
Le 26 mai, date des élections européennes à l’occasion desquelles vous pourrez nous aider à faire entendre une autre voix, en votant pour la Liste de la Reconquête nationale, sociale et identitaire. 
 
Propos recueillis par Étienne Lafage. 

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