Vox : La victoire d’un libéral-conservatisme à l’espagnol

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Santiago Abascal pendant la Marche pour la vie 2014 à Madrid. © Wikipedia
Le parti Vox a réalisé une percée, dimanche dernier, en remportant 24 sièges au Parlement espagnol. Qualifié dans les médias français « d’extrême-droite », qu’en est-il vraiment de ce parti n’ayant que cinq ans d’existence ? 

Quelle est l’origine du parti Vox ?

Vox est né d’une scission, en novembre 2013, au sein du Parti populaire (PP), le représentant historique de la droite espagnole depuis la fin du franquisme. Formation de jeunes cadres politiques qui maîtrisent parfaitement les outils de communication moderne, Vox regroupe diverses tendances libéral-conservatrices et souverainistes déçus de la modération du PP sur des questions-clés comme l’immigration, l’Europe, l’avortement, le séparatisme catalan ou basque… Sa spécificité est de défendre les valeurs familiales, nationales et chrétiennes de l’Espagne avec un style nullement passéiste.

Vox est un phénomène nouveau qui apporte à la droite espagnol un grand coup de fouet. Le parti n’est pas une structure populiste ni même une résurgence d’un néo-franquisme nostalgique (les divers parti phalangistes ou nostalgiques ont rarement dépassé les 1% depuis les années 1980), c’est la radicalisation conservatrice d’une partie de la droite.

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Comme Ciudadanos, l’allience de libéraux née du refus de la poussée sécessionniste catalane, Vox est une nouveauté politique née d’un contexte très particulier. La crise économique des années 2000, la perte de souveraineté dans le cadre des institutions européennes, les tensions communautaires crée par l’immigration désormais massive et la remis en cause de l’unité de l’Espagne a créé un espace pour un discours musclé mais sans caricature.

C’est aussi une réaction au discours agressif d’une gauche sociétale incarnée par Podemos. Face au discours ultra libéral-libertaire de cette formation, Vox se pose en défenseur de l’Espagne traditionnelle. De la corrida au refus de l’avortement, le discours identitaire de Vox est basée sur la glorification d’une Espagne grande et forte dans une Europe des nations. Économiquement libéral, Vox réclame une politique économique de relance de la production par le marché. Favorable au nucléaire et à la réindustrialisation de l’Espagne, Vox n’est pas décroissant…

Quelle sont les recettes du succès électoral de cette formation ?

C’est avoir compris le rôle des réseaux sociaux comme moyen de ciblage de son électorat. Via Facebook, Instagram, WhatsApp et Youtube, les leaders de Vox ont axé leur discours sur les sujets les plus sensibles de l’électorat. Les clips de campagnes de Vox sont les plus vus de la toile durant toute la dernière campagne.

Les mobilisations de masse sur la forme de meetings géants est aussi une des recettes typiquement espagnole du succès de son image. Le but étant de marquer les esprits et d’affirmer le dynamisme de la nouvelle structure.

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L’Andalousie fût le terrain d’essai de cette stratégie. Région la plus pauvre d’Espagne et aux mains de la gauche depuis plusieurs décennies, l’effondrement du vieux PSOE laissait la place libre pour la droite. Dans une dynamique unitaire, Vox a pris pied dans cette région en s’allient avec le PP et Ciudadanos.

Comment cette formation pourrait encore progresser ?

Les succès de Vox l’amène paradoxalement dans une situation difficile. Comment gérer d’être une formation de rupture quand ont pourrait rentrer dans une coalition de gouvernement avec ceux que l’ont dénonçait comme trop mou la veille ? Pour répondre à cette question, les modèles de Vox sont à l’Est. C’est vers le groupe de Visegrad et surtout la Hongrie de Voktor Orban que le parti cherche son inspiration. L’affirmation d’un libéral-conservatisme spécifique à l’Espagne est la voie suivit pour l’instant. Cela n’est donc pas un hasard si le parti avait réuni ses soutiens place Margaret Thatcher le soir de sa victoire…

R. Sterling.

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