« Sébastien Deyzieu est le symbole tragique de la répression »

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Sébastien Deyzieu
L'hommage à Sébastien Deyzieu en 2018 avait vu plusieurs centaines de participants se réunir à Paris. © C9M
Tous les ans, des militants nationalistes rendent hommage à Sébastien Deyzieu, décédé après avoir tenté d’échapper à une charge policière musclée, à l’issue d’une manifestation à Paris, il y a 25 ans. 

Une mort mystérieuse. Sébastien Deyzieu, jeune militant d’une vingtaine d’année, participait à une manifestation contre l’impérialisme américain, le 7 mai 1994. Un rassemblement interdit à la dernière minute alors que les participants étaient déjà sur les lieux qui prend une tournure dramatique lorsque la police intervient de façon musclée. Pris de panique et poursuivi par des agents en civil, Sébastien Deyzieu se réfugie dans un immeuble et tente d’échapper à une répression démesurée. Il gagne un balcon situé dans les étages et bascule par-dessus la rambarde. Panique ? Bavure ? L’enquête ne déterminera pas avec exactitude l’attitude des policiers. 

Comme chaque année, le collectif du 9 mai organise une marche en sa mémoire. Des militants de toute la France sont attendus à Port Royal (Paris, XIIIe) à 19 heures. Nous avons interrogé le Bastion social, co-organisateur de l’événement. 

Infos-Toulouse : Pouvez-vous nous raconter l’histoire qui se déroula ce 7 mai 1994 ?
Bastion Social : Le 7 mai 1994, le Groupe Union Défense et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires appellent à manifester en plein Paris, place Denfert-Rochereau pour dénoncer l’impérialisme américain. Le préfet de police, Philippe Massoni, l’interdit au dernier moment. Interdiction qui est notifiée au responsable alors qu’une centaine de militants sont déjà rassemblés sur la place Denfert-Rochereau. Au total, on compte plus de 100 militants interpellés par les forces de « l’ordre ». Sébastien Deyzieu, pour échapper aux policiers en civil, tente de se réfugier dans un immeuble. Traqué par la police, Sébastien en essayant de leur échapper, fait une chute mortelle du quatrième ou cinquième étage. Tombé en essayant de fuir ou poussé ? 25 ans après, les circonstances exactes de sa mort restent scandaleusement troubles. Il n’en reste pas moins que c’est la violence des policiers du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, qui avaient reçu pour consigne de ne pas faire de quartier, qui sont responsables de la mort de ce jeune nationaliste de 22 ans.

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Pourquoi est-il important de lui rendre hommage 25 ans après ?
Il est indispensable de lui rendre hommage 25 ans après car Sébastien est le symbole tragique de la répression que subissent les nationalistes et patriotes depuis des dizaines d’années. Parce que comme l’a souligné le porte-parole de l’association Alvarium : « Qui pourrait sincèrement prétendre lutter contre le « grand remplacement » mais tolérer que Sébastien Deyzieu reçoive sur la terre de France moins d’hommages qu’un Adama Traoré enterré au Mali ? ».

Le C9M est aussi l’occasion pour les bonnes volontés de se retrouver une fois par an, de faire nombre et de chercher comment travailler en bonne intelligence, de manière à survivre à cette terrible machine et pouvoir espérer sérieusement la vaincre.

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Comment va se dérouler l’hommage ?
L’hommage se déroulera en deux temps. Premièrement un défilé avec bâches et slogans dénonçant la répression délirante qui touche actuellement, de diverses manières, tous ceux qui s’opposent à ce système, en premier lieu, les nationalistes. Il y aura ensuite une marche silencieuse, suivie de la mise en rangs devant l’immeuble où Sébastien est tombé, 4 rue des Chartreux. Puis comme chaque année, nous entonnerons le chant des Lansquenets.

« Le système est prêt à faire payer le prix le plus cher à ceux qui s’opposent à lui. »

La cérémonie pour Sébastien Deyzieu fait écho aux hommages italiens pour les victimes des années de plomb, sait-on encore rendre les honneurs à ceux tombés pour « la cause » ?
Il suffit de voir les photos de Acca Larenzia en Italie, de l’hommage à Giorgos Fountoulis et Manos Kapelonis en Grèce pour se rendre compte que les militants européens savent rendre les honneurs à nos martyrs. Pour nous, rendez-vous à 19 heures, Port Royal, à Paris. Ceux qui seront présents savent rendre hommage, ceux qui seront assis dans le canapé de leur salon, non. Choisis ton camp.

C’est une manifestation qui se veut transpartisane, une manière de dire que tout le monde peut-être un jour concerné ?
Exactement. Je pense que les visages des Français, hommes ou femmes, de tous âges, de toutes catégories sociales, défigurés par des tirs de flashballs ou des coups de matraques, embarqués comme des criminels, lors des manifestations, que ce soit des Gilets jaunes, des Bonnets rouges, ou de la Manif pour tous, sont la meilleure réponse à cette question. Le système est prêt à faire payer le prix le plus cher à ceux qui s’opposent à lui.

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La répression de ce jour de mai 1994, n’est-il pas le prémisse d’une politique répressive accrue qui se montre aux yeux de tous aujourd’hui avec les Gilets jaunes ?
Le système intensifie la répression en fonction de la force de ses opposants. Les Gilets jaunes, soutenus – avant le lynchage médiatique et la récupération d’une partie du mouvement par l’extrême gauche – par une écrasante majorité de Français représentaient un trop grand danger pour le système. Il a donc, en effet, appliqué aux Gilets jaunes la même répression que celle que subissent les nationalistes depuis des dizaines d’années et dont Sébastien Deyzieu est le triste symbole.

Propos recueillis par Étienne Lafage. 

Découvrez la chanson de Vae Victis en hommage à Sébastien Deyzieu

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