Nous avons lu : « La fête est finie », d’Olivier Maulin

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Olivier Maulin
La fête est finie, Olivier Maulin, éditions Denoël
Olivier Maulin s’illustre à nouveau à travers ce roman à la fois loufoque, touchant et grinçant. Cette histoire rocambolesque nous conduit des bîtumes de l’Ile-de-France jusqu’aux sombres forêts des Vosges alsaciennes.

Le récit d’Olivier Maulin nous fait suivre le parcours de deux vigiles improvisés embarqués malgré-eux dans des pérégrinations dont ils ne sauraient soupçonner la fin. Suite au braquage d’un camping-car dont-ils avaient la garde, les deux compères un peu branques décident de ne pas rentrer et de s’enterrer dans un camping alsacien, le temps que l’affaire se tasse. Finalement les choses ne se calmeront guère pour les deux protagonistes. En effet, le sort leur fera rencontrer des acteurs locaux opposés à l’installation d’un site de retraitement des déchets. Sans compter la venue d’un Grand d’Espagne (nain) chevauchant un poney… Le tout finit en une sorte de ZAD armée s’apparentant à un immense cirque.

Un écho aux Gilets jaunes

Ce roman, bien que centré sur la terre d’Alsace, est en fait une photographie de la ruralité française de ce début de XXIe siècle. Une ruralité déjà muséifié, mité par les ronds-points et les zones d’activités. Deux camps profondément antagonistes sont mis en lumières, d’une part celui du progrès, et de l’autre celui de l’enracinement. L’auteur prend clairement parti pour le second. À certains égards, ce livre brillant d’Olivier Maulin fait écho à la révolte des Gilets jaunes, ou en tout cas à ses débuts.

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Une profonde nostalgie jaillit de ce texte, mais il s’agit d’une nostalgie heureuse. Une nostalgie qui invite à une prise de conscience et aussi à l’action. Pourtant, malgré cette dimension nostalgique, à aucun moment le texte ne se prend au sérieux. L’écriture d’Olivier Maulin, facile d’accès, drôle, sachant donner vie à des personnages attachant saura ravir même un lecteur épisodique.

Une fois le livre terminé, vous n’aurez qu’une seule envie : vous trouver un petit coin au vert.

La fête est finie, Olivier Maulin, éditions Denoël, juin 2016, 240 pages, 18,90 euros. 

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