L’histoire de l’abbaye Sainte-Marie du Désert

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abbaye Sainte-Marie du Désert
Gravure du XIXe siècle de l’abbaye Sainte-Marie du Désert, dans la région toulousaine. © Divine Box
Aujourd’hui, on continue notre petite visite des abbayes de la région, débutée il y a quelques semaines. Après avoir vu l’abbaye de Tournay, cap sur l’abbaye Sainte-Marie du Désert, située près de Toulouse. Divine Box vous raconte tout : son histoire, ses évolutions et bien sûr et sa situation actuelle !

Les origines de Sainte-Marie du Désert 

Selon la tradition orale et locale bien ancrée, tout commence au XIe siècle dans la région toulousaine, au temps des premières croisades. 

En 1099, au cœur des vallons gascons, la jeune Marie Desclassan choisit de se retirer suite à la mort de son père. Celui-ci était parti pour la croisade en Terre sainte. La jeune noble décide alors de vouer sa vie à Dieu dans la solitude et la prière.

Le lieu qu’elle choisit est appelé le Herm par les habitants du coin. Il est en effet désert et impropre à la culture. Et en latin, « eremus » signifie justement « lieu désert » ! Tout au long de sa vie, Marie semble avoir marqué la population locale par sa piété et son dévouement à Dieu. Si bien qu’à sa mort le 8 septembre 1117, la foule se presse autour de son tombeau. Il semble que dès cette époque, une chapelle dédiée à sa sainte patronne, sainte Marie, soit construite sur ce lieu pour honorer sa mémoire.

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Les années passent, et le souvenir de l’ermite s’estompe peu à peu, pour laisser uniquement place à celui de la sainte Vierge. Le lieu devient ainsi uniquement un lieu de pèlerinage marial. Chaque 8 septembre, le peuple s’y réunit pour fêter la Nativité de la Vierge. Le lieu prend le nom de « Sainte-Marie-de-l’Herm. »

Ce n’est qu’au XIIIe siècle que l’existence d’une chapelle, construite sur les lieux, est mentionnée avec certitude. En effet, en l’an 1200, il est attesté que le Seigneur du pays, Jourdain de l’Isle, fit un legs à cette chapelle. On a également retrouvé la pierre tombale d’un de ses chapelains, mort en 1262. Par la suite, la chapelle conservera sa vocation de lieu marial, en tant qu’annexe de la paroisse de Bellegarde. Elle sera finalement détruite à la Révolution française, par un procès-verbal daté du 16 Juin 1796.

La renaissance du lieu

Plusieurs années après la Révolution, les habitants du vallon sont attristés par la disparition de leur chapelle pluriséculaire. C’est pourquoi l’abbé Lasserre, curé d’un village voisin, lance en avril 1819 une invitation : tous les hommes et les femmes de bonne volonté peuvent aider et donner ce qu’ils peuvent pour commencer la reconstruction de la chapelle. Grâce à cette solidarité, une nouvelle chapelle est érigée sous le vocable de « Sainte-Marie-du-Désert », traduction française de l’ancien patois Sainte-Marie-de-l’Herm.

C’est en septembre 1849 que le lieu va connaître une toute nouvelle vocation. L’un des prêtres d’une ville voisine, invité pour venir prêcher dans cette chapelle, est séduit par la beauté et la solitude de la chapelle. Il envisage alors de permettre à une communauté contemplative de s’installer et d’y établir un monastère.

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Ce rêve devient réalité quand une paroissienne met à disposition sa métairie, située à côté de la chapelle, ainsi que toutes les terres qui l’environnent.

Avec le soutien des prêtres voisins, le Père Avignon sollicita et obtint l’accord de son archevêque, le cardinal d’Astros. La communauté trappiste de l’abbaye Notre-Dame d’Aiguebelle propose alors d’envoyer des moines pour y fonder l’abbaye du Désert.

abbaye sainte-marie du désert
Ci-dessus, l’église abbatiale de l’abbaye du Désert, vue depuis les routes avoisinantes. © Divine Box

C’est donc le 21 décembre 1852 que le Père Bernard Raymond arrive à la tête d’un petit groupe de moines (un moine de chœur et quatre frères convers) pour fonder l’abbaye du Désert. En 1853, trois frères supplémentaires viennent renforcer la petite communauté, et le 13 juillet 1853, le père Abbé d’Aiguebelle procède à la bénédiction solennelle de la nouvelle abbaye.

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En arrivant, les frères trappistes choisissent le même vocable que la chapelle existante : « Sainte-Marie du Désert ». Ils se conforment ainsi également à l’usage cistercien du XIIe siècle, selon lequel tout nouveau monastère doit être placé sous la protection de la Vierge Marie. Avec ce nom, les moines se donnent également comme mission implicite de faire revivre l’antique pèlerinage marial, alors tombé en déshérence.

Ci-dessus, un moine de l’abbaye du Désert met en sachet des bonbons au miel © Divine Box

L’artisanat de l’abbaye du Désert

Autrefois plus d’une cinquantaine de frères, la communauté de l’abbaye du Désert regroupe aujourd’hui 10 moines trappistes. Les moines, un peu vieillissants, continuent néanmoins de respecter une des règles fondamentales de la règle de saint Benoît, fondateur de l’Ordre : la prière et le travail quotidiens. Depuis leur installation en 1853, les frères s’étaient spécialisés dans l’apiculture. Ils récoltaient ainsi leur miel dans plus d’une centaine de ruches, disposées autour du monastère. Grâce à la variété des pollen, ils produisaient  ainsi une multitude de miels artisanaux.

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Mais depuis quelques années, à cause de la baisse du nombre de vocations et de la disparition des abeilles, les frères ne possèdent plus leurs propres ruches.  Soucieux de maintenir leur tradition apicultrice, ils se fournissent auprès d’apiculteurs locaux, et continuent néanmoins de transformer et de conditionner eux-mêmes leur miel : miel de citronnier, miel d’oranger, miel d’acacia etc… Ils se sont aussi lancés depuis quelques années dans la fabrications de bonbons à base d’ingrédients naturels. La variété ne manque pas dans l’artisanat monastique !

L’église-abbatiale laisse entre la lumière mais les vitraux donnent un ton différent aux voutes selon l’heure la journée, un spectacle visuel ! © Divine Box

Et pour goûter les miels de l’abbaye du Désert ? 

Tout d’abord, si vous souhaitez passer rendre visite aux moines, n’oubliez pas d’aller admirer les beaux vitraux de l’église. Ils ont été étudiés pour inonder l’intérieur de l’église abbatiale de couleurs qui changent en fonction de l’heure du jour ! Tons bleus, puis orangés puis rouges… À ne pas manquer !

Pour aller papoter avec les moines, il faut se rendre à : Abbaye Sainte-Marie du Désert D58, 31530 Bellegarde-Sainte-Marie ! Et si cela fait un peu loin pour vous, pas de panique, il reste la boutique monastique en ligne de Divine Box !

Divine Box. 

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