Les écologistes veulent censurer des affiches taurines

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L'affiche en question éditée par l'Union des villes taurines de France.
Les écologistes toulousains se sont indignés de la présence d’affiches de l’Union des villes taurines de France sur les panneaux publicitaires. Une occasion de rappeler que même si la période où Toulouse accueillait des corridas fut bien courte, la ville se trouve bien dans une région aux traditions taurines. Appel à la censure ou protection animale ? 

Depuis quelques jours, des affiches éditées par l’Union des villes taurines française (UVTF) se multiplient sur des panneaux publicitaires de Toulouse. Un visuel mettant en avant un vaillant taureau avec l’inscription : « Taureau notre culture ». 

Les écologistes de Toulouse ont publié un communiqué « désapprouvant la campagne de communication lancée par l’UVTF ». Pour ces élus, « cette campagne vise à faire croire que la tradition des corridas est indissociable de l’identité culturelle de notre région et que l’image de notre ville doit être associée aux corridas »

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Europe-Écologie Les Vert fait remarqué que Toulouse « a tourné le dos aux corridas il y a 43 ans ». En effet, les spectacle de tauromachie n’ont eu lieu dans la ville qu’entre 1953 et 1946 dans les Arènes du soleil d’Or. 

La tradition taurine : « Entre Pyrénées et Garonne, entre le pays d’Arles et le Pays Basque »

Le 3 avril 2000, alors que des opposants tentaient d’interdire la dernière corrida de Haute-Garonne, la Cour d’appel de Toulouse a émis un verdict rappelant que le pays toulousain se trouvait bien au cœur d’un territoire aux traditions taurines. 

Cour d’appel de Toulouse, 1ère ch., 3 avril 2000 Rieumes
« Attendu qu’il ne saurait être contesté que dans le midi de la France, entre le pays d’Arles et le Pays basque, entre garrigue et Méditerranée, entre Pyrénées et Garonne, en Provence, Languedoc, Catalogne, Gascogne, Landes et Pays basque existe une forte tradition taurine qui se manifeste par l’organisation de spectacles complets de corridas, de manière régulière dans les grandes places bénéficiant de structures adaptées permanentes, et de manière plus épisodique dans les petites places à l’occasion notamment de fêtes locales ou votives ; Attendu que la seule absence ou la disparition d’arènes en dur qui peut résulter de circonstances diverses ne peut donc être considérée comme la preuve évidente de la disparition d’une tradition qui se manifeste aussi par la vie de clubs taurins locaux, l’organisation de manifestations artistiques et culturelles autour de la corrida et le déplacement organisé ou non des « aficionados » locaux vers les places actives voisines ou plus éloignées; Attendu que le maintien de la tradition doit s’apprécier dans le cadre d’un ensemble démographique ; »

La ville de Toulouse n’est pas membre de l’Union des villes taurines de France, contrairement à la ville de Carcassonne par exemple. La plupart des communes membres se trouvent dans le Languedoc ou dans la Gascogne jusqu’au Pays Basque, l’ex-région Midi-Pyrénées semble plutôt épargnée. 

Qu’est-ce que l’Union des villes taurines de France ? 

Sur les affiches de l’UVTF, pas d’image de corrida, ni même de slogan pour valoriser la pratique. Seul le taureau semble être à l’honneur. L’association a d’ailleurs été créée en 1966 par les maires de quelques villes taurines françaises dans le but de « réglementer le déroulement des corridas dans leurs arènes, afin d’y garantir l’éthique du combat et de veiller au respect du taureau ». Sur son site internet, l’UVTF met en avant le guide éthique et pratique éco-responsables de l’élevage de taureau afin d’assurer un traitement digne de l’animal, qu’il soit voué au combat ou au jeu. 

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Mais pour Hélène Cabanes, porte-parole d’EELV Toulouse, « Il est urgent que l’UVTF retire au plus vite ces affiches qui nuisent à l’image de notre ville et introduisent le doute sur la relation que la Ville de Toulouse entretient avec la tauromachie »

Sous une image de bienveillance, c’est un appel à la censure. De quoi exporter le débat sur la tauromachie jusque dans les rues de Toulouse. 

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