Quentin Lamotte veut mettre fin à la « ville-monde »

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Quentin Lamotte
De gauche à droite : Julien Leonardelli (secrétaire départemental RN, candidat à Fronton), Quentin Lamotte (candidat RN à Toulouse) et Maithé Carsalade (conseillère régionale RN, co-listière de Quentin Lamotte). © Infos-Toulouse
Les élections municipales sont dans moins d’un an. Les candidats commencent à se placer sur la ligne de départ. Le premier d’entre-eux, Quentin Lamotte (Rassemblement national) vient d’annoncer sa candidature. 

Âgé de 31 ans, Toulousain depuis une dizaine d’année et courtier en assurance à son compte, Quentin Lamotte est le premier candidat à annoncer officiellement sa candidature pour les élections municipales de 2020. Soutenu par le Rassemblement national, les premiers sondages donnent le candidat patriote autour de 9%, à un point de la qualification au second tour. 

Son objectif : réinvestir le Capitole et siéger au sein du conseil municipal, dépourvu d’élus frontistes depuis 2001. Et pour cela, Quentin Lamotte entend bien proposer un projet alternatif à l’offre qui se présente déjà aux électeurs toulousains. 

Quentin Lamotte, la « seule liste de droite » 

Le jeune candidat joue la carte du rassemblement avec une volonté de constituer « une liste d’ouverture », qui sera dévoilée en partie dès la rentrée. « Nous serons la seule liste de droite si Jean-Luc Moudenc est soutenu par la République en marche », assure Quentin Lamotte. C’est bien là sa stratégie. Récupérer les électeurs de Jean-Luc Moudenc qui refusent une alliance avec le parti d’Emmanuel Macron et s’adresser « à l’ensemble des patriotes de droite et de gauche »

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Pour quadriller la ville, les équipes de Quentin Lamotte se sont multipliées quartier par quartier, avec la nomination de référents chargés de relever les problématiques des quartiers et d’animer le réseau militant. Ils auront un rôle important pour constituer le programme. 

Avec 8,15% en 2014, le Front national n’avait pas réussi à atteindre le second tour. Mais 2020 sera différent si l’on écoute les responsables toulousains. « On arrivait de quatorze ans de non-présence à Toulouse. Depuis nous avons travaillé et c’est un nouveau défi qui s’offre à nous », assure Quentin Lamotte rassuré de voir les dernières élections conforter une dynamique pour le Rassemblement national dans la ville. « Dans toutes les élections depuis 2014, nous avons franchi le seuil de voix nécessaire pour être au second tour et avoir des élus ». Un réservoir moyen entre 15 000 et 20 000 voix. Le palier pour accéder au second tour est estimé à 13 000 voix, pour une participation à 52%. 

« Il y a une résignation de la majorité »

Le thème de la sécurité sera un enjeu important de la campagne. Et malgré les efforts de Jean-Luc Moudenc sur ce domaine, Quentin Lamotte souligne les chiffres en hausse. « +40% de viols, le trafic de drogue a été multiplié par quatre, +10% de vols et de cambriolage et +24% d’agressions ». D’après lui, la majorité « n’a pas la volonté de faire plus ». S’il était élu maire de la ville, le jeune candidat posterait « quasi systématiquement » des policiers municipaux dans les lieux les plus sensibles, notamment place Arnaud Bernard. « Il faut harceler les trafiquants », notamment en multipliant les contrôles d’identité et souhaite également créer une brigade canine municipale. 

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Le candidat RN souhaite également « apaiser la ville » et mettre fin aux camps de roms et de migrants, citant l’exemple du camp de Malepère, où pendant un an, de nombreux roms ont poussé à bout leurs voisins. 

« Freiner la croissance démographique »

Pour Quentin Lamotte, la voix dans laquelle s’engage Toulouse depuis des années n’est pas la bonne. « Le modèle de faire des villes-monde, on va en revenir », mise le candidat. Il souligne le conflit à venir entre deux tendances : « l’écologie, vivre sainement et agglomérer à la ville de Toulouse ». Preuve en est, le quartier de Paléficat, dernière zone rurale de la ville de Toulouse, située au nord de Borderouge, devrait accueillir des immeubles d’habitation. « Avec le projet Toulouse 2030, il y a une densification massive ». 7 000 nouveaux logements par an sont à dénombrer dans métropole toulousaine. « On construit des building, une architecture non-toulousaine. Il y a une perte de l’identité urbaine, déplore Quentin Lamotte. Toulouse est une ville basse, dont l’architecture dépend énormément des briquettes »

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Quentin Lamotte observe également « une ville saturée, une rocade saturée ». Pour y remédier, le candidat soutien l’association Rallumons l’étoile, qui milite pour la création d’un RER toulousain pour désengorger la ville. Le Rassemblement national n’est également pas opposé à une troisième ligne de métro et souhaite faire « coexister les moyens de transport » tout en évitant de supprimer les places de stationnement. 

Pour désengorger la métropole, Quentin Lamotte mise sur la répartition des activités dans les villes moyennes. « Il y a une concentration à Toulouse et à Montpellier des activités, aux dépends des villes plus modestes », dénonce le conseiller régional. 

Ailleurs dans le département, Julien Leonardelli sera le candidat Rassemblement national et entend bien « conquérir » la mairie de Fronton. D’autres communes sont visées par les troupes du RN31 : Auterive, Muret, Saint-Gaudens, Tournefeuille… Mais selon nos informations, le nombre de listes dans le département pourrait être limité. 

Étienne Lafage. 

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