Loi bioéthique : pourquoi dire non à l’extension de la PMA et à la GPA

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La liste des associations qui ont signé l'appel de "Marchons Enfants".

Une vingtaine d’association, dont la Manif pour Tous, appellent à une grande manifestation nationale, dimanche 6 octobre à Paris contre le projet de loi bioéthique. Mais pourquoi refusent-ils l’extension de la PMA à toutes les femmes et à la GPA ?

Le nom du grand débat bioéthique de 2018 n’était pas anodin. « Quel monde voulons-nous pour demain ? ». Les ateliers régionaux dont la réflexion était plus technique, traitaient en Midi-Pyrénées, de la médecine prédictive, de la génomique et des données de santé informatisées. D’autres régions ont décortiquées la PMA, la GPA, le statut de l’embryon, les manipulations génétiques, etc.

Les participants se sont bien rendu compte que les progrès de la science vont très vite et que nous ne pouvons pas freiner le progrès, à l’ère de la recherche mondialisée quelquefois peu ou mal encadrée. La convergence des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) fait rêver avec l’apparition des robots. L’Europe a voté l’an dernier leur « responsabilité juridique ». Ces robots qui maintenant apprennent à apprendre (deap learning), vont envahir notre vie et se substitueront peu à peu aux humains pour un certain nombre de tâches (cf : la logistique d’Amazon, les véhicules sans chauffeurs etc..).

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Nous devons donc nous interroger sur la place de l’humain dans une société qui veut « tuer la mort Laurent Alexandre ». Deux visions antagonistes s’affrontent et il n’y a pas eu de consensus au Grand débat sur la bioéthique. L’une, version humaniste de l’homme et de ses droits, issue des positions philosophiques classiques, dans lesquelles on ne touche pas à l’homme de sa fécondation à la mort. L’autre vision repose sur le seul consentement de l’individu avec la primauté de ses droits et une vision libérale et subjectiviste du droit. À ces notions des droits individuels (droit à l’avortement, droit sur l’embryon, droit à l’insémination, droit à l’enfant sain voire parfait, droit à ne pas naître handicapé, refus de la souffrance, droit à mourir à sa convenance etc…) s’ajoute une notion de la vision du corps humain qui se modifie. Le corps intouchable et presque sacré, se réduit de plus en plus à l’utile, et devient pour l’homme un réservoir de matériaux exploitables.

Le désir individuel prime sur l’intérêt collectif

Outre le sang et les organes, maintenant les gamètes qui permettent la reproduction et qu’importe s’il faut remettre en question la notion juridique « d’indisponibilité du corps humain », c’est-à-dire l’interdiction de vendre tout ou partie de son corps. Sylviane Agacinsky, dans Le corps en miettes (éditions Flammarion), décrit bien le phénomène. Il n’est donc pas surprenant que l’on soit confronté à l’exigence de la procréation pour toutes les femmes pour convenances personnelles et de considérer qu’une femme vende son travail ou son ventre c’est du même ordre. La question du devenir de l’enfant et du respect de ses besoins pour grandir et s’épanouir du mieux possible ne se pose pas et qu’importe le fait statistique que les mamans seules soient dans un grand dénuement, le désir individuel prime sur l’intérêt collectif.

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Dès 2013, La Manif Pour Tous avait attiré l’attention sur ces problèmes anthropologiques et juridiques autant qu’humains, les médias ont préféré se focaliser sur les seuls homosexuels en désir d’enfants. Si la sexualité n’a jamais été notre sujet, nous nous opposons comme les autres associations à la fabrication d’enfants sur commande, dont les caractéristiques génétiques sont choisies sur catalogue. L’enfant n’est pas un produit comme un autre.

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