Biarritz à l’heure du G7

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Le calme avant la tempête sur la plage de Biarritz. © Infos-Toulouse

Pour le coup le choix de la station balnéaire de la Côte Basque comme lieu du G7 ne passe pas auprès de la population. En pleine saison estivale, l’événement ne pouvait pas plus mal tomber dans une saison où le niveau de fréquentation touristique était déjà faible.

Malgré un soleil magnifique, les plages de Biarritz se vident depuis le 15 août. Les annonces d’un dispositif de sécurité impressionnant et des restrictions de circulations sur l’ensemble du Pays basque ont fait fuir la plupart des vacanciers. Dans les allées des Halles du marché de la ville, les commerçants ne cachent pas leur opposition à cet événement qui transforme la ville en Bunker.

Un bunker avec vue sur l’océan

La ville sera une véritable forteresse coupée du monde durant le week-end, les accès en seront contrôlés par des points de passages et le centre-ville quadrillé par les forces de l’ordre. Une « zone de sécurité renforcée » autour du Casino et de l’Hôtel du Palais, lieu des séances et d’hébergement des délégations, sera interdite à toute circulation et le port d’un badge spécifique sera demandé à tous les habitants de plus de 13 ans. Les fenêtres donnant sur cette zone rouge lors des déplacements pourront être fermés à la demande.

Une zone de protection recouvre l’ensemble du reste du centre-ville. Terrasses et mobiliers urbains étant retirés et de nombreux magasins ferment leurs portes pour le week-end. Certaines rues seront même fermées pour permettre le shopping dans les boutiques de luxe des délégués et de leurs épouses. Une escapade au charmant village d’Espelette, connu pour son piment typique, est prévu avec pour conséquence le bouclage de l’accès et le cloisonnement des habitants le temps de la visite.

L’ensemble du Pays Basque est sous haute surveillance des services de sécurité. On remarque aussi la présence peu discrète de services étrangers de protection. La frontière avec l’Espagne et les péages sont déjà des lieux de filtrage. Des sections d’autoroutes, l’aéroport et les gares fermeront durant le sommet. Quand ont connait un peu la circulation massive sur les axes routiers du Pays Basque durant l’été, on imagine les bouchons qui se préparent déjà.

« Assiégeons Biarritz »

Près de 13.200 policiers et gendarmes seront présent pour garantir ce dispositif. Une surveillance maritime et aérienne sera assurée par l’armée française. Emmanuel Macron a fait de ce sommet une vitrine de sa politique étrangère. Il ne veut que rien ne vienne gâcher la fête luxueuse qui souhaite offrir à ces hôtes.

Le Ministre de l’Intérieur est pour le coup sur la sellette. Christophe Castaner doit garantir la sécurité et l’image de la présidence au moment où il accumule les bévues (répression des Gilets jaunes, affaire Steve à Nantes, dérapages médiatiques). Il n’a pas le droit à l’erreur.

La menace terroriste reste forte, mais c’est surtout les débordements lors des manifestations anti-G7. Regroupés en contre-sommet dans le petite village d’Urrugne, les divers structures de gauches et associatives doivent converger vers Hendaye pour une manifestation géante samedi et bloquer Biarritz le Dimanche. Les plus radicaux des gauchistes, zadistes et autres autonomes vont tenter d’agir au sein d’un Black Block international. Les appels à faire du sommet un chaos se propagent sur le net.

Pour accueillir cette faune, le centre de rétention administrative d’Hendaye à été vidé de ses migrants habituels et son parking transformé avec des Algeco en prison provisoire. Pendant ce temps, les barrières de protections s’installent et les hélicos de la gendarmerie tourne sur Biarritz qui attend d’être le centre du monde.

François Fourment

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