Jean Mermoz, du mécanicien à « l’archange » de l’aviation

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Jean Mermoz
C’est un 9 décembre qu’est né celui qui deviendra l’un des plus célèbre aviateur de l’histoire. Retour sur l’histoire de Jean Mermoz. 

« Il faut encore chercher Mermoz… » supplie encore l’aviateur Antoine de Saint-Exupéry dans les colonnes de L’Intransigeant , le 13 décembre 1936. Six longues journées se sont alors déroulées depuis le 7 décembre, celle de la disparition de son ami, Jean Mermoz.

Né en 1901, le jeune Jean Mermoz s’engage à 19 ans dans l’aviation. Démobilisé en mars 1924, il cherchera sans succès une place dans les différentes compagnies d’aviation ou de constructeurs. C’est à Toulouse que lui sera offerte l’opportunité de reprendre du service : Latécoère lançait alors l’extraordinaire aventure de sa ligne. Entouré des meilleurs pilotes de la dernière guerre, quels que fût leur camp, et secondé par Didier Daurat, raide comme la justice et chargé de l’exploitation de la « Ligne », Latécoère attire Mermoz, 23 ans, contraint de vivre de soupes populaires. Malheureusement, sa candidature ne fut pas retenue, Daurat le jugeant plus acrobate que pilote. Néanmoins, il obtient un poste de simple mécanicien.

De Barcelone à Dakar

Très rapidement, Jean Mermoz est affecté à la ligne Toulouse-Barcelone et cette ligne s’étire de plus en plus : d’un saut de puce à Barcelone, elle se mue en long périple, atteignant, après Alicante, le Maroc où Latécoère avait livré le journal de la vieille à l’emblématique Lyautey, premier résident général du protectorat au Maroc. Puis cette ligne s’étend jusqu’à Dakar en passant par Cap-Juby, Villa Cisneros, Port Etienne et Saint-Louis du Sénégal.

aero

En 1928, Jean Mermoz est affecté en Amérique du Sud, où en 1929, son avion reste bloqué dans les Andes. Trois jours par 15 degrés au dessous de zéro, son mécanicien et lui vont réparer l’appareil, qui décollera par miracle, lancé dans le vide d’une crevasse pour prendre la vitesse nécessaire.

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Le 12 mai 1930, il effectue la toute première liaison postale transocéanique, au-dessus de l‘Atlantique Sud. Air France naît le 30 août 1933: on nomme en 1935 Jean Mermoz  Inspecteur Général. Il avait été fait commandeur de la Légion d’Honneur en 1934 et, l’été 1935, s’était lancé dans des liaisons rapides entre la France et l’Afrique du Nord.

En 1935 Jean Mermoz, celui qui disait « Je ne voudrais jamais descendre », est donc devenu une figure emblématique de l’aviation, un homme soucieux de son équipage, un ami proche d’Antoine de Saint-Exupéry et de Jean Macaigne – le trio de l’Aéropostale – et un fils aimant qui, même au faîte de sa gloire, ne manque jamais de rendre visite à sa mère et ses grands-parents dans les Ardennes.

Que s’est-il passé le 7 décembre 1936 à bord de la Croix du Sud ?

L’hydravion doit rejoindre Natal, au Brésil. Jean Mermoz est allé réveiller Alexandre Pichodou, second pilote, il désirait un homme d’expérience, la Croix du Sud ayant nécessité une réparation quelques heures auparavant. Le reste de l’équipage compte uniquement des « anciens » chevronnés : Henri Ezan, le navigateur, Jean Lavidalie, le chaf mécanicien et Edgar Cruveilher, le radiotélégraphiste, qui transmet régulièrement le message TVB, « tout va bien ». A 10h47, l’ultime message : « Coupons moteur arrière droit… »

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La Croix du Sud et son équipage ne seront jamais retrouvés. Le 30 décembre 1936, des funérailles nationales sont célébrées aux Invalides en l’honneur de « l’Archange » et de ses coéquipiers.

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« Archange glorieux, neurasthénique profond, mystique résigné, païen éblouissant, amoureux de la vie, incliné vers la mort, enfant et sage, tout cela était vrai chez Mermoz, mais tout cela était faux si l’on isolait chacun de ces éléments. Car ils étaient fondus dans une extraordinaire unité. » Joseph Kessel, Mermoz, 1938.

Sept ans plus tard, Antoine de Saint-Exupéry sera abattu en mission de reconnaissance, et Jean Macaigne, après 23,000 heures de vol, s’éteindra en 1995, fermant définitivement le livre des trois amis de l’Aéropostale.

Alexia de Bermont.

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