Éduquer au Beau : Pourquoi ? Comment ?

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La beauté, réalité objective ou subjective ?

Nos contemporains ne considèrent plus la vérité comme universelle. Chacun affirme sa liberté de croire en sa vérité. Nous croyons que ce comportement est absurde, car si chacun poursuit sa vérité alors il n’y a plus de vérité à proprement parler. La société relativiste a tué le concept de vérité. Désormais, il n’y a plus de frontière entre le vrai et le faux. Il n’y a plus de séparation non plus entre le bien et le mal. Chacun se dit libre de considérer si une action relève de la bonté ou de la méchanceté. Qu’en est-il du Beau ? Le Beau obéit-il à certaines règles ? La beauté dépend-elle du jugement de chacun ou bien est-elle une notion universelle ? 

Dans Métaphysique, Aristote nous dit que la beauté relève de l’ordre, de la symétrie et de la précision. Saint Thomas d’Aquin aborde la question de la beauté en énonçant trois conditions pour qu’une chose soit belle1 : « D’abord l’intégrité ou perfection : les choses tronquées sont laides par là même. Puis les proportions voulues ou harmonies. Enfin l’éclat : des choses qui ont de brillantes couleurs, on dit volontiers qu’elles sont belles. » Le beau obéit bien à des règles qui tracent la frontière entre le beau et le laid.

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Aussi, Jean Ousset nous éclaire sur l’universalité du beau. Dans À la découverte du beau, il développe l’idée que le beau ne tient pas à l’opinion de chacun, car cela reviendrait à dire que le beau n’existe pas. Le raisonnement est le même pour ce qui concerne les notions de vérité et de bien

Cette réflexion met en relief un problème propre à la société moderne. En évacuant Dieu de leur vie quotidienne, nos contemporains ne savent plus différencier le bien du mal, le vrai du faux, le beau du laid. Plutôt que de reconnaître leur incapacité à réaliser cette distinction, ils préfèrent nier l’existence du vrai, du bien et du beau. Cependant, leur négation ne veut pas dire que le vrai, le bien et le beau n’existent plus. Le refus de la notion du beau altère leur capacité de contemplation. Ainsi, comme c’est le cas pour la transmission, l’éducation au beau est devenue aussi une urgence.

La nécessité d’éduquer au Beau

Le culte de la laideur a remplacé le culte de la beauté. Les gens préfèrent le laid au beau, car ils ne savent plus apprécier le beau. Or la contemplation du beau s’apprend, comme l’écrit l’abbé Vallet dans L’idée du beau dans la philosophie de Saint Thomas d’Aquin : « Le beau est senti dans la mesure où il est connu et apprécié ; et il est connu et apprécié dans la mesure où sont développées les deux grandes facultés esthétiques, c’est-à-dire l’imagination et la raison. »

L’éducation au beau est nécessaire, car celui-ci fait appel au cœur et à la raison. L’abbé Vallet poursuit : « Il est vrai que le beau, comme le bien, éveille en notre âme un sentiment vif et profond, auquel nous ne savons pas résister. Mais le sentiment vient de la connaissance et de la connaissance intellectuelle : avant de frapper à la porte du cœur, le beau était entré par la porte de l’esprit. »

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On ne boit pas du vin comme on boit de l’eau. On apprend à le déguster. Petit à petit, notre palais s’affine et il devient possible d’apprécier des vins que nous aurions juré de ne jamais boire quelques mois auparavant. Pour la beauté, le processus est semblable. Contempler un tableau comme apprécier un morceau de musique s’apprend. L’apprentissage peut prendre du temps, mais il est nécessaire de prendre ce temps.

Apprécier le beau n’est plus naturel, mais il est nécessaire que ça la redevienne. Pour nos enfants, le salut de leur âme en dépend. Habituez-les au beau et ils se détourneront bien aisément de cette société moderne qui a placé la laideur sur un piédestal. Le beau ne provoque pas seulement une émotion, mais « il élève, grandit l’âme ; il parle à la raison bien plus qu’à la sensibilité, il ne reste pas à la surface de notre être, mais il pénètre à l’intérieur. »

L’éducation au Beau est possible 

Pour résumer le beau est une réalité objective qui nécessite une certaine éducation pour être apprécié.

Dans le milieu scolaire, c’est avec l’histoire de l’art qu’on va pouvoir éveiller à la beauté. Ne négligez pas ces cours qui apprennent à nos enfants à apprécier un tableau. L’art contemporain propose la laideur la plus ignoble aux yeux du public. L’incapacité d’apprécier le beau les pousse à s’extasier devant une boite d’excréments…

La beauté ne se trouve pas uniquement dans le domaine visuel. Veillez à proposer à vos enfants des lectures qui mettent en valeur le beau. Les biographies de personnes qui ont accompli de belles œuvres dans leur vie en constitue de bonnes approches, car elles les présentent des exemples d’âmes belles.

Il n’est pas nécessaire d’attendre que l’enfant sache lire pour l’éveiller à la beauté. Bien s’habiller le dimanche pour honorer le « petit Jésus » ou encore dresser une belle table pour les repas de famille ne constituent pas des détails superficiels. Au contraire dès son plus jeune âge, il est habitué au beau et ne sera pas tenté de tomber plus tard dans le piège de la laideur.

Dom Calvet relevait que « l’art souverain de la liturgie exerce une influence sur les âmes vraiment séduisante, qui touche directement, avant même que l’esprit ne perçoive son influence. »,  alors chers parents, vous qui êtes les premiers éducateurs de la foi de vos enfants veillez à ce que vos enfants prennent l’habitude d’assister à de belles messes reposant sur la tradition liturgique de l’Église. 

Désormais le culte de la laideur a remplacé le culte de la beauté. Directeurs, enseignants et parents ne négligez pas l’éducation à la beauté de nos enfants, car comme le dit le conservateur anglais Roger Scruton : « Notre monde a grand-faim de beauté ».

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