Attentat de Nice : l’enquête clôturée d’ici la fin de l’année ?

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Attentat de Nice
Le semi-remorque arrêté sur la Promenade des Anglais (Nice) le 15 juillet 2016 vers 07:00 heure, après l'attentat qui a fait plus de 84 morts la veille au soir. © Wikipedia

Trois ans après l’attentat du 14 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice, l’enquête suit son court et devrait être clôturée à la fin de l’année 2019. Le procès pourrait donc suivre pour les huit suspects mis en causes. 

Après des années d’investigations pour mettre en lumière les zones d’ombre de l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, le procès de pourrait se tenir dans les prochains mois. Quatre suspects ont été remis en liberté en attente de l’audience, Aleksander H. s’étant suicidé en prison après la prolongation de sa détention provisoire. Parmi eux, Enkeledja Zace, une albanaise soupçonnée d’avoir eu un rôle dans la fourniture d’une arme, Brahim T., soupçonné d’avoir joué le rôle d’intermédiaire dans l’achat d’arme, Hamdi Zagar poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, proche de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l’auteur de l’attaque perpétrée le 14 juillet 2016 ayant fait 86 morts et plus de 400 blessés. Le dernier à avoir été remis en liberté, c’est Mohamed Oualid G. qui avait racheté sa voiture au terroriste de Nice, et échangé pas moins de 1 278 appels entre juillet 2015 et juillet 2016 avec ce dernier. Selon plusieurs sources proches du dossier, l’enquête devrait être clôturée fin 2019.

Deux enquêtes sont en cours

En l’absence du terroriste islamiste tué ce jour-là, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, « autoradicalisé » et ayant prémédité son acte. Connu des services de police pour des faits de délinquance depuis 2010. Son casier judiciaire comporte cinq condamnations pour violences, vols et dégradations, mais pas pour radicalisation, il ne fait donc pas partie des fichés S du département. L’enquête sur l’attentat s’oriente alors vers le jugement d’un petit nombre de complices présumés. Il appartiendra à la cour d’assises spéciales d’évaluer quelles étaient leur connaissance des projets du terroriste dont ils étaient proches et si certains préparaient d’autres attaques.

La seconde celle-ci bien plus polémique porte sur les mesures de sécurité le soir de l’attentat. Dès le 14 juillet 2016, une vive polémique avait opposé la Mairie de Nice et l’État sur les dispositifs de sécurité. En avril 2017, une instruction pour « mise en danger d’autrui par violation d’une obligation de sécurité » était ouverte à Nice après le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile par Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille de Yannis, mort à 4 ans. Les deux juges d’instruction niçois en charge du dossier, Alain Chemama et Chantal Russo, considèrent désormais les faits sous l’angle « d’homicide et blessures involontaires ». La plainte réunit quelques 150 parties civiles.

Plusieurs personnes ont déjà été auditionnées dans le cadre de cette enquête et sous le statut de témoin assisté comme du côté de l’État, l’ancien préfet des Alpes-Maritimes Adolphe Colrat et son directeur de cabinet à l’époque, François-Xavier Lauch et du côté de la mairie, l’actuel maire, Christian Estrosi, à l’époque premier adjoint, et le maire en 2016, Philippe Pradal.

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Les questions que se posent les enquêteurs et les magistrats s’adressent en effet autant à l’État, et donc à la préfecture, qu’à la mairie de Nice. Pose ainsi le problème l’absence de plots protégeant la promenade des Anglais, ce soir-là. Sans même parler d’un barrage en bonne et due forme. Même interrogation quant à la décision de renoncer, quelques jours avant la fête, à la mise en place d’un dispositif de sécurité « fermé » avec filtrage du public et mise en place de barrières. La vidéosurveillance, très développée à Nice à l’initiative de la mairie, a été également au cœur de la polémique. Dans les jours précédents l’attentat, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a circulé à plusieurs reprises sur la « Prom », s’arrêtant, empiétant sur les trottoirs, feux de détresse allumés, sans jamais être repéré.

Un rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait conclu en 2016 que le dispositif policier n’était pas « sous-dimensionné » et qu’il avait été bâti « sur la base d’une appréciation globale de la menace terroriste privilégiant l’hypothèse d’agresseurs piétons et armés s’en prenant à la foule ». Ce qui reconnaissait implicitement que l’hypothèse d’un véhicule fonçant dans la foule avait été écartée. L’IGPN notait d’ailleurs: « Quant à un possible forcement du dispositif par un véhicule bélier, ni la nature de l’événement, ni la configuration des lieux, ni des alertes d’aucune sorte n’ont conduit la préfecture, la direction départementale de la sécurité publique et la Mairie à travailler sur cette hypothèse ».

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Le 16 juillet 2016 au matin, l’État islamique revendique via Telegram cette attaque par l’organe de propagande et de communication Amaq, liée au groupe djihadiste. Toutefois les interrogations perdurent sur l’éventuel caractère opportuniste de cette revendication. 

Dans ce contexte sensible, l’enquête demeure titanesque, elle s’achèvera bientôt avec un procès pour les présumés complices, procès que de nombreux proches des victimes attendent afin d’avoir enfin des réponses à leurs questions.

Simon Croizet.

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