Crypte de Saint-Aubin : un futur temple du numérique ?

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L'église de Saint-Aubin à Toulouse. © Wikipedia

L’avenir de la crypte de Saint-Aubin est entre les mains du promoteur Icade qui pourrait en faire un univers dédié au numérique. Une désacralisation qui provoque des oppositions.

Fermée depuis 2004 pour des raisons de sécurité, la crypte de l’église de Saint-Aubin, située en plein cœur de Toulouse devrait être réhabilitée, perdant son caractère cultuel. Dans le cadre de l’opération « Dessine-moi Toulouse », lancé par la Métropole, l’entreprise Icade Promotion a remporté le concours avec son projet « Light House »

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Un projet qui prévoit un espace dédié au numérique, à la création et à la vie de quartier dans cet espace de 1.800 m² qui devrait ouvrir d’ici 2022. Après avoir servie de cache d’arme et d’hôpital durant la Seconde guerre mondiale, la crypte avait été rénovée en 1952 grâce à la mobilisation des paroissiens et servait de lieu de rendez-vous pour les scouts, le catéchisme et des réunions paroissiales. L’espace a été fermé au public il y a 15 ans, pour des raisons de sécurité et cherche depuis une nouvelle vie. 

Une franche opposition

Ce projet ne plaît pas à tout le monde. Candidat aux élections municipales soutenu par le Rassemblement national et la Droite populaire, Quentin Lamotte a alerté les paroissiens toulousains, dimanche 10 novembre, sur « le retour des marchands du temple », dans un tract distribué dans près d’une dizaine d’églises de la ville. Il dénonce un projet qui « nie le caractère religieux et sacré de l’église Saint-Aubin et soumet un lieu de culte à l’idéologie du tout marchand et du tout économique », précise le tract. 

« Aujourd’hui, M. Moudenc veut transformer la crypte en cité des starts-up et demain que proposera-t-il ? La construction d’un fastfood dans la nef ? », interroge-t-il avec un ton provocant. Le candidat souligne également « le bénéfice inexistant pour les Toulousains », puisque « ces derniers ne pourront pas plus qu’aujourd’hui accéder à a crypte qui sera entièrement privatisée », précise Quentin Lamotte. Il appelle à « stopper les avances de ce projet mercantile, mettre en place un référendum local sur le devenir de la crypte et rendre ce lieu aux Toulousains soit dans sa fonction religieuse originelle soit dans une nouvelle fonction culturelle », propose-t-il. 

Des pressions sur l’archevêché ?

Une pétition a été lancée par d’autres opposants, l’association des Amis de l’église Saint-Aubin. Ils dénoncent « une pression médiatique considérable depuis plusieurs mois » de la part du promoteur à l’encontre de l’archevêché, « dans le seul but d’obtenir la désacralisation de l’église pour y créer un projet commercial ». La pétition demande au promoteur Icade « de respecter la loi de 1905 en renonçant à son projet Light House » pour « permettre aux paroissiens de disposer librement de la crypte pour le culte et leurs projets ouverts sur le quartier et porteurs de dimension sociale »

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Auprès d’Actu Toulouse, l’abbé Simon d’Artigue, curé de la cathédrale Saint-Étienne, confirme les négociations avec la mairie et le promoteur, mais précise que « rien n’est fait ». Les cartes sont entre les mains d’Icade.

Le 25 septembre dernier, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc avait adressé une lettre aux paroissiens de Saint-Aubin, rappelant que « la crypte n’est pas vendue à un promoteur, mais mise à disposition pendant une période de temps donnée, au moyen d’un bail ». Dans les colonnes d’Actu.fr, il dénonce le tract du Rassemblement national, le qualifiant de « grossier ».

Étienne Lafage.

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