Crèche vivante perturbée : ce qu’il s’est passé

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crèche vivante
© Infos-Toulouse

La crèche vivante de Toulouse a été perturbée par une cinquantaine de manifestants issus des Gilets jaunes. Notre journaliste présent sur place raconte ce qu’il a vu et l’agression qu’il a subi. 

Pour la septième année consécutive, l’association Vivre Noël autrement organisait, samedi 14 décembre, sa traditionnelle crèche vivante. Avec près d’une centaine de bénévoles, ce sont deux événements qui sont organisés conjointement. Une crèche ambulante, où une chorale parcourt les ruelles de la ville aux sons de cantiques de Noël et une crèche statique où des enfants et des animaux issus d’une ferme solidaire, reconstituent la Nativité, accompagnés de prestations artistiques. Un événement qui réunit chaque année des centaines de personnes, ce samedi n’a pas fait exception . 

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C’est aux alentours de 15h30 que des manifestants issus des Gilets jaunes sont arrivés sur la place, après avoir été évacués par la police à coup de gaz lacrymogène à hauteur de Jean-Jaurès.Par peur de débordements avec la police, les 70 enfants furent alors évacués dans une cour d’immeuble voisin… Ils y passeront l’après-midi. Le gros de la troupe repartira ensuite vers Jean-Jaurès. D’après un participant qui souhaite garder l’anonymat, seuls quelques sifflets se sont fait entendre. La situation est encore sous contrôle. 

« J’ai aperçu quelques armes »

La suite, c’est Aymeric, père de famille d’une vingtaine d’année qui nous la raconte. « Je suis arrivé aux alentours de 16h15 avec ma femme et ma fille en poussette. Je souhaitais me rendre sur la place. Avant même de l’avoir atteinte, plusieurs personnes nous ont agressé verbalement : ‘dégagez de là les cathos, si vous ne dégagez pas on va vous défoncer' », auraient-ils lancé. De là, une première bousculade se produit avant qu’Aymeric ne soit « tiré de là par le service d’ordre de la crèche ». « On a été mis en sécurité sur la place avec famille et quelques amis et là, on se rend compte de la situation », confie-t-il. Une cinquantaine d’individus sont sur le côté de la place, rue Saint-Antoine du T. « Certains sont cagoulés, vêtus de noir, j’aperçois même quelques armes, des bombes lacrymogènes. Ils sont là pour en découdre », témoigne-t-il. 

crèche vivante
Masque sur le visage, capuche sur la tête, pointant du doigt notre journaliste, il est venu à sa rencontre pour le menacer. « Attention à toi quand tu sortiras de la place », a-t-il dit. Notre caméra a capté les moments de camouflage © Infos-Toulouse

 

La  situation est figée pendant de longues minutes, « les protestataires sont dans la rue, chantent des slogans, insultent à distance. Je sens qu’ils sont menaçants ». Des pétards explosent à plusieurs reprises durant la représentation d’une jeune et talentueuse soliste. Quelques protestataires arrivent à rentrer sur la place. « Certains rentrent en filmant et en se moquant », distingue Aymeric. « Un était particulièrement agressif, il filmait avec son téléphone tout en insultant un monsieur âgé qui n’avait rien demandé. Il invectivait cet homme en prétextant que les prières de rue étaient interdites en territoire laïc », raconte-t-il, alors qu’il se trouve à quelques centimètres de la scène. Nous avons retrouvé cette personne, Hugues, père de famille se tenait à quelques mètres de la scène et écoutait le récital. « Ce fut une bordée d’insultes christianophobes, racistes », témoigne-t-il. L’individu a été prié de sortir de la place, non sans avoir adressé un violent crachat sur l’homme. 

« Je l’ai vu arracher l’appareil de ses mains et le jeter au sol »

Mais l’homme au sweat à capuche kaki revient à la charge. Notre journaliste filme alors la scène. L’individu s’approche, et profite d’un moment d’inattention pour arracher l’appareil photo des mains de notre reporter. Aymeric, à un mètre de là voit la scène. « Je l’ai vu arracher l’appareil de ses mains et le jeter au sol », affirme-t-il. « Le service d’ordre qui jusqu’à présent tentait de jouer l’apaisement a tenté d’exfiltrer cet individu violent », continue le père de famille. De là, « des individus identifiés comme proches de la mouvance antifa ont chargé contre les participants », relate Aymeric, qualifiant cette agression de « courte et rapide ». « J’ai juste eu le temps de voir des gens foncer vers nous, quelques coups assénés. Ils ont vite été arrêtés par plusieurs personnes se mettant face à eux », témoigne-t-il. Aymeric préfère aujourd’hui en rire, « ils ont eu peur, ont été courageux mais pas téméraires »

Après avoir harcelé, puis craché sur un père de famille, il s’en est pris à notre journaliste en lui arrachant son appareil photo. © Infos-Toulouse

 

C’est après ces incidents que les organisateurs ont décidé de mettre fin à l’événement : trois groupes d’artistes devaient encore se produire sur la scène. Les enfants, témoins de la scène sont choqués, horrifiés, certains quittent la place en pleurant au bras de leurs parents. Du côté des opposants, « ils sont repartis tout contents d’avoir empêché des enfants de chanter des cantiques de Noël », déplore Aymeric. 

Face à la violence et la censure d’en face, soutenez-nous ! 

Étienne Lafage. 

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