2019 : que retenir de cette année écoulée ?

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© Pixabay

Le réveillon de la Saint-Sylvestre approche, et nous nous apprêtons à quitter l’année 2019 avant d’attaquer une nouvelle décennie et de nouveaux défis. 

Nous avions quitté l’année 2018 avec une crise sociale majeure, nous mettons un terme à l’an 2019 avec… une nouvelle crise sociale. La mandature d’Emmanuel Macron est décidément celle du blocage. Après l’apparition du mouvement des Gilets jaunes, en novembre 2018 contre la baisse du pouvoir d’achat et la hausse des taxes, la France rejette toujours ses élites. Un gouvernement jusqu’au boutiste, pas près à céder sur des mesures pourtant impopulaires ; méprisant, à l’image de Jean-Paul Delevoye, initiateur de la réforme des retraites qui « oublie » le nombre de contrats qui le lient avec des entreprises privées. Le blocage toujours. Après les raffineries et les centres commerciaux l’hiver dernier, celui des transports par les grévistes depuis une vingtaine de jours. Mais cette fois-ci, ce sont les syndicats qui sont à la manœuvre, volant la vedette à des Gilets jaunes à bout de souffle. 

L’esprit rebelle n’est pas mort

Mais le principal enseignement de cette année, c’est que malgré l’affaiblissement de la mobilisation des Gilets jaunes, l’esprit lui n’est pas mort. Pourtant, les professionnels de la division ont bien joué leur rôle à Toulouse notamment, n’hésitant pas à lyncher un journaliste jugé « trop à droite », ou des manifestants ayant eu pour seuls tort de porter un drapeaux français ou d’avoir collé des autocollants n’allant pas dans le sens des « antifas ». L’année se termine de la même sorte, avec un groupuscule issu de la manifestation des Gilets jaunes qui interrompit la crèche vivante de Noël, s’en prenant même à notre journaliste. 

Les Gilets jaunes ont été remplacé par les gilets rouges et noirs des anarchistes et d’une partie de l’ultra-gauche, noyautant désormais le mouvement populaire. En réponse, certains ont déserté, ou ont arrêté de participer aux marches du samedi. Des marches devenues inaudibles, qui ont perdu de leur majestueuse spontanéité, et qui donne prétexte aux forces de l’ordre d’user leurs réserves de bombes lacrymogènes et de balles en caoutchouc. 

Mais ce n’est pas parce que le mouvement des Gilet jaune a l’air de s’essouffler que l’esprit vindicatif contre un État qui ne sert plus son peuple a disparu. Bien au contraire. Les mobilisations contre la réforme des retraites a connu un succès retentissant à Toulouse et partout en France. Plus 100.000 participants dans les rues de la ville rose le 5 décembre, puis le 17, selon la CGT. La plus grosse mobilisation de la décennie avec l’opposition à la même réforme des retraites menée par François Fillon en 2010, et après la marche en soutien à Charlie Hebdo, quelques jours après les attentats de janvier 2015. 

2019 une année électorale

2019 a également été une année électorale. Un défi pour Emmanuel Macron qui avait fixé l’objectif d’arriver en tête du scrutin devant le novice Jordan Bardella du Rassemblement national. Il n’en a rien été, le jeune élu régional de 24 ans a surpassé la technocrate Nathalie Loiseau. Comme si un nouveau monde avait remplacé l’ancien. Europe-Écologie Les Verts ont créé la surprise en se plaçant en troisième position avec 13,48% des voix et en arrivant second à Toulouse à 3 points de la République en Marche. De quoi donner des ailes à Antoine Maurice, qui brigue la mairie de Toulouse en 2020 sous l’alliance des gauches : Archipel Citoyen. 

Les municipales justement. Elles arrivent dans un peu plus de trois mois et les dés commencent à être jetés. Jean-Luc Moudenc, maire depuis 2014 sera de nouveau de la partie avec le soutien de la République En Marche, de Les Républicains, du Mouvement radical et de l’UDI. Une union garantit par une opposition claire à la tournure du mouvement des Gilets jaunes. Et surtout un fin calcul, puisque LREM semble finalement sortir perdant de cette alliance, n’obtenant que 5 places éligibles sur la liste, contre 8 élus actuellement. En face, Nadia Pellefigue compte peser, tirailler entre la chute libre du Parti socialiste et les divisions et la campagne offensive d’Archipel Citoyen. De son côté, le Rassemblement national espère pouvoir jouer les troubles fêtes en se maintenant au second tour, ce qui serait une première dans l’histoire de la ville, même s’ils devront faire face à une liste de Debout la France qui risque de grappiller les quelques points séparant Quentin Lamotte des 10%. 

Le football dégringole, le rugby sauve l’honneur

Comment ne pas quitter l’année 2019 sans honorer les valeureux joueurs du Stade toulousain, champion de France de l’exercice précédent. Après sept longues années sans atteindre la finale, les rouge et noir ont rapporté le bouclier de Brennu place du Capitole, en devançant Clermont au Stade de France. Un titre qui ranime la foi des Toulousains pour le Stade et qui efface les années noires vécues par le Toulouse Football Club. 

Au Stadium, l’ambiance est plus morose. Neuf défaites d’affilées pour clore une année marquée par un maintien acquit lors des barrages contre l’AC Ajaccio. Un triste record et un parcours de relégable qui ne va pas réconcilier les Toulousains avec les violets. Après cinq ans passés dans les tréfonds du classement à flirter avec la relégation, l’année 2020 semble être la bonne pour descendre en seconde division. 

2019, l’année de la renaissance culturelle

De nombreux événements culturels ont rythmé cette année. Jean Sévillia, André Bercoff, Blandine de Bellecombe, Mathieu Bock-Côté ont été reçu par l’association Face à Face. Mais c’est également une année de renaissance pour le Cercle des Capitouls qui comptabilisé pas moins de 400 entrées cette année en cinq événements. L’association dirigée par Constance de Bermont prévoit de nouveaux rendez-vous et de nouvelles activités en 2020, dont la première conférence, le 12 février prochain promet d’être de haut vol avec deux invités de marque qui seront annoncés prochainement. 

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Toute l’équipe d’Infos-Toulouse vous souhaite une bonne année 2020 ! 

Étienne Lafage. 

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