Carcassonne : joutes, recueillement et revendications en l’honneur de Louis XVI

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Carcassonne

L’Action Française organisait ce qui devrait devenir la traditionnelle marche aux flambeaux en l’honneur du roi Louis XVI, samedi 25 janvier, à Carcassonne. 

Ils étaient près de 80 à défiler sous la lumière des flambeaux en l’honneur du roi Louis XVI. Un hommage, quelques jours après l’anniversaire de sa mort, le 21 janvier, qui dénonce les exactions de la république. Après une messe célébrée en la basilique Saint-Nazaire, en plein cœur de la cité médiévale, les royalistes ont pris le chemin de la cathédrale audoise pour un défilé, au départ solennel, puis plus politique, sous les lumières des flambeaux et les slogans souverainistes. « On veut Jeanne la pucelle, pas l’Europe de Bruxelles », « France, debout, pour le roi », « Gloire, honneur pour le roi », des slogans qui ne paraissent plus d’actualité, et pourtant. Les militants de l’Action Française mettent en avant la responsabilité du régime dans lequel nous vivons pour dénoncer les crises successives que traverse le peuple français depuis plusieurs décennies : crise de l’identité, crise sociale, crise économique. 

Carcassonne. L'Action Française rend hommage à Louis XVI

Ce samedi une centaine de militants et sympathisants de l'Action Française ont défilé dans les rues de #Carcassonne pour rendre hommage au roi Louis XVI.

Publiée par Lengadoc Info sur Mardi 28 janvier 2020

Un retour des croisades en pleine cité médiévale 

Pourtant, bien loin de s’intéresser au seul événement légal et déclaré en préfecture, les médias locaux ont préféré monter en épingle une escarmouche entre militants prétendus de l’Action Française et antifascistes, venus manifester « contre le roi », en revanche « de la croisade de 1209 ». 

Mal leur en a pris, après plusieurs échanges verbales, une joute médiévale a permis aux touristes de voir en temps réel un remake d’une bataille au temps de la croisade des albigeois. Une vingtaine d’antifas faisant face à 12 sympathisants patriotes, « ont commencé avec des provocations », témoigne l’un des militants pris à parti. « Nous avons répondu avec décence et mesure », ajoute-t-il, avant que « le ton monte » entre les deux camps, raconte une témoin de la scène. « Ceux qui étaient près de la fontaine [les antifas] ont insulté ceux d’en face qui étaient moins nombreux et qui semblaient pacifiques », raconte-t-elle. À force d’insultes, la joute médiévale était devenue inévitable. « Ils hurlaient, les insultaient et les traitaient de fachos », témoigne la jeune femme. 

« Ils n’ont pas hésité à se servir de bâtons et de gaz lacrymogène »

Ces militants patriotes, « n’ayant aucune attache avec l’Action Française », contrairement à ce qu’avancent les médias locaux, ont répliqué en prenant le dessus sur les antifas pourtant plus nombreux et armés. « Ils n’ont pas hésité à se servir de bâtons et de gaz lacrymogène », témoigne l’une des personnes prise à partie. La bagarre dure moins d’une minute et les antifas se retrouvent vite dépassés malgré leur surnombre et les armes utilisés. 

Lire aussi : Une marche aux flambeaux pour Louis XVI dans la cité de Carcassonne

Après une « victoire » sans appel, « le groupe minoritaire est remonté vers la basilique Saint-Nazaire », afin d’assister à la messe, confie un témoin de la scène. Quelques blessures superficielles, certainement dues à l’utilisation d’armes sont à déplorer du côté des patriotes. « J’ai pu en voir qui avait la lèvre qui saignait et un autre qui crachait ses poumons, sans doute avait-il reçu des gaz lacrymogènes », confie la témoin. 

De leur côté, les militants antifas ont été dispersés de la place Marcou, où se sont déroulés les échanges. Pas un mal selon quelques spectateurs de la semaine, dans les commentaires postés sur le site de L’Indépendant : « Les antifas sont arrivés avec des chiens, jetant leurs bières sur la place pourtant magnifique devant le bar pour provoquer ce groupe de jeunes encore calme, attablé à un bar, rigolant avec le serveur ». Une toute autre version que celle racontée par les journaliste du groupe La Dépêche, dont fait partie L’Indépendant. « Les retombées médiatiques on été largement disproportionnées », regrette l’une des personnes impliquée dans cette bagarre.

De son côté, l’Action Française a mis les choses au clair, se désolidarisant des événements de l’après-midi dans une vidéo postée dans la soirée du 25 janvier sur Youtube. 

Quoiqu’il en soit, la messe comme la marche s’est passée sans accroc et ce, malgré les promesses de l’extrême gauche, de venger l’action du roi de France contre les cathares du Languedoc en 1209.

Étienne Lafage. 

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