À Toulouse, les droites font bloc face aux antifas

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crèche vivante antifas
Une cinquantaine de manifestants ont perturbé le bon déroulement de la crèche vivante, samedi 14 décembre, place Saint-Georges à Toulouse.

Les touristes connaissent la ville rose, les historiens politiques la ville rouge, désormais Toulouse a gagné ses galons de ville noire.

De l’interruption de la crèche vivante le 14 décembre 2019, jusqu’à l’attaque d’une conférence de Robert Ménard le 12 février dernier, ces derniers mois ont vu une montée en puissance des violences politiques. A un mois des élections municipales, la tension est ressentie jusque sur les marchés toulousains. Les listes de droite sont régulièrement visées par les bandes d’extrême gauche. Dimanche 9 février, le candidat du RN, Quentin Lamotte l’a appris à ses dépens. Une trentaine de militants d’extrême gauche ont pris à partie des militants sur un marché du centre-ville, le Cristal. Tracts arrachés, matériel de campagne détruit, militantes bousculées, candidats insultés et priés de quitter la voie… publique.

Un épisode de la campagne qui a mis en lumière la virulence de cette nébuleuse noyautée par l’Union antifasciste toulousaine qui revendique et justifie constamment ces exactions. Sur le marché du Cristal, on pouvait même trouver un colistier de la liste NPA, et deux autres de la liste PS-PCF menée par Nadia Pellefigue, selon le candidat bousculé.

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S’il y a un responsable, c’est du côté des prédécesseurs de Jean-Luc Moudenc qu’il faut aller chercher. En 2012, Pierre Cohen encourageait à « réduire la présence voire éradiquer, tout ce qui est nationaliste, Front national ou autre. Il y a deux moyens : par la loi et le rapport de force physique ». « Des paroles irresponsables » de l’ancien maire, selon Quentin Lamotte qui souligne qu’il « ne s’est jamais désolidarisé de ses propos ». Pierre Cohen est le seul candidat à ne pas avoir condamné l’action sur le marché du Cristal.

Le maire sortant dans le viseur

La liste de Jean-Luc Moudenc est particulièrement visée ces dernières semaines. Mardi 11 février, son porte-parole, Pierre Esplugas, a été « interpellé par des militants d’extrême gauche ». « C’était une discussion vive et surtout un dialogue de sourds », témoigne-t-il. « Ça aurait pu déraper mais ça n’a pas été le cas », précise le professeur de l’université Toulouse 1.

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Le 19 janvier dernier, une militante de la liste de Jean-Luc Moudenc a été bousculée et ses tracts volés par un individu sortant du métro. « Il connaissait des gens d’Archipel (liste de gauche portée par EELV-Les Insoumis…), puisqu’il a fait la bise à l’un des colistiers, par ailleurs responsable du DAL (Droit au logement) », précise Pierre Esplugas. Un épisode « pas dramatique mais pas acceptable », note-t-il. « Chaque fois qu’il y a des pressions, il n’y a jamais de condamnation de Pellefigue ou Cohen, il y a un manque de solidarité républicaine », s’indigne le colistier de Jean-Luc Moudenc.

Ni Jean-Luc Moudenc, ni Quentin Lamotte, ni Francis Manaud (DLF) ne comptent céder du terrain. « Nous on est là pour continuer notre chemin », précise le porte-parole de la liste LR. « Je serai sur tous les marchés comme les autres », promet pour sa part le candidat RN qui estime que « l’on n’a pas à subir la pression d’une trentaine de personnes qui décident de qui a le droit de parler ou pas ». Les antifas auront réussi une chose : créer l’union des droites à Toulouse, face à l’adversité. 

Dans Présent le 19 février 2020.

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