Nous avons lu : les premiers romans noirs de Thierry Bouclier

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Thierry Bouclier

Depuis deux ans, les éditions toulousaines Auda Isarn accueillent en leur sein un nouvel auteur, Thierry Bouclier. Si sa collaboration avec la maison d’édition est récente, ce prolixe avocat bordelais a déjà une longue liste d’ouvrages derrière lui.

Après des classiques livres juridiques, plusieurs biographies comme celles de l’avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour, de Pierre Poujade, le papetier de St-Céret, ou encore de l’abbé Denis Coiffet, co-fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, mais également les incontournables essais, La France au péril de l’Islam ou La république amnésique, c’est à un nouveau genre que se frotte Thierry Bouclier.

Il n’est pas surprenant que ce dernier, qui a publié chez Pardès une biographie de l’auteur de polars A.D.G., se lance lui aussi dans ce domaine, celui du roman noir. Et ce n’est pas non plus un hasard s’il a choisi Auda Isarn et sa collection du Lys Noir. Dirigée par Francis Bergeron et Pierre Gillieth, les deux complices ne s’en cachent pas, la collection du Lys Noir est une collection engagée, prenant « le parti pris assumé de montrer le monde comme il va… ou plutôt comme il ne va plus ! ».

Le dernier des occupants

Pour sa première collaboration, Thierry Bouclier a choisi une adaptation moderne du célèbre livre de Fenimore Cooper, Le Dernier des Mohicans. Transposant l’histoire dans le Paris moderne et sa proche banlieue, il nous livre ici un polar enlevé, sans temps morts, rassemblant tous les ingrédients du genre : bagarres de rues, courses-poursuites, coups de feu, de poing mais également, histoire d’amour.
Mais c’est aussi, et surtout, la rencontre entre deux mondes qui fait la force de ce livre. Celui de Coralie, jeune fille des beaux-quartiers et celui de Nathaniel, fils d’ouvrier qui, avec son ami Georges et son fils Lucas, sauvera Coralie et sa sœur d’une agression par une bande de racailles en plein Paris. Grand remplacement, élites corrompues ou aveuglées, dévirilisation de la société, nouveau héros, tout est rassemblé pour faire de ce polar « identitaire », aux accents nietzschéens, une référence dans cette collection du Lys Noir. À dévorer en écoutant, pourquoi pas, le magnifique morceau Promentory de Trevor Jones.

Le dernier des occupants, Thierry Bouclier, éditions Auda Isarn, 12 euros. 

Rouge et jaune pour le hussard

Après ce premier polar, Thierry Bouclier s’est inscrit dans la continuité des aventures du Hussard, Julien Ardant. Ce propriétaire d’une libraire parisienne dénommée « Les Décombres » a déjà donné lieu à plusieurs livres dans la collection du Lys Noir. Après Bruno Favrit, Alain Sanders, Xavier Eman et Bruno Lafourcade, Thierry Bouclier prête sa plume pour faire vivre de nouvelles aventures au Hussard.
Dans son récit, nous quittons la banlieue parisienne pour la Gironde, Paris pour Bordeaux. Si tout commence par un meurtre au Cap-Ferret, où Julien Ardant tente de prendre quelques jours de vacances bien mérités, nous laissons vite la presqu’île pour nous promener à  travers les salons feutrés bordelais, les cabinets d’avocats à l’épaisse moquette et les châteaux de St-Émilion, nous croisons une « jolie poupée bonde de 24 ans », un ancien ouvrier communiste vivant de petits larcins, un commerçant chinois cruel et des hommes d’affaires peu scrupuleux.
Un roman dans la veine des aventure précédentes du Hussard, bien ficelé, qui se lit d’une traite.
 
Rouge et jaune pour le Hussard, Thierry Bouclier, éditions Auda Isarn, 12 euros.
 
G.G.

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