Marianne pendue : peut-on encore contester la République ?

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Marianne
Statue de la République brandissant les droits de l'homme. Dans la main droite, Marianne tient un drapeau français. Dans la gauche elle tient un éclair sur lequel s'inscrit: droits de l'homme. À Pézenas, Hérault. © Wikipédia

Samedi 29 février, une vingtaine de militants de l’Action Française ont décidé de juger la République française. La sentence était irrévocable, Marianne devait être condamnée à mort. 

À mort oui, comme les 500 civils du village de Luc-sur-Boulogne tués le 28 février 1793 par les gardiens de la nouvelle République Française, comme les milliers de Français guillotinés durant la Révolution française. Comme les soldats français envoyés à la mort sur des fronts étrangers, comme des sans-abris que la République n’est pas capable de garantir une sécurité, comme ces femmes violées par des clandestins… 

Les mots sont forts, les images souvent dures, mais on préfère détourner le regard. Aujourd’hui la République condamne des Français à vivre dans la précarité, des agriculteurs à être soumis à la concurrence déloyale, des Gilets jaunes à perdre l’un de leur membre, des retraités à ne plus pouvoir se soigner, des villageois à ne plus avoir de services publics, des opposants politiques à être vilipendés, des réformes impopulaires à être passées en force… 

Marianne incontestable ?

Alors oui, la République a bien le droit à un procès, juste et équitable bien-sûr, à l’image de la justice rendue sous l’Ancien Régime. Comment ? Donnerons-nous des leçons à cette justice de l’époque quand aujourd’hui des magistrats revendiquent un « mur des cons », quand des innocents sont condamnés dans l’affaire Outreau, quand des criminels ne passent pas plus de quelques mois derrière les barreaux, quand des Gilets jaunes sont condamnés à de la prison ferme pour avoir participé à des manifestations ? Ce procès de la République, l’Action française n’est pas la première à y avoir pensé. Papacito lui-même compte bien se prêter au jeu lors de son « couronnement », à l’été 2020.

Soyons sérieux, ces militants ont pendu Marianne en réaction aux crimes et à la lâcheté de la République dans bien des domaines. Mais Marianne n’est pas une personne, c’est un symbole. Elle n’a jamais expiré le moindre air sur notre sol. N’est-ce pas lui faire une violente injure lorsqu’elle est représentée par une Femen sur un timbre ? N’est-ce pas lui faire offense que de la caricaturer en une de presse ? 

Des condamnations à foison

Pourtant toute la classe politique s’est empressée de condamner l’action de ces jeunes militants. Toute ! Pas d’exception, du président du Conseil départemental socialiste, Georges Méric, au candidat toulousain du Rassemblement national Quentin Lamotte. Certains font part de leur volonté de porter plainte, d’autres parlent de violence, mais qui souligne véritablement le malaise qui règne aujourd’hui dans cette sacro-sainte République que tout le monde défie ? Plus personne ne semble y être attachée aujourd’hui, ni le délinquant de banlieue qui caillasse policiers et pompiers, ni le Gilet jaune qui a assez goûté à la République, sauce balle en caoutchouc, ni cette jeunesse qui à on a fait avaler tous les principes républicains à des fins politiciennes. 

Si personne ne peut juger Marianne, Marianne peut-elle encore juger des personnes ? Quand la République a laissé gangrener l’islamisme dans nos quartiers, a laissé s’installer des millions de clandestins sur notre sol, a laissé dans la misère les jeunes, les retraités, les paysans, a soumis à la consommation et l’individualisme tout un peuple, a relâché des délinquants et des criminels récidivistes, que vaut aujourd’hui un jugement de la 17e chambre correctionnelle ? 

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