Abbaye Sainte-Marie du Désert : une communauté au service du travail manuel

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Sainte-Marie du Désert
Vue de l’extérieur de l’église abbatiale de Sainte-Marie du Désert, depuis le parking visiteur.

Connaissez-vous l’abbaye Sainte-Marie du Désert, ainsi que son histoire autour des miels ? Cette abbaye, dont l’origine date du XIIe siècle, abrite en ses murs une communauté de moines trappistes, issus de la réforme de La Trappe (on vous explique ça plus bas), depuis le milieu du XIXe siècle. Assez vite, leur activité agricole, en plus du travail des champs, s’est portée sur la culture du miel. Et aujourd’hui, où en sont-ils ? Divine Box vous raconte tout en trois minutes : c’est parti !

Il était une fois, il y a longtemps, très longtemps…

En 1099, à la suite de la mort de son père aux croisades, une jeune femme nommée Marie Desclassan décide de se retirer dans la solitude et la prière pour offrir sa vie à Dieu. À sa mort en 1117, la population locale se met à honorer son tombeau, et le lieu désertique dans lequel elle s’était installée devient une chapelle.

Avec les années, le souvenir de Marie Desclassan se dissipe pour laisser place à un lieu de pèlerinage marial, où les fidèles passent en nombre. Le lieu prend alors le nom de « Sainte-Marie-de-l’Herm ».

Mais à la Révolution Française, la chapelle est complètement détruite, et il faudra attendre plusieurs années pour que ce lieu reprenne du poil de la bête et soit à nouveau habitée par de belles âmes priantes.

Cela arrive entre 1852 et 1858 quand neufs moines trappistes, venus de l’abbaye d’Aiguebelle en Provence, s’installent sur place à « Sainte-Marie du Désert », où une petite chapelle du même nom a été érigée en 1819 grâce à un prêtre d’un village voisin. La vie monastique s’y installe donc, avec en priorité de gros travaux à effectuer pour construire l’abbaye ! Un peu plus de vingt ans plus tard, l’église abbatiale est consacrée et l’histoire de Sainte-Marie du Désert est donc officiellement lancée. Youpi !

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Pour autant, les bâtiments que l’on connaît aujourd’hui ne sont pas ceux de la construction initiale des années 1850 et 1860. En effet, en 1881, un ouragan ravage l’abbaye, et les moines sont obligés de tout reconstruire. C’est cette deuxième construction que l’on peut admirer aujourd’hui à l’abbaye Sainte-Marie du Désert !

Vitrail d’un couloir de Sainte-Marie du Désert

 

Eh oh, eh oh, on rentre du boulot – le travail manuel à l’abbaye du Désert

Comme vous l’avez noté, la communauté de Sainte-Marie du Désert est issue d’un petit contingent de moines trappistes de l’abbaye d’Aiguebelle. Le nom de « trappiste » est un surnom pour désigner officiellement les « cisterciens de la stricte observance ». Pour simplifier, ils sont issus d’une première réforme avec les bénédictins (visant à ne pas privilégier le spirituel, mais garder un bon équilibre entre prière et travail, comme voulu par saint Benoît), et d’une deuxième avec les cisterciens de la commune observance (visant à garder une rythme de vie sobre, éloigné de tout luxe). Naturellement, leur vie est partagée entre la prière et le travail manuel, ce dernier permettant aussi au moine de s’accomplir en tant que personne. Bref, tout ça pour dire que le travail manuel a une belle part chez les trappistes !

Pendant des siècles, les cisterciens et les trappistes ont été les maîtres de l’agriculture en France, dotés de connaissances et de techniques de pointes. Les moines du Désert n’y ont pas fait exception, et dès leur arrivée, ils ont construit leur économie autour de terres agricoles, et notamment avec la production de céréales : blé et colza en particulier. Ils n’ont du mettre fin à cette activité que dans les années 1990 quand l’activité n’était plus rentable pour les moines…

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S’est ensuite suivi pour la communauté différents essais pour retrouver une activité économique viable, avec notamment un atelier de fabrication de produits hygiéniques et un élevage de cerfs et de daims. Ce dernier leur permis de faire d’excellents pâtés, qui ont contribué à la réputation de l’abbaye dans ces années… Mais rapidement, les contraintes d’hygiène, en augmentant drastiquement les coûts de production, ont mis à mal le projet des moines…

Quelques daims gambadent encore devant l’abbaye du Désert, en souvenir de l’époque où les moines les élevaient pour en faire des pâtés !

 

Mais l’activité qui a marqué le plus la communauté de l’abbaye du Désert était… l’apiculture ! À la fin des années 1990, les moines récoltaient à la main du miel de tournesol crémeux, venant de plus de cent ruches réparties autour de l’abbaye. Mais avec la crise des vocations et la disparition des abeilles, ils ont du revoir leur équation, en revendant petit à petit l’exploitation des ruches à des apiculteurs locaux. Ces derniers étaient déjà proches des moines car ils leurs fournissaient un peu de miel quand ces derniers ne pouvaient pas assumer toute la demande ! En particulier autour du 15 août de chaque année : la récolte du miel se chevauchait avec la fête mariale de l’Assomption, qui était prioritaire bien sûr pour les moines.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui la communauté de l’abbaye du Désert tient bon même si elle diminue en nombre… Ils étaient encore 35 au début des années 1990, mais ils ne sont plus que dix aujourd’hui. Fidèles à la règle de saint Benoît, ils continuent à vivre une vie de prière (premier des sept offices quotidiens à 4h15 !) et de travail manuel. Le tout en communauté, laquelle se retrouve au complet à chaque office dans leur magnifique église abbatiale. Cette dernière possède des vitraux dont les couleurs sont étudiées pour que l’intérieur de l’église change en fonction du soleil. L’église sera bleue au lever du soleil, jaune vers midi, et violet en fin de journée. Passez-y un jour, c’est magnifique !

Sainte-Marie du Désert
Vue de l’église abbatiale de Sainte-Marie du Désert, où les vitraux illuminent son intérieur avec des couleurs qui changent selon l’heure du jour !

 

En plus des tâches quotidiennes de la maison (ménage, cuisine etc…), les moines doivent gérer l’accueil de tous les pèlerins, tant à la boutique qu’à l’hôtellerie. Et cela en fait du boulot !

Mais en plus de cela, les trappistes du Désert continuent à gérer économiquement leurs différentes activités.

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Il y a d’abord leurs terres agricoles. Même si les moines ne sont plus eux-mêmes sur les tracteurs, ils continuent à gérer et à louer l’exploitation de 90 hectares de céréales, et de 60 hectares de forêts. Cela leur garantit un revenu économique stable pour assurer les affaires courantes du monastères.

Mais il y a aussi et surtout leur miellerie, qu’ils ont tenu à garder pour poursuivre la tradition apicole de l’abbaye. Les moines sélectionnent tout d’abord du miel : ce dernier vient en partie de la quinzaine de ruches encore présente sur les terres de l’abbaye, qu’un apiculteur du coin exploite pour les moines, et en partie d’autres apiculteurs situés dans les Pyrénées, parfois côté français, parfois côté espagnol. Une fois le miel reçu, les moines de l’abbaye du Désert le filtrent et le chauffent doucement pour leur donner une texture plus crémeuse. Et quand tout est prêt, direction la mise en pot et l’étiquetage, avant d’être expédié ! La production est d’environ 80.000 pots, ce qui en fait une miellerie toute artisanale, mais ayant le mérite de dénicher plein de miels aux différentes saveurs : oranger, citronnier, thym, châtaignes, tilleul, acacia, lavande, bourdaine, eucalyptus etc… Pour la petite anecdote, chaque année, 600 kg de miel ne sont pas vendables : il s’agit des résidus des fûts ou autre, mais qui font le bonheur des moines pour leur petit-déjeuner ou leurs tisanes !

Les moines conditionnent du miel et des bonbons depuis leur abbaye

 

Et pour acheter les miels de l’abbaye Sainte-Marie du Désert ?

Cliquez donc ici pour découvrir les miels de l’abbaye du Désert, ou bien, encore mieux, rendez-vous directement à l’abbaye : Abbaye Sainte-Marie du Désert, D58, 31530 Bellegarde-Sainte-Marie. Les moines vous y recevront avec joie ! Sinon sur internet vous pouvez retrouver leur miel de citronnier, leur miel d’oranger, leur miel de thym etc… Bonnes emplettes !

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