Hugo Cavagnac : « Nos beaux villages deviennent ou des gros villages ou des petites villes »

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Hugo Cavagnac
Hôtel de ville de Fronton. © Wikipedia

Âgé de 49 ans et maire de Fronton depuis 2014, Hugo Cavagnac met en avant son enracinement dans cette commune de 6.000 habitants. « Je suis né ici, je ne bouge pas comme mon père, mon grand père », précise-t-il. Les 15 et 22 mars prochains, il compte mesurer sa popularité auprès de ses administrés et remplir un deuxième mandat. 

Comme la plupart des maires des petites communes, Hugo Cavagnac n’a pas fait carrière dans la politique. Issu du milieu viticole et ancien directeur de la maison des vins de Fronton, il est élu maire depuis 2014, puis rejoint de façon individuelle le mouvement juppéiste Agir. En 2020, il sera opposé à deux autres candidats : Bruno Hontans (Divers droite) et Julien Leonardelli (Rassemblement national). Hugo Cavagnac évoque pour Infos-Toulouse les principaux enjeux de la ville de Fronton. 

Infos-Toulouse : Quels sont les principaux enjeux de cette campagne ? 
Hugo Cavagnac : Nous avons affaire à une mutation de territoires entre Toulouse et Montauban, une zone active et dynamique où nos beaux villages deviennent ou des gros villages ou des petites villes. Cela implique une population nouvelle et des besoins nouveaux. L’enjeu pour les anciens est de percevoir les évolutions et pour les nouveaux de ne pas s’impatienter. On ne peut pas arriver d’une ville et retrouver tous les mêmes services (patinoire, piscine…). On n’a pas les mêmes services qu’une ville mais on a les plaisirs de la campagne. Sur le fond la question est là : la mutation d’un gros village en petite ville, le reste ce sont des outils. 

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Quel avenir peut-on prévoir pour des villes moyennes face aux métropoles ?Toulouse a toujours été à côté de nous ! Quand la population était majoritairement agricole, on allait vendre nos produits et acheter à Toulouse. Aujourd’hui il y a moins d’agriculture, il y a plus de gens qui travaillent à Toulouse et dorment à côté. Ça ne date pas d’hier, ça fait 20-30-40 ans que cela existe, à la suite de l’exode rural, il y a eu une spécialisation des territoires. Désormais, c’est toute une politique qui est à rééquilibrer, il faut remettre de l’emploi où il y a de l’habitat et vice versa. Je pense que la prise de conscience est arrivée. Je n’oppose pas les métropoles et les campagnes. Il faut lutter contre les villes dortoirs. À Fronton, on a une action sur la vie locale pour que les gens se connaissent à partir d’événements culturels, sportifs (olympiades pour que les gens se rencontrent), ou grâce aux associations.

« On ne peut pas rentrer dans le sectarisme »

De nombreux maires ruraux se plaignent de la désertification des médecins ou des services publics. Connaissez-vous cette situation à Fronton ? 
Non. On a des médecins généralistes, des spécialistes, des ORL… Il faut faire attention à ne pas transposer des trucs vus à la télévision sur tous les villages. Ça existe, soyons clair, mais Fronton est située à 30 min de la place du Capitole de Toulouse ou de la place nationale à Montauban. Chez nous, quand quelqu’un part il est remplacé, comme dans notre épicerie où le changement de propriétaire aura lieu dimanche. Comparaison n’est pas raison, oui il y a des endroits sinistrés, mais quand vous êtes entre Toulouse et Montauban c’est plutôt le contraire, parfois on me dit qu’il n’y a pas assez de places de parking. Le risque c’est les discours tout faits. Venez habiter vous serez heureux.

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Le Rassemblement national vise la victoire à Fronton, craignez-vous de les voir s’installer à la mairie ? 
On verra après l’élection. Je connais une expression répandue dans le monde agricole : « C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses ». Je me présente pour continuer le travail que l’on fait. De leur côté, ils parlent de pression contre leurs colistiers. À titre d’exemple, hier je recevais le papa de l’un d’eux qui avait des problèmes avec la justice, je l’ai aidé à le dépanner. Un autre était dans mon bureau pour que sa fille soit embauchée, on n’a pas fermé la porte pour ça. On ne peut pas rentrer dans le sectarisme. Je ne partage en rien leurs idées mais la meilleure opposition c’est d’être un bon maire pour qu’il ne soit pas élu. Julien Leonardelli est là ce coup-ci, il sera ailleurs la prochaine fois. C’est un sans domicile fixe de la politique. Je suis né ici, je ne bouge pas comme mon père, mon grand père. Lui, il est de passage, c’est une luciole.

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