Jean-Marc Dumoulin : « J’essaie de transmettre, pas de créer une rupture »

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Jean-Marc Dumoulin
Villemur-sur-Tarn. © Didier Descouens/Wikipedia

Maire sortant de Villemur-sur-Tarn, Jean-Marc Dumoulin espère conserver son mandat pour continuer à œuvrer pour ses projets l’attractivité de sa commune. Plongée au cœur d’une campagne « particulière ». 

Maire sortant et candidat à sa propre succession Jean-Marc Dumoulin sort de ces six années d’exercice avec un bilan serein. À 60 ans, le chef d’entreprise natif de Villemur-sur-Tarn est impliqué dans la vie locale depuis plus de 25 ans. Il se pose en favori de cette campagne qui l’oppose à deux autres listes menées par Patrice Bragagnolo et Michel Santoul. 

Infos-Toulouse : Comment se déroule la campagne municipale à Villemur ?
Jean-Marc Dumoulin : Je me représente avec un gros noyau de ma liste précédente. Sur 29 candidats, douze d’entre-eux continuent l’aventure, le reste sont des nouveaux arrivants qui ont des idées et une volonté de recevoir la méthode, la manière et l’envie de prendre les dossiers. J’essaie de transmettre et pas de créer une rupture pour éviter une perte de temps. En face, j’ai deux équipes opposantes : une dont la tête de liste est un garçon qui avait été socialiste qui a été désavoué pour prendre la suite du maire précédent et qui avait disparu depuis douze ans. Un autre, qui était délégué à certains travaux que l’on n’a pas vu depuis six ans qui sont sortis il y trois mois. Ce que je déplore, c’est la non-présence et le non-intérêt aux affaires de la mairie depuis des années. Ils sont dans un esprit revanchard.

Certains candidats se plaignent d’une campagne difficile. Est-ce le cas dans votre commune ?
On a une campagne particulière, avant c’était tract contre tract, au moins on était sûr que l’information était distribuée à tout le monde. Aujourd’hui c’est beaucoup par les réseaux sociaux, mais on ne sait jamais qui peut lire une diffamation. J’ai été obligé de porter plainte, après avoir été attaqué de manière grave. Ils ont des portes flingues qui tirent à boulet rouge. La campagne est en apparence sereine mais est en dessous ultra violente car ils utilisent des méthodes incontrôlables. J’ai pris pour principe de ne pas répondre à ce genre d’attaques. Tout ce qu’on a fait est transparent. Ceux qui voulaient avoir les vraies informations les avaient.

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Vous avez proposé un débat avec les autres têtes de liste mais vous vous êtes finalement retrouvé seul face au public. Comment cela s’est-il passé ? 
J’ai proposé un débat avec mes adversaires, tous les deux ont décliné en disant que ce n’était pas démocratique car ils n’avaient pas été consultés en amont. Quand on balance des attaques, on ne me consulte pas. Je me suis retrouvé seul avec l’animateur en respectant le processus qui avait été défini. Les gens ont posé 35 questions. Comme les autres n’ont pas voulu venir débattre, j’y ai répondu seul. C’était vraiment très intéressant. J’ai l’esprit tranquille parce qu’on a fait le job. On n’a pas élevé les impôts, on a rétabli le lien social, on a réinvesti dans les écoles, on a fait la voie verte jusqu’à Bessière et Montauban. J’avais une équipe vraiment volontariste.

Villemur 2026, c’est un nom de liste plutôt audacieux. Est-ce pour marquer votre volonté de proposer une vision d’avenir ?
Bien sûr. On avait fait pareil en 2014. C’est la projection du devenir de la ville avec les projets qui nous animaient. Avec la baisse des dotations de l’État, on a perdu beaucoup d’argent, plus d’un million d’euros par an. Ce qui était possible pour mon prédécesseur était impossible pour nous mais on a quand même fait. On a phasé en trois notre projet : ce qu’on a lancé, ce qu’on doit faire, ce qui est chiffré mais que l’on doit construire avec les habitants et qu’ils prioriseront. Entre un boulodrome et autre chose à 400.000 euros, on va demander de coconstruire, le PLU aussi. Nous sommes les seuls à avoir chiffré, les autres c’est « y’a qu’à faut qu’on », c’est de ça qu’il fallait débattre.

« Le patrimoine c’est lourd à porter mais c’est un atout car c’est de l’authenticité »

Sur quels secteurs économiques peut s’appuyer Villemur ?
Le tourisme pour moi c’est essentiel, qu’il soit culturel, sportif, patrimonial, environnemental, œnologique, ou fluvial. Là, on a lancé la nouvelle écluse de Villemur qui sera livrée dans quelques mois. On a vraiment amorcé une partie touristique, un peu comme dans le Lot et la Dordogne, ça attirera du monde. On peut être le poumon vert de la métropole.

Comment garder en l’état votre patrimoine et le mettre en valeur ?
On a tellement de trucs abandonnés depuis tellement longtemps… On a rouvert une partie des espaces Brusson, ça permet petit à petit de faire les choses. Cette politique de valorisation a donné un éclairage à cette partie de Villemur. Des films ont été tournés dans notre commune, notamment avec Laetitia Casta en mars 2020. Quand vous déplacez des machines de guerre comme ça ce sont des tas de gens qui arrivent à Villemur. Le patrimoine c’est lourd à porter car ça coûte cher, mais en même temps c’est un atout car c’est de l’authenticité. Le patrimoine, c’est l’une des occupations de la prochaine mandature.

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Avez-vous reçu des aides de l’État, notamment de la fondation de Stéphane Bern ?
Il fallait qu’on ait quelque chose d’assez présentable, il a fallu qu’on imagine ce qu’il fallait revaloriser. Pour l’instant on n’a pas eu. On va créer un vrai outil pour pouvoir répondre à ces appels à projet. On va à la pêche de tout ce qui peut être des aides pour revaloriser le patrimoine, et la commune.

« On se bagarre pour que la proximité avec les services publiques soient préservée »

Avez-vous à vous plaindre d’une désertification des services publiques ou des médecins dans votre commune ? 
On a réussi à garder l’implantation d’un gros cabinet médical. Le centre de radiologie est parti lors de mandature précédente. Malheureusement, pour faire une carte d’identité il faut aller à Fronton, on a mis en place une maison France service publique qui tient des permanences. Nous sommes l’une des quatre communautés de communes en Haute-Garonne à en avoir une et à être labellisé. On se bagarre pour que la proximité avec les services publiques soient préservée. On travaille beaucoup plus facilement quand on est connu, qu’on a travaillé de manière intelligente et concertées avec les acteurs du département. J’ai peur que les autres perdent du temps à recréer leur réseaux, les projets vont s’arrêter pendant deux ou trois ans. Une ville qui s’arrête c’est une ville qui meurt. 

En 2017, vous faites partie des communes devant accueillir des migrants. Comment s’est passée leur séjour chez vous ? Qu’en est-il aujourd’hui ?
Pour l’instant ça s’est relativement bien articulé. On n’a pas été vraiment aidé. L’État nous a accompagné à hauteur de 1.000 euros par an et par migrant. Mais avec 72 migrants, dont 35 gamins, il fallait construire des écoles. Le reste à charge est compliqué pour les communes. Mais à part cela, ça n’a pas provoqué d’autres problèmes. Ils sont là pour 15 ans, ils sont en attente de régularisation, s’ils ne l’ont pas ils sont reconduits théoriquement dans leur pays d’origine et sont remplacés par d’autres migrants. On ne nous a pas demandé notre avis, on aurait pu en absorber 10 mais 70 c’est beaucoup trop.

Propos recueillis par Étienne Lafage.

Les candidats à Villemur-sur-Tarn

Jean-Marc Dumoulin, Villemur 2026
Michel Santoul, Villement à venir
Patrice Bragagnolo, Unis pour Villemur

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