Boisson Divine : « Faire vivre des histoires, des héros, des légendes, des moments de la vie quotidienne… »

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Boisson Divine

Certainement privés de concert cet été pour cause de coronavirus, les fans de Boisson Divine pourront se consoler avec la sortie du troisième album, le 27 mai. Une récompense après deux mois de confinement. Mais avant tout, deux membres de leur groupe nous présentent leur projet. 

Dans les festivals pyrénéens comme au Japon, Boisson Divine n’a pas laissé d’autre choix que de se mettre au pogo et au gascon. Sur des notes mélangeant rock et métal, les six membres du groupe revisitent les légendes de nos contrées, l’art de vivre du Sud-Ouest et les héros de notre passé. 

Le chanteur Baptiste Labenne et le batteur du groupe, Adrian Gilles nous présentent ce nouveau single diffusé en avant première ce 15 avril. Un avant goût du troisième album qui sortira le 27 mai prochain.

Infos-Toulouse : Comment vivez-vous le confinement ? Le groupe sera forcément impacté, vous verra-t-on sur scène cet été ?
Baptiste Labenne : Et bien pour être honnête, cela n’a pas drastiquement changé ma vie quotidienne. Étant viticulteur, la vigne continue, donc je suis quasiment dehors tous les jours. Je n’ai pas à me plaindre comparé aux gens qui sont confinés en ville dans des appartements… mais bon ils n’avaient qu’à être paysans eux aussi au lieu de faire des métiers inutiles en milieu urbain comme community manager ou sosie officiel de Manuel Valls. Blague à part, je ne sais pas si je supporterais cette situation dans leur position. Courage à tous. Concernant les concerts, il n’y en aura pas cet été. Nous n’en avions prévu qu’un seul à la base. Tant pis, il va falloir prendre notre mal en patience.

Adrian Gilles : Personnellement plutôt bien, hormis les kilos que je prends, cette situation ne me dérange pas forcément. J’ai la chance d’être confiné dans un endroit plutôt agréable et proche de la nature. En réalité prenons-le comme une chance, pour une fois que le rythme de la vie n’est pas effréné, c’est le moment de s’arrêter, de se ressourcer, et de penser à soi. 

Ce qui est le plus compliqué pour tous les membres du groupe c’est de ne pas pouvoir se fréquenter, de jouer ensemble et surtout passer du temps entre amis. Aucun souci concernant le groupe, ça nous arrive de passer de longues périodes sans faire de grosses répètes, limites nous répétons les veilles de concerts (et dire que certains pensent qu’on est pros !). Cette année sera calme pour nous niveau concerts, à ce jour nous avons seulement une date en juin dans le Gers, mais comme tout le monde, nous sommes dans l’attente de savoir si elle sera réellement réalisable.

Vous présentez aujourd’hui le premier single de votre nouvel album. Pouvez-vous nous le présenter ?
B.L : Ce premier single Xivalièr de Sentralha (« Le Chevalier de Xaintrailles ») est très typique du son de Boisson Divine. Des instruments traditionnels qui mènent la danse, de la polyphonie, des solos de guitare et un tempo élevé. Le tout chanté bien sûr en Gascon avec un côté épique prononcé.

A.G : Xivalièr de Sentralha, où l’histoire d’un véritable héros inconnu. Impossible pour nous de laisser la mémoire de ce brave compagnon à quelques férus de l’histoire de France, notamment de la Gascogne dans ce cas précis. Résumer en quelques lignes sa vie trépidante est bien sur impossible. Effectivement, Jean Poton, seigneur de Xaintrailles, possède toutes les qualités du véritable héros, d’un courage sans faille, d’une fidélité inébranlable. De la guerre de 100 ans, au siège d’Orléans qu’il prit part aux cotés de Jeanne d’Arc, en passant par la conquête de la Normandie, sa loyauté lui fut récompensée par le grade de Maréchal de France en 1454. Après s’être défoulé en saccageant les Pays-bas entre autre, et toujours auprès de son fidèle compagnon La Hire, c’est finalement en 1461 qu’il s’éteint après avoir rédigé son testament en Gascon, évidemment ! Les registres du Parlement le qualifie ainsi : « Un des plus vaillants capitaines du royaume de France, qui fut cause avec La Hire de chasser les Anglais ». 

Nous sommes très friands de ces faits historiques qui nous concernent de pleins droit, et c’est aussi ça qui nous intéresse beaucoup dans la démarche de Boisson Divine : faire vivre des histoires, des héros, des légendes, des divinités, des moments de la vie quotidienne…

Quand sortira votre album ? Quel sera l’esprit de ce disque ?
B.L : L’album « La Halha » sortira le 27 mai 2020. C’est un album assez massif (quasiment une heure au compteur), musicalement très varié avec des textes très axés sur l’histoire et la mythologie. L’atmosphère est globalement plus sérieuse et le ton plus épique. On y trouve toujours ce côté accrocheur et instantané mais il vous faudra plus d’écoutes que les précédents pour vraiment y rentrer dedans et apprécier toutes les subtilités. C’est un album qui se révèle au fil des écoutes, gage d’une longue durée de vie. Cet album est conçu comme un vinyle. Deux faces de cinq chansons qui commencent chacune sur une introduction très traditionnelle et finissent sur des pavés de 10 minutes. C’est censé représenter le cycle des saisons. La dernière chanson, qui est la plus longue, symbolise le jour le plus long, le solstice d’été en référence au nom de l’album. 

A.G : Pour nous, la réalisation de ce disque à été différente en comparaison aux deux premiers albums. La batterie à été enregistrée en studio pro, les voix également, les prises pour quasiment la totalité des instruments ont été faites en étroite collaboration avec notre ingé-son/mixeur… Ajouté à un véritable travail de composition et d’écriture, « La Halha » est vraiment album abouti. Il n’en garde pas moins la puissance brute toujours présente depuis « Enradigats », mais avec en plus une véritable évolution dans la structure et la composition des chansons. Nous en sommes très satisfaits, maintenant on attend le retour du grand public !

Des conseils à donner aux confinés pour mieux vivre cette période ?
B.L : Ne perdez pas votre temps à vous ennuyer. Il y toujours des choses à faire, même en intérieur. Laissez un peu de côté l’écran noir. Il est temps de vous cultiver, ressortez les bouquins, écoutez de la musique attentivement (et pas en fond sonore comme d’habitude), faites du sport, des choses que vous avez laissées de côté pendant des années par faute de temps. Il faut essayer d’être optimiste et de voir ça comme une opportunité. Mais surtout : ne gâchez pas ce temps en ingérant la propagande médiatique fournie en continu par nos dirigeants incompétents et irresponsables, leur maîtres et leurs caniches.

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A.G : Comme je le disais plus haut, profitons de ce temps pour ce recentrer sur nous-même et autour des choses qui nous sont importantes… J’ai l’impression qu’en ces temps d’épidémie, certains se rendent compte que la famille, les amis, toutes les personnes chères à notre cœur ne sont pas éternelles, et surtout qu’on peut arriver à vivre sans être dans une totale emprise d’un système… Et c’est cela à mon sens qui est intéressant. Avoir une certaine forme d’autonomie, bouquiner, découvrir de nouveaux artistes musicaux, faire du sport, faire sa popote (les McDo sont fermés pourtant personne n’est mort de faim…), Prenons conscience de nos véritables besoins, de notre pouvoir sur la vie en général.

Un dernier mot ?
B.L. :
On espère que ce nouvel album vous permettra de garder la tête haute pendant cette période. Portez-vous bien et siatz hardits gojats. Gasconha en davant !

A.G : Merci de nous donner une visibilité sur votre réseau, et de permettre de faire un peu de pub pour Boisson Divine ! À bientôt autour d’un bon pinard !

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