Universités fermées : « la situation reste floue pour les étudiants »

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Les établissements universitaires ne rouvriront « pas avant l’été », a annoncé Emmanuel Macron lors de son allocution en début de semaine. Les étudiants se retrouvent dans l’incertitude concernant la fin de l’année, les partiels et la prochaine rentrée.

La fermeture des universités et des établissement du supérieur provoque de l’inquiétude parmi les étudiants qui se retrouvent avec une année incomplète. Les cours s’étant arrêtés au moment du confinement, certains professeurs continuent leur enseignement à distance pendant que les directeurs préparent la tenue d’une nouvelle forme d’examen. 

Xavier Nicolas, rédacteur en chef de Campus Vox, un média « qui répertorie les atteintes à la liberté d’expression et à la liberté d’étudier », fait le point sur la situation dans nos colonnes. 

Infos-Toulouse : Le président de la République a annoncé que les universités ne rouvriront pas d’ici l’été. Dans quelle situation se trouvent les étudiants ?
Xavier Nicolas : Les étudiants sont assez impactés par cette crise. D’une part parce que beaucoup craignent pour la validation de leur diplôme, mais aussi pour la valeur de celui-ci et d’autre part parce qu’une bonne partie d’entre eux payaient leurs études grâce à des petits boulots dans des restaurants notamment. Or ceci sont fermés depuis un mois et le seront sûrement encore jusqu’à l’été, ce qui met bon nombre d’entre eux en situation de grande précarité financière.

Les partiels auront-ils lieu ? Si oui dans quelles conditions, si non que va-t-il advenir pour les validations des semestres ? Y a t-il un risque d’année blanche ?
Il est plus que probable que les partiels n’auront pas lieu dans les conditions habituelles. Néanmoins ils auront lieux mais sous des formes différentes dans chaque université, soit sous la forme d’examens à distance, en ligne, soit comme l’a proposé l’UNEF sous la forme de devoirs maisons avec la note minimale de 10. Ce qui au passage entraînerait une baisse systématique de la valeur du diplôme obtenu, en tout cas si la solution proposée par l’UNEF est mise en place.

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Dans l’ensemble même si quelques universités ont déjà choisis la manière dont elles allaient s’organiser, la situation reste assez floue pour la grande majorité des étudiants.
Le principal problème est que cette année universitaire a été particulièrement impactée par les blocages puis les grèves, ce qui fait que dans beaucoup d’universités il n’y a pratiquement pas eu de vrais examens cette années, ce qui empêche d’ailleurs de mettre en place une validation avec le contrôle continu. Dans ces conditions les universités n’ont souvent pas d’autres choix que de procéder à des examens à distance.

De nombreux étudiants voient leurs stages reportés, voire annulés, quel impact aura eu cette crise parmi eux ? Une solution peut-elle être trouvée ?
La question des stages est très importante car pour beaucoup d’étudiants, le stage est une condition de validation de diplôme: La ministre Frédérique Vidal a néanmoins rappelé que « les absences de stage ne doivent pas pénaliser les étudiants pour l’obtention de leur diplôme ». La situation reste préoccupante parce qu’une grande partie des étudiants ont vu leur convention de stage résiliée par l’employeur dès le début du confinement, ce qui les prive d’une expérience importante mais aussi d’une source de revenu, qui, même si elle est de l’ordre de quelques centaines d’euros, reste importante pour beaucoup d’entre eux. Plusieurs entreprises ont tout de même préféré garder leurs stagiaires en télétravail, ce qui reste une solution compliquée pour les étudiants.

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Avez-vous eu des retours sur les cours à distance ? Ont-ils été suivis avec assiduité dans l’ensemble ? Les profs ont-ils joué le jeu ?
De nombreux étudiants nous ont fait part de leur expérience des cours en ligne. Dans certaines universités, les cours à distance ont été très bien organisés par les administrations qui déjà en temps normal commencent à les développer. D’autres universités ont eu plus de mal, avec des défaillances techniques et l’impossibilité de contrôler l’assiduité des étudiants. Il faut dire que dans l’ensemble les cours en ligne ont été assez peu suivis par les étudiants, hormis les cours en petits effectifs qui favorisent l’interaction et donc le contrôle. Certains étudiants ont même ironisé sur la situation en disant qu’ils n’avaient jamais eu autant de cours et dans de si bonnes conditions et pour cause : les mouvement de contestations d’extrême gauche ne maîtrisent pas encore très bien « le blocage virtuel ».

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