Mirail : une nuit d’émeutes en plein confinement

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Les restes de l'émeute du dimanche 19 avril, rue de Kiev, dans le quartier du Mirail à Toulouse. © H.G / Infos-Toulouse.

Soirée mouvementé dans le quartier du Mirail. Les policiers ont été pris dans un véritable guet apens, où cocktail molotov, pierres et pétards ont fusé sur les équipages de la police. 

Le confinement n’est pas à l’heure du quartier de la Reynerie. Les policiers ont été pris à partie par une bande d’une trentaine d’assaillants, dimanche 19 avril peu avant 22 heures. Alors qu’ils se rendaient sur les lieux d’un feu de voiture, les forces de l’ordre ont subi un violent guet apens, rue de Kiev, en plein cœur du Mirail. 

Une voiture de police obligée de reculer

Pierres, coktail molotov et fusées ont été lancés sur les fonctionnaires, bloqués sur la route par des conteneurs poubelles incendiés. Les premiers signes d’une soirée qui s’annonce compliquée. Une habitante du quartier nous confie avoir vu « de la fumée » provenant certainement d’un feu de voiture. « La voiture de police a été obligée de fuir devant la violence de l’attaque », témoigne-t-elle. De son appartement, cette habitante a pu être témoin des détonations de pétards et de mortier. 

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Pour se dégager, les policiers ont du faire appel à des renforts et ont utilisé un lanceur de balles de défenses et une dizaine de grenades lacrymogènes, permettant aux pompiers d’intervenir sur les « onze incendies » de véhicules, a dénombré pour nous un riverain. Auprès de La Dépêche, le syndicat Alliance Police Nationale dénonce « un confinement qui n’est pas le même pour tous »

« Des échauffourées tous les soirs »

Y faut-il voir un acte de solidarité à l’embrasement des cités à Villeneuve-la-Garenne ? Dans la nuit de samedi à dimanche, un multi-récidiviste a été blessé après une collision avec une voiture banalisée de la police. Sur Snapchat, des assaillants ont revendiqué faire écho à cet accident. Mais pour notre témoin de la rue de Kiev, « des échauffourées, il y en a tous les soirs », remarquant des trafiquants « sur les dents », alors que le nombre de clients sont en baisse et que l’approvisionnement en stupéfiants se fait plus rare avec la fermeture des frontières. 

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« Ils sautent sur le moindre prétexte », s’indigne-t-elle. « La journée ça se passe bien », même si « les regroupements sont fréquents » dans ces temps de confinement. « La police intervenait au début mais depuis quelques semaines elle laisse faire », raconte la riveraine qui appréhende le début du ramadan, le 23 avril et la difficulté de faire respecter les mesures de lutte contre le coronavirus. « Il va falloir appeler l’armée », conclut-elle en riant… jaune. 

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