Banderoles : quand la critique du pouvoir vous mène en garde à vue

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Les manifestations dans la rue étant suspendues pour cause de confinement, certains Français n’oublient pas leur rancœur envers le gouvernement et le Président de la République. Des banderoles fleurissent aux balcons de confinés, forçant la police à intervenir. 

Banderole au balcon, risque de prison ? Chez des Gilets jaunes, chez des opposants à la réforme des retraites, ou encore chez des Français en colère face à la mauvaise gestion gouvernementale de la crise du coronavirus, des banderoles apparaissent aux fenêtres de confinés à Toulouse. On peut y lire « Macronavirus, à quand la fin ? », « Stop à la répression » mais elle ne sont pas du goût des autorités qui envoient les policiers forcer les propriétaires à retirer leur bout de tissu. 

Une femme placée quatre heures en garde à vue

Dans le quartier de La Roseraie, à Toulouse, une femme a été placée en garde à vue, jeudi 23 avril pour avoir déployé une banderole où était inscrit « Macronavirus ». Une enquête judiciaire a été ouverte pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique » par le procureur. Les locataires de cette maison ont également été convoqués au commissariat, lundi 27 avril, pour une audition libre.

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L’expression « Macronavirus » a été popularisée en Une de Charlie Hebdo, en janvier dernier. Pour l’avocate de la locatrice de La Roseraie, Me Claire Dujardin, il s’agit avant tout de défendre la liberté d’expression et dénonce une action policière disproportionnée.  

Face à cette affaire, une vague de soutien a été lancée et des banderoles du même genre ont été accrochées dans différents quartiers toulousains, visant le Président, le ministre de l’Intérieur ou de la Santé. Selon France 3, les policiers ont invité un habitant du quartier Bonnefoy à retirer ses messages, sous peine de garde à vue. 

Des dénonciations anonymes

La Dépêche rapporte de nombreux appels à la police pour dénoncer ces affichages qui ont été dénombrés. Si « aucune procédure judiciaire n’a été engagée », indique la police nationale, les policiers sont intervenus, considérant ces slogans comme « pouvant être des outrages ». Mais les autorités précisent que ces interventions ne relèvent pas d’une « priorité »

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Des soignants se sont pris en photo en soutien aux auteurs des banderoles. Une vidéo publiée par la CGT. 

 

 

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