Déconfinement : le 11 mai ne serait qu’une première étape

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Le Premier ministre a annoncé le premier plan de déconfinement prévu à partir du 11 mai, « pour éviter une seconde vague et un reconfinement généralisé ».

« Voilà le moment où nous devons dire à la France comment notre vie va reprendre ». Ce moment était attendu par les Français confinés depuis le 17 mars dernier. Édouard Philippe s’est adressé aux 75 députés réunis à l’Assemblée nationale pour dévoiler la « stratégie nationale » du déconfinement. Une étape « nécessaire » selon le Premier ministre pour qui un prolongement du confinement « pourrait entraîner des effets délétères »

Parti de ce principe, le Premier ministre a dressé le constat de ce confinement, à la fois médical et politique. « Nous allons devoir vivre avec le virus », a prévenu le chef du gouvernement qui craint « un risque sérieux d’une seconde vague de l’épidémie ». Édouard Philippe propose alors de « reprendre notre vie selon des modalités », soulignant que la circulation du virus « n’est pas uniforme dans le pays ». Alors le Premier ministre souhaite « prendre en compte ces différences » pour « ne pas appliquer les mêmes schémas dans des endroits qui n’ont pas le même problème ». C’est dans cette optique qu’il a présenté « une stratégie nationale » qui sera adaptable aux endroits, grâce au travail des maires et des préfets. 

« Protéger, tester, isoler »

Édouard Philippe a décliner son plan en trois principes : « protéger, tester et isoler ». L’occasion de revenir sur la polémique des masques et d’annoncer une disponibilité de « 100 millions de masques chirurgicaux par semaines et 20 millions de masques lavables d’ici le 20 mai ». « J’invite les entreprise à équiper leurs salariés », a-t-il précisé, annonçant des masques disponibles par le e-commerce, via La Poste dès le 30 avril. 

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Le Premier ministre a rappelé que « beaucoup de tests » ont été réalisés en phase 1 de l’épidémie mais a reconnu que la « doctrine de l’OMS » avait changé lors de la phase 3. « Au moins 700.000 tests virologiques par semaine » seront réalisés, a-t-il annoncé en s’attendant à un niveau compris entre « 1.000 et 3.000 cas nouveaux par jour à partir du 11 mai ». Le chef de l’exécutif a promis « un accès de proximité à ces prélèvements » et a appelé à « isoler au plus vite les porteurs pour éviter la transmission ». En outre, il compte se reposer « largement sur le civisme de chacun, même si quelques contrôles pourront être menés »

Un déconfinement « progressif »

Pour éviter un reconfinement généralisé, le gouvernement entend surveiller quotidiennement « tous les indicateurs » pour « vérifier que l’on peut lancer les opérations à cette date du 11 mai ». Une date annoncée il y a quinze jours par le Président de la République mais qui serait surtout une étape, a affirmé le Premier ministre annonçant une deuxième phase le 2 juin, jusqu’à l’été. « Fin mai, nous statuerons sur la réouverture des cafés et des restaurants », a-t-il annoncé. 

Une solution semble l’emporter : la « différenciation selon les territoires ». Les départements seront classés par couleur selon le taux de circulation du virus et se verront adapter un déconfinement plus ou moins stricte. Pour établir ce classement, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, présentera « à partir de jeudi » les résultats par département. 

Tous les commerces pourront rouvrir le 11 mai

Les écoles maternelles et élémentaires rouvriront bien le 11 mai comme convenu. Les collèges devraient organiser leurs rentrées quelques semaines plus tard, tandis que les lycées ne rouvriront pas leurs portes avant juin au minimum. Les enfants seront disséminés par groupe de 15 et devront respecter les gestes barrières. « Le port du masque est prohibé pour les enfants en maternelle et pas recommandé à l’élémentaire », a précisé le chef du gouvernement. Cependant, pour les cas particuliers, des masques pédiatriques leurs seront mis à disposition. Pour les collégiens, il sera obligatoire. 

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Les commerces pourront également lever le rideau, hors restaurants et cafés. Les marchés seront « en général » autorisé, sauf décision contraire du maire ou du préfet. Les commerçants devront respecter un cahier des charges limitant le nombre de personnes présentes en même temps. « Un commerçant pourra subordonner l’accès à son magasin au port du masque », a annoncé Édouard Philippe qui recommande le port du masque aux personnels et aux clients. 

Les transports : une questions « ardue »

Dispositif clé pour la reprise économique, les transports en commun vont devoir s’adapter aux mesures de déconfinement. Si le Premier ministre reconnait que les gestes barrières seront « difficiles » à être respectés, il demande « d’augmenter au maximum l’offre de transport et de baisser la demande en étalant les horaires ». Il souhaite favoriser le télétravail et réserver les fréquentations durant les heures de pointe à ceux qui travaillent. Le port du masque sera obligatoire et des opérateurs pourront être réquisitionnés pour faire respecter les gestes barrières. Dans les trains comme dans les bus, un siège sur deux devrait être condamné et des marquages au sol sur les quais devraient être inscrits. 

Pour se déplacer en dehors de son département, chacun devra suivre des consignes. Pas plus de 100 kilomètres, et seulement pour des motifs impérieux, qu’ils soient d’ordre professionnels ou familiaux. Mais le chef du gouvernement est resté évasif à ce sujet, surtout en annonçant la suspension des attestations et des contrôles. Encore une fois, ce devra être le civisme qui devra venir à la rescousse des autorités. 

En privé comme en public, pas plus de 10 personnes

« Les aînés devront continuer à se protéger, à limiter les contacts et les sorties », a prévenu Édouard Philippe qui a confirmé que les sorties ne seront plus dépendantes « d’attestations et de contrôles ». Il sera également possible de reprendre une activité physique en extérieur. Les sports collectifs, de contact ou dans les lieux couverts restent suspendus. Les championnats professionnels « ne reprendront pas » non plus. Si les jardins rouvriront dans les départements épargnés, les plages, elles, resteront inaccessible au public au moins jusqu’au 1er juin. 

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Pour les activités culturelles, les petits musées, bibliothèques ou médiathèques rouvriront le 11 mai, contrairement aux salles de concert, aux cinémas ou aux grands musées qui devront patienter au moins jusqu’au 2 juin. Dans les communes, les salles des fêtes resteront également vides. Les rassemblements de plus de 10 personnes seront interdits « sur la voie publique ou privée »

Pas de messe avant le 2 juin

Les lieux de culte « resteront ouverts » mais le Premier ministre a demandé aux autorités religieuses de ne pas réorganiser de cérémonie avant le 2 juin, et ceux malgré les demandes de prélats et des fidèles à pouvoir de nouveau assister aux offices dès le 11 mai. Les mariages seront reportés dans les municipalités, « sauf urgence« , a-t-il précisé sans être toutefois précis. Les cimetières rouvriront leurs grilles. 

Édouard Philippe a donné rendez-vous à la fin du mois de mai pour « évaluer les conditions de la nouvelle phase de déconfinement », prévue le 2 juin. 

Étienne Lafage.

2 Commentaires

  1. […] Durant son allocution devant l’Assemblée nationale, Édouard Philippe a annoncé que les lieux de culte resteront ouverts pendant la période de déconfinement mais que les cérémonies devront attendre, au moins jusqu’au 2 juin. Par ailleurs, il a laissé aux préfets départementaux une souplesse décisionnelle dans l’application des consignes gouvernementales en fonction de la couleur de dangerosité, vert ou rouge. […]

  2. […] Durant son allocution devant l’Assemblée nationale, Édouard Philippe a annoncé que les lieux de culte resteront ouverts pendant la période de déconfinement mais que les cérémonies devront attendre, au moins jusqu’au 2 juin. Par ailleurs, il a laissé aux préfets départementaux une souplesse décisionnelle dans l’application des consignes gouvernementales en fonction de la couleur de dangerosité, vert ou rouge. […]

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