Désinfox : le pouvoir tenté de rétablir le ministère de l’Information

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Desinfox

Pour lutter contre les fausses informations circulant sur le coronavirus, le gouvernement a mis en place sur son site internet le « Désinfox ». Une sélection de titres jugés fiables par… le pouvoir. 

C’est un temps que l’on croyait révolu avec la démocratisation des médias et la liberté de la presse acquise dans les années 1980. Mais la vertu de « contre-pouvoir » du journalisme est de plus en plus mis à mal. Dernière invention en date, un label des sites et des articles « fiables », recensés sur le site du gouvernement, « Désinfox »

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La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a annoncé sa mise en place le 30 avril dernier. Il s’agit d’un espace dédié au contrôle de l’information autour du coronavirus. Officiellement, l’idée peut paraître intéressante : il s’agit de lutter contre les fausses informations qui circulent notamment sur les réseaux sociaux. Mais l’idée de mélanger l’information délivrée par des journalistes indépendants du pouvoir sur un site de communication gouvernemental fait bondir l’opposition et un grand nombre de plumes.

Des articles labellisés par le gouvernement se retrouvent donc sur le site du gouvernement, provenant de différents médias ayant pour point commun… d’être subventionnés par l’État. LAFP, Franceinfo, Libération, Le Monde ou encore 20 minutes, se retrouvent parmi les médias sélectionnés. « D’autres médias peuvent se faire connaître, s’ils décryptent les infox dans le cadre de la crise sanitaire », annonce le site. Les médias ont été sélectionnés selon plusieurs critères : disposer d’une rubrique de fact-checking depuis au moins deux ans, avoir un équipe de fact-checking spécialisée et proposer un accès gratuit. 

Le gouvernement sera-t-il « fact-checké » ?

Une énième erreur de communication pour le gouvernement, déjà accusé d’avoir menti ou de s’être contre-dit à de multiples reprises depuis le début de la crise. La porte-parole du gouvernement, elle-même avait annoncé en mars dernier que les masques « n’étaient pas nécessaires ». Elle se retrouve d’ailleurs bien en mauvaise posture pour présenter cette plateforme, elle avait affirmé être prête « à mentir pour défendre Emmanuel Macron », dans un entretien. 

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Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, et principal acteur de la gestion de la crise, avait déclaré en février dernier « qu’aucune pénurie de masque n’était à craindre ». Libération révèle pourtant que le risque de pénurie était connu dans les couloirs du ministère de la Santé « depuis 2018 ». Jérôme Salomon a également été épinglé par une étude du Réseau européen de recherche en ventilation artificielle (REVA) sur une minimisation du taux de mortalité des patients malades du Covid-19 en réanimation. Le directeur général de la Santé annonçait un taux de 10%, le 17 avril, alors qu’il pourrait se trouver entre 30 et 40%, selon l’étude. 

 

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