Toulouse : des pancartes contre le gouvernement, la police intervient

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© Étienne Lafage

Mardi 12 mai, à la périphérie de Toulouse, avenue Jean Gonord, quatre jeunes se sont rassemblés « spontanément », avec des pancartes dénonçant la politique du gouvernement. La police est intervenue pour les disperser. 

Aux abords du périphérique toulousain, c’est habituellement des mendiants ou des jongleurs qui squattent les feu rouges. Cette fois-ci, ce sont des jeunes manifestants qui ont voulu sensibiliser les automobilistes contre la politique menée par la gouvernement. Une action qu’ils entendent bien répéter dans les prochains jours dans les quartiers périphériques de la ville. « Nous voulons nous rendre visibles dans ces quartiers, trop souvent délaissés », nous confie Tiffany. 

« Nos vies plutôt que l’économie »

Les revendications sont simples : « nous voulons dénoncer le mépris du gouvernement, la répression, les interdictions de manifester », énumère Corentin. Pour faire passer leur message, ces jeunes militants « à l’engagement différent pour chacun », ont inscrits leurs slogans sur des cartons : « Nos vies plutôt que l’économie », « Les enfants ne sont pas des cobayes », « Bienvenue en lacrymocratie où le Macronavirus fait loi », ou encore « L’État assassine, Co-vidons-le ». 

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Ces jeunes réfractaires déplorent que ce déconfinement soit dicté « par les intérêts économiques ». Ils soulignent que la réouverture des écoles n’est voulue « que pour pouvoir permettre aux parents de reprendre le travail » et dénoncent le caractère « inhumain » des distances sociales imposées aux enfants. Parmi les autres éléments de colères, la commande de lacrymogènes et de lanceurs de balles de défense passée par l’État en pleine crise sanitaire, « alors qu’on détruisait des milliers de masques »

Corentin regrette pour sa part que la crise du coronavirus ait éclipsé d’autres sujets, « comme les retraites, les Gilets jaunes ou la réforme de la SNCF » et accuse l’État d’être responsable de la crise sanitaire, « par l’insuffisance de l’hôpital »

La police intervient pour disperser la « manifestation non-déclarée »

Alors que les participants, au nombre de quatre, stationnaient sur le trottoir depuis 14h30, un équipage de police est intervenu aux alentours de 17 heures pour un contrôle d’identité. Une intervention qui aura mobilisé une petite dizaine de fonctionnaires et trois voitures de police. Au bout de trois quarts d’heure d’immobilisation, l’officier de police judiciaire a intimé l’ordre de se disperser, sans que des poursuites ne soient engagés. « C’est une façon d’être pédagogue », a-t-il déclaré aux manifestants, leur expliquant qu’ils procédaient là « à un rassemblement non-autorisé par la préfecture »

C’est donc libre que les quatre jeunes âgés de 21 à 27 ans ont pu rentrer chez eux. « C’est de l’abus », nous confie l’un d’entre eux juste après avoir été relâché notant au passage une « tentative d’intimidation » concernant les slogans inscrits sur les panneaux. « On ne va pas laisser tomber, on refera d’autres actions, sous une autre forme », préviennent-ils. 

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