Lettre de Jeanne à sa sainte patronne

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Jeanne
Tableau mural au Panthéon, qui représente Jeanne d'Arc assistant au sacre de Charles VII, le 17 juillet 1429, en la cathédrale Notre-Dame de Reims.

À l’occasion du centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc, le 16 mai 1920, découvrez la lettre de Jeanne Milhau, adressée à sa sainte patronne. Un témoignage de la ferveur qu’elle inspire.

Comme chaque soir, me voici à genoux devant vous, ma très chère Sainte Patronne, vous qui veillez sur moi depuis mon baptême. Quelle fierté que celle de porter votre nom, quelle joie, quel honneur ! Et quelle responsabilité. Vous, qui, sans hésiter, avez revêtu l’armure. Vous, qui, à la tête de vos gens d’arme, avez parcouru le pays pour rendre le Roi à son peuple. Vous qui avez rendu à la Patrie l’honneur qui lui revient. Vous qui êtes restée fidèle face à vos accusateurs. Vous qui avez accompli la volonté de Dieu, jusqu’à en payer le prix de votre vie.

Devant vous, je ne puis que rougir de n’être que si peu, et m’incliner humblement devant votre exemple. Exemple de courage, de pureté, de sainteté, d’espérance, d’humilité, et de toutes les vertus qu’un seul être humain ne pourrait incarner.

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Comme chaque soir, me voici à genoux devant vous. Et malgré tous ces exploits qui nous différencient, vous semblez si proche. Peut-être sont-ce votre innocence et votre douceur qui font de vous la parfaite confidente ? C’est pourquoi, comme vous l’avez fait devant le Dauphin, je m’adresse à vous avec simplicité.

Ô Sainte Jeanne, vous qui avez compris quelle était la volonté du Seigneur, il suffit de vous contempler pour apprendre à prier, puisque c’est dans votre parfaite sainteté que s’est bâtie votre sagesse.

Mieux que quiconque, vous avez prouvé que la foi déplace les montagnes. Dans un temps de division, de découragement et de résignation, vous avez montré que les vertus de foi et de sagesse démultiplient la Force et l’Espérance, mais aussi que l’Homme n’est véritablement grand qu’à genoux devant Dieu.

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Comme chaque soir, me voici à genoux devant vous. Que vous rendrai-je en échange de toute la protection que vous m’avez donnée sans compter ? Je n’ai rien à donner, simplement à remercier. Je vous remercie pour le beau pays que vous nous avez laissé, dont j’ai la chance de fouler aujourd’hui le sol. Je vous remercie pour votre courage et la figure à la fois candide et martiale que vous incarnez. Je vous remercie pour votre vie entière, qui ne peut que résonner dans nos jeunes âmes.

Alors je vous le demande sincèrement : accordez aux français la grâce de vous ressembler et de ne pas vous décevoir. Je vous le demande, pour notre Patrie qui se meurt loin de Dieu.

Sainte Jeanne, demeurez la Patronne de la France et n’oubliez pas de veillez sur vos enfants. Sainte Jeanne d’Arc, priez pour nous, et sauvez la France !

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