Abbé Simon d’Artigue : « En défendant la liberté de culte, nous défendons les libertés fondamentales »

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Malgré le plan de déconfinement et la réouverture des commerces, des écoles ou des entreprises, les églises sont toujours privées de messes en public. Une atteinte à la liberté de culte, selon l’abbé Simon d’Artigue, curé de la cathédrale Saint-Étienne qui demande la reprise des messes, quitte à mettre en place des mesure sanitaires.

Cela fait désormais deux mois que la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse n’a pas accueilli de fidèles pour la célébration de la messe, deux mois que l’orgue n’a pas résonné dans l’édifice et que le parvis est déserté par les foules habituelles du dimanche.

Des besoins spirituels « essentiels »

Le premier plan de déconfinement mis en place par le gouvernement semble avoir mis de côté la reprise du culte. Pourtant, c’est une demande pressante pour les catholiques, contraints de patienter au plus tôt jusqu’au 29 mai. En tête de la contestation, le curé de la paroisse Saint-Étienne, l’abbé Simon d’Artigues. « Les besoins spirituels sont essentiels », nous explique le prêtre, regrettant que « le gouvernement semble les considérer comme secondaires »

Pourtant les églises sont prêtes à prendre les précautions d’usage pour ne pas devenir un foyer de contamination. Les bénitiers, à l’entrée de l’édifice, ont été vidés quelques temps avant le confinement. Et pour accueillir le peuple, l’abbé prévoit de placer un fidèle par banc, « laissant deux mètres entre chaque personne », de mettre à disposition du gel hydroalcoolique à l’entrée, rappelant que durant la messe, le prêtre se lave deux fois les mains. « Il n’y a pas de raisons que nous ne soyons pas capables de mettre œuvre ce que les entreprises, les transports en commun ou les écoles mettent en place. Nous sommes autant citoyens responsables et adultes que les autres », rappelle le père Simon d’Artigue. 

Des églises ouvertes mais sans cérémonie

Pendant le confinement, il aura bien sûr fallu s’adapter. « Les églises sont toujours restées ouvertes », souligne le curé de la paroisse Saint-Étienne qui ne pouvait que célébrer avec les résidents du presbytère. Depuis le 11 mai, l’abbé s’applique à respecter scrupuleusement le décret gouvernemental du déconfinement. « Depuis qu’on a le droit de rassemblement de dix personnes dans les lieux privés, je vais célébrer dans les familles qui le demandent tous les jours », nous confie-t-il. Une situation « vexatoire et paradoxale », pour le prêtre. 

Cette interdiction dénote, selon l’abbé d’Artigue, d’un risque d’affaiblissement des libertés fondamentales, dans le monde d’après, dépeint par le gouvernement. « En défendant la liberté de culte, il s’agit de défendre les libertés fondamentales », insiste-t-il, « stupéfait de la manière dont les Français et les catholiques ont accepté à la négation de ces deux libertés fondamentales que sont la liberté de circulation et la liberté de réunion ». « Au nom du primat absolu de la santé, on pourrait brider la liberté, au nom de la sécurité on pourrait réduire la liberté, au nom du principe de précaution on nous empêcherait de prendre le moindre risque », craint-il. « Une société où le seul horizon serait d’être en bonne santé, de ne rien risquer et de ne cesser de prendre des précautions, je ne suis pas certain d’avoir envie d’y vivre », estime l’abbé qui préfère donner comme horizon « la sainteté plutôt que la santé ». 

 

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