Toulouse : la manifestation « contre les violences policières » tourne à l’émeute

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Manifestation organisée par le Comité Vérité et Justice pour Adama 31, le mercredi 3 juin, square Charles-de-Gaulle, à Toulouse. © Infos-Toulouse

Le rassemblement en soutien au mouvement « Black Lives Matter » a réuni plusieurs milliers de personnes, mercredi 3 juin. Une manifestation émaillée d’incidents et de tentatives de récupération politique.

Plus de 2.000 personnes ont répondu à l’appel du rassemblement « contre les violences policières et le racisme d’État », mercredi 3 juin, au square Charles-de-Gaulle, près du Capitole. Une manifestation organisée par le Comité Vérité & Justice 31 et voulant faire le lien entre la mort de Georges Floyd aux États-Unis, le 25 mai dernier et celle d’Adama Traoré en juillet 2016. 

Plusieurs organisations de gauche avaient appelé à rejoindre ce rassemblement, pourtant interdit dans le cadre des mesures sanitaires liées à la deuxième phase du déconfinement. Lors de la dispersion, vers 21h30, des affrontements ont opposé la police et une partie des manifestants les plus radicaux, aux alentours du Capitole, de la place Saint-Georges, puis à Jean-Jaurès et Jeanne d’Arc. La statue de la sainte héroïne a d’ailleurs été taguée et l’hôtel de ville a pour sa part reçu des pots de peintures, occasionnant des dégâts dans la célèbre salle des Illustres. Quatre personnes ont été interpellées puis placées en garde à vue, la municipalité de Toulouse a annoncé vouloir porter plainte. 

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En pleine campagne électorale, le maire sortant Jean-Luc Moudenc, qui s’est exprimé en soutient du mouvement #BlackOutTuesday, a profité des circonstances pour faire le lien entre l’extrême-gauche responsable des violences et la liste « Archipel Citoyen » de son rival Antoine Maurice, qu’il affrontera le 28 juin prochain. Dans un tweet, il souligne que « l’ultragauche se sent déjà chez elle » et appelle à « ne pas leur donner les clés du Capitole ! Dans les urnes du 28 juin, disons non au désordre ! ».

Une tentative de récupération ?

Durant le rassemblement, le conseiller régional et secrétaire national du Parti de Gauche, Jean-Christophe Sellin, longtemps proche de Jean-Luc Mélenchon, s’est fait remarqué pendant un discours de quelques minutes. Au micro, il a annoncé « la présence de 10.000 personnes » sur la place. Chiffres qui seront contredits par les autorités. « Je ne fais pas partie de la communauté blanche, je fais partie d’une seule communauté, l’humanité », a-t-il harangué. « Les revendications contre le racisme sont des revendications concrètes », a-t-il ajouté, demandant « la régularisation de tous les sans-papiers, des demandeurs d’asile », estimant que « la France était une terre d’immigration ». Il a dénoncé « les crimes » commis contre Adama Traoré et George Floyd dans « la première puissance du monde qui a basé son pouvoir sur le massacre des Indiens, sur la traite des noirs, sur les guerres impérialistes ». Le leader du Parti de Gauche devait figurer initialement sur la liste Archipel Citoyen, mais a préféré s’en détourner en novembre dernier. 

Le conseiller régional Jean-Christophe Sellin est intervenu ce soir lors de la manifestation de soutien aux victimes de violences policières#justicepourAdama #OùEstSteve

Publiée par Parti de Gauche 31 sur Mercredi 3 juin 2020

 

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