Archipel Citoyen : la gauche transgénique

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Archipel citoyen Antoine Maurice

Archipel Citoyen, la liste conduite par Antoine Maurice pour les municipales toulousaines, est-elle une émanation de l’extrême gauche ou des « Gilets Rouges » comme le décrit son adversaire Jean-Luc Moudenc ? Pas vraiment, car c’est pire que cela !

La liste Écolo-France Insoumise est le produit d’une double mutation. Premièrement, une mutation idéologique; elle est le fruit de ce discours démagogique citoyenniste qui flatte les envies de démocratie directe et de gestion participative de cette frange urbaine qui se pique de vouloir gérer la ville autrement. Mais quand on regarde dans le détail, on constate juste que c’est la transposition des modalités de vie des associations et des assemblées générales étudiantes qu’ils veulent imposer à une gestion municipale. C’est-à-dire une direction éclairée qui manipule la base pour lui faire croire qu’elle décide. Ce sont les vieilles ficelles qui permettent de tout faire accepter sous couvert de convivialité et de partage d’idées. Mais les vieux routiers de l’associatif savent comment utiliser les bonnes intentions pour faire carrière…

Les habits neufs de la bien-pensance

Cette stratégie citoyenne est parfaitement adaptée à la nouvelle ligne idéologique de cette « gauche transgénique ». Sans aucune attache populaire, elle utilise le levier de l’écologie pour faire passer des revendications minoritaires et communautaristes. C’est le triomphe du logiciel Terra Nova de refonte de la gauche. Ne pouvant compter sur le vote populaire, on capte des minorités organisées pour faire passer une ligne mondialiste cool. Déconnecté des Toulousains attachés à leur ville, Archipel Citoyen est l’expression d’une classe bien particulière.

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La deuxième mutation est sociologique. La liste de Maurice est à son image. Des bobos sectaires qui veulent une ville seulement pour eux. Quitte à chasser les autres, qui ne peuvent participer à leur vision du monde. La gentrification et la multiplication des difficultés pour vivre dans le centre-ville et les faubourgs populaires ont chassé les classes moyennes et populaires, les familles et les activités traditionnelles. Remplacées par toute une faune de « jeunes cadres dynamiques bio et sympa » qui veulent une ville écolo et aseptisée. Le « vivre ensemble » mais entre soi surtout.

Toulouse, le laboratoire bobo

La gauche ringarde (Cohen et Pellefigue) ne pouvant incarner cette mode, l’émergence de cette vague écolo-bobo était certaine dans une métropole toulousaine qui se transforme. Mais le citoyennisme affiché par Archipel ne résiste pas à l’envie de se tailler un fief. La liste a ainsi été très dure dans sa négociation avec les vieux dinosaures du Parti socialiste. Les petites combines politiciennes à l’ancienne sont connues par les têtes d’Archipel, qui les pratiquent, pour certains, depuis 20 à 30 ans… Ils savent qu’il doivent écraser leurs partenaires de gauche pour pouvoir faire de Toulouse et de la métropole un laboratoire de leur ligne.

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La ligne politique qui pourrait être jugée incohérente est au contraire implacable. Le rejet de tout transport pouvant désenclaver Toulouse ? Logique, pour eux le développement économique doit être fait au profit des bobos. L’avion et les lignes à grande vitesse, c’est bruyant et cela fait baisser leur qualité de vie d’habitants du centre. La troisième ligne et la voiture dans le centre ? Ça amène les beaufs des villages dortoirs et des centres commerciaux de la France périphérique. Un centre musée et sans vie ? C’est plus cool pour pouvoir faire du vélo et boire de la piquette dans une échoppe associative.

La « ville d’après » voulu par Archipel est une bulle pour sa clientèle électorale. Elle n’est pas viable et sera l’inverse du rêve vendu. Car le volet de la sécurité du programme d’Antoine Maurice fait dire que le Toulouse bobo risque bien devenir une belle réplique du Paris d’Anne Hidalgo…

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